Trois semaines que nous les attendons, qu'Erik Orsenna nous tient en haleine... et bien nous y sommes

Double page de la première édition des fables de Jean de la Fontaine
Double page de la première édition des fables de Jean de la Fontaine © AFP / Josse / Leemage

Les années passent, depuis longtemps notre La Fontaine a dépassé la quarantaine. Chacun sait que sous ses dehors agités et dispersés, rien ne l'empêche d'écrire. Ni ses mondanités, ni ses aller retours perpétuels entre Paris et Château-Thierry. Ni la gestion, prenante et fastidieuse, de sa charge des Eaux et Forêts.

Parmi les lettrés et auprès d'un public grandissant, il est déjà bien connu et fort apprécié, pour ses poèmes pour ses contes et pour d’innombrables autres textes. Mais tout le monde ignore, sauf Maucroix, que l'essentiel est encore à venir, et que sans hâte, page après page se mitonne un chef d'oeuvre.

La cigale et la fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'Été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien !dansez maintenant. »

L'équipe
(ré)écouter La Fontaine : une école buissonnière Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.