Sylvie Testud pour "C'est le métier qui rentre", publié aux Editions Fayard

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testud © Radio France / testud

Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d’Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s’empêcher d’espérer qu’un pompier vienne la tirer d’affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe ? Toute à sa passion, l’apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s’accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas : tout va s’arranger, elle n’en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l’on plume ou celles du dindon de la farce ? Comédienne et réalisatrice comme son héroïne, Sylvie Testud est aussi romancière. Avec l’humour et l’autodérision que ses lecteurs lui connaissent, voici les mésaventures drolatiques que lui valent quelquefois sa confiance dans sa bonne étoile et dans le genre humain. Et en bonus une visite inédite dans les couloirs de l’« usine à rêves » cinématographique où le public ne va jamais…

Janine Massard pour "Gens du lac" , publié aux Editions Bernard Campiche

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massard © Radio France / massard

{...} Le rédacteur en chef lit une dépêche qui concerne les Suisses, actifs dans la Résistance française durant la dernière guerre : ils sont désormais au bénéfice d'une amnistie. S'adressant alors à moi, il me demande ce que j'en pense. Je réponds que cette nouvelle me concerne personnellement, je parle de ces deux pêcheurs, du reçu pour leur engagement vis-à-vis de la Résistance, de leur silence, sachant qu'ils avaient bravé des interdits. Ils n'ont pas été les seuls, je le sais, des descendants d'autres pêcheurs m'en ont parlé à la suite d'une lecture des premières pages du texte, dans une bibliothèque des bords du Léman. Mon rôle est de tenter de percer ces secrets nocturnes. De fouiller un peu l'époque aussi.{...} On possède peu de renseignements sur ces passages par le lac tandis que sont connus ceux par le Jura, qu'il s'agisse du Vaudois, du Neuchâtelois ou dans cette région qu'on se bornait encore à désigner du terme de Jura bernois. Sur ce sujet, il y a eu des livres, des témoignages, des reportages. Sur le Léman, on savait deux ou trois choses : l'arrivée de Mendès-France, débarqué à la Pointe d'Allaman ; ou encore quelques tentatives infructueuses parce que ça s'était passé durant la journée, comme ces religieuses d'Evian qui, mues par le désir de mettre des enfants en sécurité, les avaient embarqués, durant un après-midi d'été, dans un bateau surchargé.

Jean-Louis Courtinat pour un Photo Poche (n°150), publié aux Editions Actes Sud.

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courtinat © Radio France / courtinat

Acquis à la cause de tous ceux qui ne sont pas en position de se défendre (malades, sans-abris...), photographier est pour Jean-Louis Courtinat un acte militant. Ni complaisance, ni voyeurisme dans ses images, mais un sentiment d'urgence et de responsabilité.

Et les chroniques des libraires:

Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi" , à Martigny, en Suisse , pour "America Lonely" , un beau-livre de Thomas Bouvier , publié aux Editions Slatkine

America lonely est la chronique d’une traversée. Conscience, espace, mouvement : les maîtres mots de ce voyage dont le but n’est pas de visiter l’Amérique mais d’éprouver son espace, voyage inverse dont les villes sont les silences et la dérive, la musique.

Annick Dor , à Bruxelles , pour "Animal Lecteur, T5 -C'était mieux avant" , une bande dessinée, avec des dessins de Libon , sur un scénario de Salma , publié aux Editions Dupuis.

Salma et Libon laissent tomber, le temps d'un album, le format strip pour nous livrer des histoires courtes hilarantes qui constituent un véritable vade mecum de l'édition de bande dessinée. De l'inspiration première du scénariste jusqu'au succès de librairie (ou au pilon, en cas de mévente), en passant par les étapes aussi indispensables que difficiles de l'édition, la promotion, la diffusion, l'impression ou la distribution, les auteurs promènent leur regard acéré et impertinent sur tous les métiers de la bande dessinée. Ils n'oublient pas non plus les à-côtés de la profession : vente aux enchères de planches originales, fabrication de statuettes de luxe, lecture de demain (sur tablette, par exemple), naissance d'une vocation (si, si, libraire est une vocation !) ou nostalgie qui fait dire à de nombreux acteurs du secteur : "C'était mieux avant. " Mieux, peut-être pas, mais plus simple, certainement. Un ouvrage à conseiller à tous ceux qui veulent en savoir plus sur les métiers de la bande dessinée... et à tous ceux qui aiment rigoler en lisant une bonne BD !

Manon Trépanier , de la librairie "Alire" , à Longueuil, au Québec , pour "Le mur mitoyen" , un roman de Catherine Leroux , publié aux Editions Alto.

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s'adresse quand elle ne parle à personne. En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s'évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d'un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau. Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu'elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas. Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d'une voie ferrée. Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d'impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l'inouï. Une histoire où l'on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" , à Aix-en-Provence , pour "La montagne" , un poche de Jean-Noël Pancrazi , publié aux Editions Folio.

Une petite ville d'Algérie, pendant la guerre. Le narrateur a huit ans. Il joue, une après-midi de juin, avec ses camarades, dans la cour de la minoterie où son père travaille. Le chauffeur de l'usine leur propose de les emmener avec lui pour faire un tour dans la montagne où il leur est pourtant interdit d'aller à cause des événements. Inquiet, le jeune narrateur refuse et les laisse partir. Le soir arrive, ils tardent à revenir. Une patrouille militaire part à leur recherche. C'est le début d'un drame qui bouleversera l'auteur pour la vie.

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