Eric Plamondon , pour "Hongrie-Hollywood express" , publié aux Editions Phébus .

Hongrie-Hollywood express
Hongrie-Hollywood express © Radio France / Eric Plamondon

Quand Gabriel Rivages raconte la vie de Johnny Weissmuller (1904–1984), c’est tout le patchwork américain qui s’anime, des exploits sportifs à l’underground littéraire, de la gloire cinématographique aux déclins obscurs. Burroughs vend des taille-crayons, Einstein croise un chasseur d’écureuils, on joue au golf à Cuba, JFK est devenu un aéroport, le record du monde du 100 mètres nage libre est brisé, Tarzan sauve Jane, un comptable véreux s’enfuit avec la caisse, la Seconde Guerre mondiale fait des vagues sur le lac Michigan et un mythe vivant finit placier dans un restaurant de Las Vegas.

Marie Rouanet , pour "Murmures pour Jean Hugo" , publié aux Editions Albin Michel

Murmures pour Jean Hugo
Murmures pour Jean Hugo © Radio France / Marie Rouanet

Jean Hugo (1894-1984), arrière-petit-fils de Victor Hugo, fut peintre, décorateur de théâtre et créateur de costumes dans l’entre-deux-guerres. Il travaille avec les plus grands artistes de l’époque tels Cocteau, Radiguet, Picasso, Satie, Poulenc. Quand il décide d’embrasser la foi catholique et de s’installer en Languedoc dans le domaine familial de Fourques, il renoue avec la nature provençale, la poésie de Frédéric Mistral, et le « monde de la bouvine ».C’est, en éclats somptueux, la trajectoire qu’évoque Murmures pour Jean Hugo , celle du peintre aux amitiés scandaleuses ou mondaines puis du patriarche retiré dans un monde paysan qui n’a quasiment pas changé depuis des siècles. Marie Rouanet a ce talent bien à elle pour célébrer la liberté qui est au cœur de toute création et décliner les saisons et les jours dans leur mystère et leur beauté.

Comme la semaine dernière, La Librairie Francophone rend hommage à Georges Moustaki : En avril 2005, Georges Moustaki avait participé au pilote de La Librairie Francophone. Il avait accepté d'être le parrain et d'enregistrer une émission "test" encore jamais diffusée. Il évoque sa carrière, son écriture, son amour de la langue et la francophonie à laquelle il était très sensible. Voici la suite de la semaine dernière.

Et les chroniques des libraires :

Nathalie Romanens , de la Librairie Des Livres et Moi , à Martigny, en Suisse , pour "Zizi la chipie - Vol 1 - La cousine d'Amérique" , un album jeunesse de Florence Sterpin (Scénario) et David De Thuin (Dessin), publié aux Editions Mille Bulles .

Tout le monde voudrait avoir une bonne copine comme Zizi : un peu frondeuse (mais quand même bien élevée !), bonne élève (pas fayote non plus, elle laisse ça à sa rivale, Sonia), audacieuse, franche et directe. Zizi a reçu la lettre de Barbara, sa cousine américaine, qui lui annonce qu'elle vient passer une semaine chez elle. Barbara a beaucoup changé depuis qu'elle a quitté la France : elle ne s'appelle plus Agnès, dort sur un water bed, s'habille en rose bonbon, mâchonne bien sûr du chewing-gum et a l'habitude des grosses voitures. Bref, elle est insupportable. En plus, Zizi a dû lui laisser sa chambre (l'horreur !). Mais Zizi a plus d'un tour dans son sac et entreprend de la dégoûter de remettre jamais les pieds en France.

Annick Dor , à Bruxelles , pour "Le secret de Rita H" , un roman de Stéphanie des Horts , publié aux Editions Albin Michel .

Elle incarne le glamour hollywoodien des années 40, donne son nom à l’une des premières bombes atomiques, est la star du box-office. Derrière le sourire enjôleur des photos sur papier glacé, Rita Hayworth cache une blessure que nul ne saurait guérir. Cette fille de modestes danseurs espagnols cherchera désespérément tout au long de sa vie la protection et l’amour des hommes. Elle épouse un prince et un génie. Mais ni Ali Khan ni Orson Welles ne lui apportent le réconfort tant attendu. À l’aube de la quarantaine, le spectre de la maladie d’Alzheimer s’approche, alors que Rita est au firmament de sa carrière. Stéphanie des Horts s’est nourrie de ce destin tragique pour raconter le roman d’une vie. Celui d’une femme désirée, adulée, mais jamais comblée.

Grégoire Courtois de La Librairie Obliques , à Auxerre , pour "Suburbia" , un essai de Bruce Bégout , publié aux Editions Inculte .

Nous sommes dans la suburbia lorsque nous prenons la voiture pour aller acheter du pain. Nous sommes dans la suburbia là où les livreurs de pizza errent le soir sans fin dans les rues mal éclairées. Nous sommes dans la suburbia quand tous les bâtiments commencent à ressembler à des stations-services. Nous sommes dans la suburbia lorsque les bretelles d’autoroute constituent les repères spatiaux habituels. Nous sommes dans la suburbia si le temps que nous passons à garer notre voiture est inférieur à cinq minutes. Nous sommes dans la suburbia si, où que nous nous trouvions, notre horizon visuel est rempli de panneaux de signalisation. Nous sommes dans la suburbia là où les parkings désertés constituent des lieux de sociabilité nocturne. Nous sommes dans la suburbia si un centre commercial représente un pôle d’attraction hebdomadaire voire quotidien. Nous sommes dans la suburbia lorsque nous comptons les distances en temps et non en espace à parcourir. Nous sommes dans la suburbia lorsque l’expression « en ville » ne signifie plus rien. Nous sommes dans la suburbia là où les paraboles tournées vers le ciel abondent sur les toits et les balcons d’immeubles. Nous sommes dans la suburbia si le temps passé devant la télévision excède celui passé au travail et dans les transports.

Marion Trépanier , de La Librairie Alire , à Longueuil, au Québec , un recueil de poèsie de François Turcot , publié aux Editions La Peuplade .

Dans la lignée de Cette maison n’est pas la mienne (prix Émile-Nelligan 2009), Mon dinosaure s’ouvre sur plusieurs voix, plusieurs temps et plusieurs modes d’énonciation, où cette fois le père devient le « lieu » d’une véritable fouille, d’une collecte de récits enchâssés, d’une excavation où le passé d’un homme est investi de souvenirs réels autant que de vies imaginaires.

Passant du poème lyrique à la prose, de la correspondance au poème narratif, Mon dinosaure est un livre juxtaposant plusieurs programmes de lecture. Ici, des voix et des temps se confondent – celle d’un père tantôt disparu, tantôt reprenant parole, tantôt scripteur –, puis celle d’un fils qui met en scène, en récits et en poèmes plus d’une centaine de souvenirs, de racontars, rappelant que l’histoire d’un homme ne se raconte qu’en parcelles. Métaphore filée de toutes les disparitions, la figure du dinosaure renvoie dès lors au père lointain, que François Turcot ré-assemble méticuleusement.

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