Entre deux
Entre deux © Radio France / Marina Salzmann

L’été, l’herbe est pleine d’insectes. À la limite de l’ombre et de la lumière, juste à l’endroit où le soleil se cogne à l’herbe noire, les abeilles deviennent folles. Elles sont comme des condamnées à leur dernier repas. Nous ne sommes pas invisibles pour les abeilles. Elles nous ont vues dans nos maillots de bain. Mo a des roses de toutes les couleurs. Elle sent bon. Les abeilles nous prennent pour des fleurs. Nous sommes comme des fleurs, car nous croyons que le soleil ne brille que pour nous. Les abeilles nous ramènent à la réalité. Nous poussonsdes cris perçants. Nous sautons du côté sombre, où elles nous laissent tranquilles. À quelques pas, une haute clôture recouverte de lierre borde un jardin mystérieux. Il y fait déjà nuit. On entre en se courbant par un minuscule portail. Le parc semble abandonné, plein d’herbes hautes et d’arbres en désordre. Au loin, derrière les taillis, une petite lumière se balance. On entend souffler les graminées quand on marche dessus. Elles expirent sous nos pieds, puis aussitôt se regonflent derrière nous. Mo n’aime pas piétiner les marguerites. Je suis guidée dans le noir par les roses du maillot de bain de Mo. Ça fait moins peur d’être deux.Naissance à Vevey. Enfance dans le canton de Vaud, à Nyon, puis au Tessin. Voyages sur terre et en mer. Divers métiers. Installation à Genève. Études à la faculté des lettres. Pratique de l’écriture (fiction, autofiction, poésie contemporaine). Collaborations diverses et performances avec des musicien-ne-s, artistes, poètes sonores. Cofonde en 2008 la revue coaltar.

Je vais mieux
Je vais mieux © Radio France / David Foenkinos

«Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J'ai tout essayé... J'ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J'ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux... Et puis, j'ai fini par comprendre.»

  • Uderzo , pour la parution du premier volume de l'intégrale de son oeuvre, "L'Intégrale 1941 - 1951" , par Philippe Cauvin et Alain Duchêne , publié aux Editions Hors Collection
L'intégrale 1941 - 1951
L'intégrale 1941 - 1951 © Radio France / Uderzo

C'est un événement majeur pour le 9ème art : L'Intégrale Uderzo, réalisée avec sa participation, réunit enfin l'ensemble des planches de ce géant de la bande dessinée : une oeuvre immense, extrêmement variée et bien souvent méconnue !Les années 1941 - 1951 sont celles des débuts : 436 pages de bd qui donnent déjà toute la mesure du génie d'Uderzo. Cette intégrale réunit tous les dessins, séries et albums d'Uderzo de 1941 à 1951 : un ensemble exceptionnel de planches rares et de dessins époustouflants, pour la plupart totalement introuvables, rassemblés et restaurés avec passion par Alain Duchêne et Philippe Cauvin avec la complicité et le soutien d'Albert Uderzo.Au fil des dessins s'affirme le "style Uderzo", avec les sens du gag visuel, de l'expression gestuelle, une maîtrise époustouflante de différents styles de dessin, du comique au western en passant par le réalisme. Le secret de son génie ? Le talent, le travail acharné, l'amour du dessin... et la modestie.

Attention: La semaine prochaine, Albert Uderzo poursuit le récit de ses aventures!

Et la chronique des libraires:

  • Annick Dor , à Bruxelles , pour l'essai "Soit dit entre nous... écrire m'emmerde" de Philippe Blasband , illustré par Frédéric Fonteyne , publié aux Editions Castor Astral.

L’écrivain belge de quarante-sept ans se rend compte, finalement, qu’il n’aime pas tellement écrire. Il se demande s’il n’aurait pas mieux fait d’écouter ses parents. Il aurait pu être médecin, ou assureur, ou politicien, ou top model, ou militaire de carrière. Il se serait peut-être plus marré. Qui sait ? Au fil des pages, Philippe Blasband évoque avec humour sa famille iranienne, son enfance à Boston, sa vie dans un kibboutz, Claudia Schiffer et Philippe Noiret, ses acouphènes, son goût pour le thé, son incapacité à faire autre chose qu’écrire… Il nous offre aussi un truc infaillible pour ne pas penser tout le temps au sexe.

  • Marion Trépanier , de la librairie "A lire", à Longueil, au Québec , pour la bande dessinée "Boris, Intégrale" de Rémy Simard , publié aux Editions de la Pastèque.

Boris est un petit garçon qui ne sait pas encore marcher. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est débouler l’escalier, s’imaginer plus grand et voir les femmes, sa mère en tête, comme des bars ambulants…. Son environnement est aussi composé essentiellement de sa sœur dont le passe-temps favori est de mettre son petit frère dans des situations impossibles ; son père resté un grand enfant, et Paulette, la fleur douée de conscience.

Boris a été prépublié dans le journal La Presse et Le Quotidien au Québec pendant plusieurs mois il y a quelques années.

Aujourd’hui, l’occasion est idéale pour sortir une éditions définitive, révisée et intégrale des frasques de Boris !

  • Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" à Aix en Provence , pour le roman "Géronimo a mal au dos" de Guy Goffette , publié aux Editions Gallimard.

« Mais regardant cet homme au milieu des rires et des chansons, comme un chêne dans son feuillage ; ce danseur crucifié à côté de la piste, ce père que j'ai craint comme l'orage et que j'ai fui pour ne pas avoir à le détester, je me dis qu'il y a pire douleur que tous les arbres de la forêt abattus, tous les massacres en images, c'est de voir un homme en silence qui pleure.» Simon, le narrateur d'Un été autour du cou , devenu adulte, recompose le passé de son père et l'histoire de ce qui les a si longtemps séparés. Devant le cercueil de cet homme qu'il n'a pas vu mourir, Simon se souvient d'un père rude, exigeant, incapable d'exprimer son affection, dont il aura attendu en vain un geste, un mot capable de lui donner confiance. Comment retrouver la tendresse de l'amour qu'on croyait perdu?

  • Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi", à Martigny, en Suisse , pour le livre de poche "Raclée de verts" , de Caryl Férey , publié aux Editions Pocket.

À Saint Etienne, la vie de Michel se résume à peu de chose : nourrir son chien, regarder les matchs de foot et étrangler des vieilles dames. Un beau programme auquel il s'astreint avec Janvion, le chien en question, aussi crétin qu'agonisant. Seulement à chaque nouveau meurtre, Michel se réveille avec un sens en moins. L'odorat, le goût, le toucher... Dans son pavillon sordide, Michel commence à se demander si tout tourne bien rond. Question neurones, Michel, c'est pas la ligue des champions.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.