Max Lobe pour son roman "39 rue de Berne" , publié aux Editions Zoé

39 rue de Berne
39 rue de Berne © Radio France / Max Lobe

A 16 ans, la mère de Dipita atterrit du Cameroun en Europe, où elle est brutalement plongée dans le monde de la prostitution. Depuis, elle se débrouille. Sa naïveté, sa générosité et sa beauté lui permettent de survivre, malgré un «camion de haine dans son ventre ».

Elle raconte sa vie à Dipita, qui aime autant l’écouter que lui couper la parole pour continuer l’histoire lui-même. Dipita aime aussi son oncle et sa manière de vitupérer à longueur de journée les huiles de son pays, même si c’est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Dipita aime encore celles qu’il appelle « ses mères » ; elles participent à son éducation, aux commérages et aux réunions de l’AFP (association des filles des Pâquis) et elles accepteront de manière déconcertante que leur petit Dipita devienne comme ça .

Dans une langue haute en couleurs et inventive, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papier que les paradoxes et les souffrances d’un tout jeune homme noir et homosexuel.

Jean Teulé pour son roman "Fleur de tonnerre" , publié aux Editions Julliard

Fleur de victoire
Fleur de victoire © Radio France / Jean Teulé

C'était au temps ou l'esprit des Lumières et le catéchisme n'avaient pas soumis l'imaginaire populaire aux lois de la raison et du Dieu unique. Partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents fous de l'Atlantique, couraient les légendes les plus extravagantes. Le soir, au creux des fermes, on évoquait inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu'on savait responsables de la misère et des maux qui frappaient sans relâche. De tous, l'Ankou, l'ouvrier de la mort, était le plus craint, et c'est cette terrible image qui frappa avec une violence inouïe l'esprit de la petite Hélène Jégado. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, l'enfant minuscule se persuada qu'elle était l'incarnation de l'Ankou. Elle devait donc tuer tous ceux qui se trouveraient sur sa route et remplit sa mission avec une détermination et un sang-froid qui glacent le sang. Après avoir empoisonné sa propre mère qui l'avait surnommée « Fleur de tonnerre », elle sillonna la Bretagne, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui accueillaient avec bonheur cette cuisinière si parfaite. Elle tuait tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonnait dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle était si bonne, si compatissante aux chevets des mourants, que personne ne pouvait soupçonner un seul instant son monstrueux dessein. Au contraire, on plaignait cette personne si dévouée que la malchance conduisait toujours dans des familles victimes de la guigne. À laisser trop de traces, elle finit par se faire prendre, le jour ou elle s'attaqua à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Hélène Jégado reste la plus grande « serial killer » de France et, sans doute, du monde entier.

Gilles Bordes-Pagès pour son album "Les Sumos de Ryôgoku" , publié aux Editions Déclics

Les sumos
Les sumos © Radio France / Gilles Bordes-Pagès

Plonger dans l’univers des sumos, c’est découvrir le rituel, la concentration, la force, la vivacité, la souffrance, la fulgurance, la préparation, l’inspiration. Pour un Européen, ce sport purement japonais reste mystérieux, tout comme les impénétrables sumos qui perpétuent des traditions vieilles de 1500 ans. Cet ouvrage se propose de lever le voile sur ce monde très fermé grâce à des photographies réalisées entre janvier 2008 et janvier 2012 avec une unité de lieu : le quartier de Ryogoku à Tokyo où vivent et s’entraînent les sumos et où le « sumodrome » accueille les trois compétitions qui se tiennent chaque année dans la capitale japonaise. Ces photos ont été réalisées lors de ces compétitions et durant plusieurs séances d’entraînement dans l’intimité de l’écurie d’un des plus fameux lutteur élevé au rang suprême de « yokozuna » dénommé Hakuho (le grand oiseau blanc). Toutes les clefs pour comprendre les règles et les traditions sont distribuées page après page grâce à des commentaires concis mais très documentés.

Gilles Bordes-Pagès est également l'auteur de deux autres ouvrages:

au-dessus de la france en DC3, avion de légende
au-dessus de la france en DC3, avion de légende © Radio France / Gilles Bordes-Pagès

"Au-dessus de la France en DC3, avion de légende" - Photographies de Gilles Bordes-Pagès, Textes de Jacques Lumbroso, publié aux Editions Déclics

Voltigeurs!
Voltigeurs! © Radio France / Gilles Bordes-Pagès

"Voltigeurs!" - Photographies de Gilles Bordes-Pagès, Textes de l'Equipe de voltige de l'armée de l'air, coordonnée par Fabrice Camliti, publié aux Editions Déclics

Les chroniques des libraires:

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard", à Aix-en-Provence , nous presénte "Ecoute la pluie" , un roman de Michèle Lebre , publié aux Editions Sabine Wespieser.

« Puis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est tourné vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté. »,

Avant que le vieil homme ne se jette sur la voie en lui adressant son dernier sourire, la narratrice partait rejoindre l’homme qu’elle aime à l’hôtel des Embruns. Le choc a fait tout basculer. Plutôt que d’aller à la gare, elle s’enfonce dans les rues de Paris pour une longue errance nocturne sous l’orage. Revenue chez elle au petit matin, toujours incapable d’expliquer à son amant pourquoi elle n’était pas au rendez-vous, elle murmure à son intention le récit de sa nuit blanche. Lui, le photographe pour qui les mots ne sont jamais à la hauteur, sera-t-il capable de comprendre l’énigmatique message qu’elle finit par lui laisser : « Écoute la pluie » ?

Avec ce roman dense et bouleversant, Michèle Lesbre poursuit une œuvre lumineuse qu’éclaire le sentiment du désir et de l’urgence de vivre.

Matthieu Langlois de la librairie "Carcajou", à Laval, au Québec , nous parle de la bande de "Louis Riel" , une bande dessinée de Chester Brown , oublié aux Editions La Pastèque.

À la fin du XIXe siècle, le territoire de Red River est cédé au Canada, colonie de l'empire britannique. Cependant les habitants catholiques, métis d'Indiens et de Français, n'entendent pas être gouvernés par la lointaine couronne d'Angleterre. Louis Riel, chef charismatique et passionné, mène cette rébellion jusqu'à son terme, entre la folie et la mort. De la conciliation à la lutte armée, cette aventure politique et humaine reste une des pages les plus controversées de l'histoire canadienne.

Nathalie Romanens de la librairie "Des livres et moi", à Martigny, en Suisse , nous présente "Eclats de Voix" , un livre de Yves Hugues , publié aux Editions Les Escales.

Yann Gray, capitaine de la PJ au Quai des Orfèvres, a la particularité d'avoir des hallucinations olfactives, provoquées par une balle reçue dans la tête, et des tocs. A cela s'ajoute un passé familial douloureux. Il est chargé de l'enquête sur le meurtre de Rosalie Douvet, une star de la radio, retrouvée étranglée dans un couloir de la Maison de la Radio.

Annick Dor , de Bruxelles nous présente "Vivre mieux avec ses émotions" un essai de Moïra Mikolajczak et Martin Desseilles , publié aux Editions Odile Jacob.

Nous avons parfois du mal à gérer nos émotions… Qu’elles soient agréables comme la joie, la fierté, l’enthousiasme, ou désagréables comme la colère, la tristesse, l’anxiété, la culpabilité… les émotions sont indispensables à notre vie. Mais faut-il pour autant les laisser nous envahir ? Il est essentiel de pouvoir calmer notre colère pour nous faire entendre, de ne pas nous faire mal suite à une dispute, d’atténuer notre joie si elle est inopportune, d’apprivoiser nos angoisses et de gérer nos conflits, plutôt que de nous emporter et de détruire les liens qui comptent. Apprendre à vivre mieux avec nos émotions nous rend moins vulnérable aux difficultés de la vie, fluidifie nos relations et améliore notre bien-être. Écrit par un tandem d’experts, ce livre très concret vous offre toutes les clés pour ne plus être le jouet de vos émotions. Et en tirer le meilleur parti !

Martin Desseilles est médecin psychiatre, psychothérapeute et professeur à l’Université de Namur.

Moïra Mikolajczak est docteur en psychologie et professeur à l’Université de Louvain. Elle enseigne également à Paris-V.

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