David Foenkinos, pour"Charlotte" , publié aux Editions Gallimard -Prix Renaudot 2014 - Prix Goncourt des lycéens 2014

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charlotte © Radio France

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Lydie Salvayre, pour"Pas pleurer" , publié aux Editions du Seuil etPrix Goncourt 2014

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salvayre © Radio France

Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre « les mauvais pauvres ». Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

Jean-Pierre Orban , pour"Vera" , un roman publié aux Editions Mercure de France, Prix du premier roman 2014

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vera © Radio France

Londres, 1930 : Vera vit à Little Italy avec ses parents, Ada et Augusto, immigrés italiens. Rapidement la jeune fille se laisse enrôler dans une organisation à la gloire de Mussolini. Elle croit naïvement que l’idéologie fasciste lui forgera une identité. Mais l’arrivée de la guerre chamboule ses espérances. Écartelée entre sa langue maternelle et celle du pays d’adoption, Vera se laissera emporter par d’autres dérives. Puis elle croira enfin venu le temps de construire le récit de sa vie et de l’Histoire. De trouver sa vérité, elle dont le prénom signifie «vraie», et de la transmettre… Peuplé de personnages décrits à l’encre noire, ce roman bouleversant nous parle d’identité et de racines. Et de l’espoir, parfois déçu, de les dépasser.

Catherine Leroux, pour "Le mur mitoyen", publié auxEditions Alto, Prix France - Québec 2014

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leroux © Radio France

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s’adresse quand elle ne parle à personne.

En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s’évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d’un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau.

Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu’elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas.

Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d’une voie ferrée.

Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Une rencontre entre Benoit Poelvoorde et Annie Ernaux depuis "L'intime Festival", de Namur.

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ernaux © Radio France

Annie Ernaux pour"Regarde les lumières Mon Amour" , publié aux Editions du Seuil.

Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l’hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. « Voir pour écrire, c’est voir autrement », écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d’observations, l’hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire.

Laurent Gaudé, pour "Daral Shaga et Maudits les innocents" , publié auxEditions Actes Sud Papier

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gaudé © Radio France

Un père et sa fille s'apprêtent à abandonner leur terre natale ; un émigré - un temps attiré par la richesse d'une ville où les lumières ne s'éteignent jamais - se sent désormais écrasé par la vue du confort et se tourne vers le choeur, voix de tous les émigrés qui ont quitté leur pays pour fuir la pauvreté et la violence. Il aspire à une vie de liberté pour sa fille Nadra mais n'a pas la force de la poursuivre pour lui même. Il la pousse à ne pas se retourner vers lui et à commencer une nouvelle vie. Lui, il restera de son côté de la grille, où un nouveau destin l'attend avec un nom imposé : Daral Shaga, le vieil homme qui ne meurt pas et veille sur ceux qui défient la barrière, gardant la mémoire de toutes les choses abandonnées pour courir plus vite. PERSONNAGES : une femme, deux hommes, le choeur.

Et les chroniques des libraires :

Déborah Damblon , de la librairie La Licorne , à Bruxelles , pour « Le temps perdu » , une bande dessinée de Rodolphe , avec des dessins de Vink , publié aux Editions Daniel Maghen

Un dessinateur de bande dessinée, de retour de festival, s’arrête le temps d’une nuit dans un hôtel au bord d’une nationale. Epuisé, il rejoint sa chambre, dont la décoration, toute simple, se résume à une gravure encadrée au-dessus du lit. Intrigué par le dessin, le voyageur s’approche, tend la main vers le cadre et voit ses doigts passer au travers... Bientôt, c’est son corps tout entier qui est aspiré et projeté dans un monde absurde, complètement fou et pourtant étrangement familier : les soldats sortent de terre comme des champignons, les maisons ont des racines, et on entend dans les coquillages... mieux que la mer, les cris des naufragés ! Après cette première nuit, le dessinateur n’aura qu’une envie : retrouver le monde « de l’autre côté des gravures ».

Manon Trépanier , de la librairieAlire , à Longueuil, auQuébec , pour « Chaophonie » , un essai de Frankétienne , publié aux Editions Mémoire d’Encrier

Le légendaire Frankétienne signe ici un ouvrage testamentaire : réflexion sur le temps, l’écriture et la ville sous la forme d’une longue lettre à son fils Rodney Saint-Éloi. De Port-au-Prince à Montréal, la voix du vieil écrivain roule en échos, éclate en mille saveurs et délices cette langue dont lui seul connaît les folles arcanes.

Matthieu Colombe , de la librairie Goulard , à Aix-en-Provence , pour « Danser les ombres » , un roman de Laurent Gaudé , publié aux Editions Actes Sud

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait.

Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence…

Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

Nathalie Romanens , de la librairie Des livres et moi , à Martigny, enSuisse , pour « Un an après », un roman d’Anne Wiazemsky , publié aux Editions Gallimard

En février 1968, le couple que forment A. Wiazemsky et J.-L. Godard vient de s'installer dans un nouvel appartement à Paris. La narratrice raconte l'étiolement de leur mariage, jusqu'à leur séparation en 1969. Elle évoque également son point de vue sur les événements de mai 1968 et dresse le portrait de nombreux artistes et intellectuels, comme P.P. Pasolini, G. Deleuze ou F. Truffaut

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