Cette semaine, La Librairie Francophone est à Morges, pour le festival Le Livre sur les Quais, avec David Foenkinos, Sarah Gysler, Daniel Picouly et Alain Mabanckou

Festival de Livres
Festival de Livres © AFP / Valéry Hache

Cette semaine, La Librairie Francophone est à Morges pour Le Livre sur les Quais, avec David Foenkinos, président d'honneur du festival et :

Sarah Gysler, pour "Petite", publié aux Éditions des Équateurs : « Je suis née au milieu des années nonante dans une famille décomposée. On était de ces enfants qui grandissent avec une clef autour du cou, connaissent les numéros d’urgence par cœur et savent faire cuire des pâtes avant même d’être en mesure d’atteindre les casseroles. Petite, on a tenté de m’expliquer que j’avais des « origines » par ma mère et un père qui ne peut plus courir parce qu’il a trop travaillé. En classe, j’écoutais des professeurs désabusés me raconter comment réussir ma vie. Plus tard, on m’a dit que je travaillerai dans un bureau parce que c’est ce qu’il y avait de mieux pour moi, qu’assez vite j’aurai un mari, une maison, puis des enfants, qui verront le jour presque par nécessité. À vingt ans, j’ai arrêté d’écouter les gens et je suis partie. Seule, en stop et sans un sou en poche. J’ai traversé l’Europe jusqu’au Cap Nord, sans autre but que de ne pas pourrir chez moi. On peut dire que j’ai fui. C’était mon premier grand voyage. Dans ce livre, j’ai voulu raconter mes errances, mes chutes et comment la route m’a sauvée. »

Daniel Picouly, pour "Quatre-vingt-dix secondes", publié aux Éditions Albin Michel : Le diable a bu du rhum. On a souillé les églises, déterré les cadavres. Saint-Pierre doit se repentir. Tandis que je crache de la boue et du feu, que je ravage les champs, les bêtes et les hommes, ils battent des mains comme des enfants à Carnaval. Ils oublient de redevenir des animaux sages, de faire confiance à leur instinct. Fuyez...

Alain Mabanckou, pour "Les cigognes sont immortelles" , publié aux Éditions Plon : À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l’Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l’arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l’apprentissage du mensonge. Partant d’un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l’intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l’âme humaine à travers le regard naïf d’un adolescent qui, d’un coup, apprend la vie et son prix.

Les coups de cœurs et les coups de gueules des libraires sur la rentrée littéraire :

• Un coup de gueule de Matthieu Colombe, de La Librairie Goulard, à Aix-en-Provence, sur « A son image » de Jérôme Ferrari, publié aux Éditions Actes Sud : Un roman consacré à une photographe décédée qui aborde le nationalisme corse, la violence des conflits contemporains et les liens troubles entre l'image, la photographie, le réel et la mort.

• Un coup de cœur de Déborah Danblon, de La Librairie La Licorne, à Bruxelles, pour « Dans l'atelier de Jean Dubuffet » de Sophie Daxhelet, publié aux Éditions A pas de loup : Au pas de course, suivons Jean Dubuffet dans son atelier. Il y voyage, vagabonde, il y crée toutes sortes de mirages. Du métro à ses amis écrivains, du macadam aux papillons, tout l’inspire. Explorons l’univers laissé par cet artiste expérimentateur, ce voyageur sans boussole.

• Un coup de gueule de Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse, à propos du livre papier : Le livre papier n’est pas mort et personne n’en parle !  Pourquoi en avoir fait des tonnes à l’époque dans les médias sur les nouveaux moyens de lecture sur tablette en annonçant la fin du livre papier, et taire le fait qu’un géant de l’internet fasse machine arrière sur ses liseuses numériques.

• Un coup de gueule de Jérémy Laniel, de La Librairie du Carcajou, à Rosemère, au Canada, à propos des livres politiques publiés durant la campagne électoral au Québec : A l’inverse de ses camarades français qui souvent poussent un coup de gueule sur la surabondance des livres politiques en période de campagne électorale, Jérémy pousse lui un coup de gueule contre le manque de livre au Québec pendant cette même période. Il souligne l'absence complète de débat d'idées par l'entremise du livre.

La programmation musicale: 

  • Gaetan Roussel - Hope
  • Geoffroy Oryema - Yé Yé Yé 
  • The Rodeo - Ivre d'amour
  • Ann O'ARO - Zantray
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