30 ans du Centre culturel suisse, 10 ans de Librairie francophone : ça se fête ! Avec Catherine Allegret, Frédéric Pajak, Alexandre Friederich... et Laurent Gaudé!

Catherine Allegret , pour "Les pierres blanches" , publié par les Editions Fayard

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allegret © Radio France

« C’était une de ces nuits de juin à regretter que l’on ait un jour inventé l’électricité. Assise, les genoux repliés sous le menton, Lisa s’imprégnait du silence. Il était si parfait qu’elle percevait le passage de chaque seconde au rythme de la comtoise qui mesurait le temps dans l’entrée. Elle pouvait s’entendre vieillir, et, pour cette fois, cela ne lui déplaisait pas. Elle marchait à reculons dans sa mémoire…Lisa frissonna, il était temps de rentrer, demain le camion de déménagement était prévu pour huit heures. »Cette nuit-là, entre veille et cauchemars, assaillie par les images d’une existence chaotique, Lisa parviendra-t-elle à démêler les fils de son histoire et à sauver ce qu’elle croyait avoir irrémédiablement saccagé ? L’amour et la volonté l’emportent-ils jamais sur l’absence et l’abandon ?

Frédéric Pajak , pour "Les étoiles souterraines" , publié aux Editions Noir sur Blanc (Un livre deMix & Remix, Noyau et Pajac )

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pajak © Radio France

Mix & Remix, Noyau et Pajak se rencontrent à Lausanne à la fin des années 1980 et deviennent rapidement indissociables de la vie culturelle alternative de la région. Depuis, ils n’ont cessé de travailler et de créer ensemble, en Suisse et en France. Afin de publier leurs premiers dessins, ils décident de lancer leurs propres journaux et magazines, où ils auront toute liberté de forger leur style.

Le premier de ces journaux, La Nuit , « hebdomadaire satirique suisse », est publié en 1986. Il est suivi de Good Boy , un guide culturel de concerts et de chroniques musicales, distribué gratuitement à plus de 100 000 exemplaires dans toute la Suisse de 1989 à 1994. La musique est l’une des principales influences des trois artistes. Ils invitent alors de nombreux dessinateurs suisses ou français à participer à leur aventure éditoriale : Martial Leiter, H.-R. Giger, Pier Geering, Gébé, Philippe Vuillemin, Lulu Larsen, Anna Sommer… Suivront la revue Culte (1992), L’Éternité hebdomadaire (1994), puis, en France, L’Imbécile (1991-2006) et 9 Semaines avant l’élection , hebdomadaire éphémère (2012).

Mix & Remix, Noyau et Pajak ne pratiquent pas seulement le dessin de presse, mais ils réalisent également des peintures, exposées dans toute la Suisse. Le Cirque des Étoiles souterraines reproduit une large sélection d’œuvres graphiques : peintures, dessins, caricatures, illustrations, bandes dessinées, photos ; des documents d’époque et des textes d’Antoine Duplan et Philippe Garnier, ainsi qu’un entretien à trois voix et un nouveau tour de piste, en textes et en dessins, qui retrace leur aventure commune.

Alexandre Friederich , pour "Fordetroit" , publié aux Editions Allia

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detroit © Radio France

Autrefois métropole trépidante, Détroit forme aujourd'hui un décor de carton-pâte. Entièrement dévastée, elle répond désormais aux besoins de l'industrie du cinéma, ou bien de photographes néo-romantiques, en arrêt devant ces splendides ruines postindustrielles. Alexandre Friederich a choisi, lui, de pénétrer, par la petite porte, si désertée soit-elle, de s'y installer momentanément, de se laisser absorber par cette ville anthropophage. Détroit lui a inspiré un texte fulgurant, mi-récit d'aventure mi-reportage, forme qui lui permet, insidieusement, d'écrire un véritable roman d'anticipation. Puisque la fin du monde a déjà eu lieu ici, tentons de voir dans cet espace-laboratoire ce qu'il en reste. Quelle forme de vie est encore possible après la faillite d'une cité entière, autrefois théâtre d'’un essor économique sans précédent ? La débrouille à petite échelle, l'autogestion localisée. L'auteur décrit avec humour ces menus bricolages, ces petits potagers, ces traces aussi insignifiantes que significatives d'une vie en devenir. Enfourchant son Roadster (d'occasion), il recherche moins les vestiges du passé que la présence. La fascination pour la ville-­fantôme cède devant celle de ses habitants en chair et en os, âmes égarées, voyous, buveurs, ouvriers, chômeurs et autres éclopés du Henry Ford Hospital. À la grandiloquence des images de dévastation, il préfère la trivialité d'instants ou de conversations volés, sauvés de l'oubli – une mère ébahie devant son enfant, soi-disant précoce, les recommandations littéraires d'un ancien pousse-caddie ou Lee et sa sombre histoire de lapins. Détroit forme une maquette à grande échelle du monde à venir. Ce livre en est la parabole.

Et le choix des libraires :

Annick Dor , de la Librairie de La Mazerine , à La Hulpe, en Belgique , pour Clouds , un Beau Livre Collectif, publié aux Editions Actes Sud

Merveilleux et magique, branché sur l’infini, le nuage est pour tout être humain la plus fantastique des machines à rêves.

Catalogue accompagne l’exposition, produite par la fondation Croÿ-Roeulx dans le cadre de Mons 2015, capitale européenne de la Culture, qui se tiendra au château du Roeulx du 21 mai au 18 octobre 2015.

Une époustouflante flottille de nuages s’invite au château du Roeulx : cinquante œuvres, produites par trente-quatre artistes. Entre nature et culture, art et sciences naturelles, l’exposition “Clouds ” est un voyage au long cours au plus près des nuages sur les terres de ce lieu mythique. Puisées aux quatre coins du monde, monumentales ou minuscules, aériennes ou charnelles, piquantes ou langoureuses, ces œuvres – sculptures, vidéos, installations, performances, peintures, photographies… – dessinent les méandres d’un rêve en apesanteur.

Nathalie Romanens de la « Librairie Des livres » et moi, à Martigny, en Suisse , pour «Le livre des Baltimore »deJoël Dicker , publié aux Editions De Fallois

Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.

Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert , sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey.

Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.

Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman.

Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Manon Trépanier , de la Librairie Alire , à Longueuil, au Québec , pour « Temps qui installe les miroirs », un recueil de poésiede __ Nicole Brossard , publié aux Editions du Noroit

Nicole Brossard présente, dans Temps qui installe les miroirs , des poèmes où le réel, le poème et la pensée bondissent l’un vers l’autre d’un même scintillement, d’une même vitalité. Chaque mot est ici un centre actif de tension propice à des collisions de sens et à des résonnances qui créent leurs propres lieux d’étonnement et d’acquiescement. Peurs, certitudes et moi de souplesse dialoguent et font peau neuve d’une nouvelle présence au monde.

Grégoire Courtois , de la Librairie Obliques à Auxerre, pour « La perruche et la sirène : Matisse », un livre jeunesse deVéronique Massenot et des Illustrations de Vanessa Hié , publié aux **Editions l’Elan Vert**

Dans un océan, très beau, très grand, vivait une sirène aux écailles d'argent. Un jour vint un orage très gros, très fort, qui, dans le ciel, dessina mille éclairs d'or. La tempête poussa les vagues jusqu'à terre. L'océan déborda : la plage, la forêt... tout fut recouvert. La sirène ne trouva pas d'abri et les vagues la perchèrent sur une branche. Quand le calme revint, l'eau peu à peu se retira. Mais... pauvre sirène ! Sans jambes, comment ferait-elle pour descendre ?

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