Pierre Samson , pour "L'oeil de cuivre" , publié aux Editions Les Herbes Rouges

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samson © Radio France

Chargé de vider le triplex de son père ébéniste, Lévy y retrouve, entremêlés aux outils et aux travaux de menuiserie, des épisodes relégués aux confins de sa mémoire. S’ajoutent des découvertes troublantes sur l’homme qu’il a gardé à distance pour des raisons qui, constate-t-il, lui ont jusque-là échappé. Épaulé par sa conjointe enceinte et par une jeune femme aux noms changeants et à la langue bien pendue, Lévy se rapproche de l’auteur de ses jours à mesure qu’il revisite le monde de son enfance, dans une touchante traversée des apparences vers la vérité des êtres.

Après La maison des pluies, Pierre Samson explore sous un nouvel angle, plus familial, le thème de notre habitation du temps présent. Cette maison du père, à l’oriel jetant des feux multicolores sur des années oubliées, abrite un futur secrètement espéré. Peut-être le fils arrivera-t-il à la conclusion que, si son destin semble écrit d’avance, il ne tient qu’à lui de le lire autrement.

Chantal Thomas , pour "Pour Roland Barthes" , publié aux Editions du Seuil

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thomas © Radio France

Ce livre est un exercice d’admiration et de reconnaissance : j’ai eu la chance de rencontrer en Roland Barthes un écrivain totalement habité par le désir d’écrire et qui avait la particularité d’écrire pour faire sentir ce désir, pour en faire partager le romanesque. D’écrire et d’enseigner, car il s’est agi pour moi en ces pages de chercher à faire exister le talent de parole de Barthes, l’étrange sagesse portée par son enseignement (un mélange d’intelligence analytique et de distance zen). Et plus largement, mais d’une façon qui lui est liée, de transmettre un certain nombre de valeurs que chacun de ses livres, du Degré zéro de l’écriture à l’admirable Chambre claire, réaffirme : l’amour de la langue, la différence au lieu du conflit, le goût du présent, le désir. Des valeurs sous le signe de l’harmonie, mais qui recèlent, s’il le faut, une dureté, un pouvoir de résistance absolue à tout ce qui se situe du côté du stéréotype, de la répétition mécanique, de la violence.

Une séquence Livre de poche:

AvecSylvie Testud , pour "C'est le métier qui rentre" , publié aux Editions le Livre de Poche et Philippe Rahmy , pour "Béton armé" , publié aux Editions Folio

"C'est le métier qui rentre", Sylvie Testud, Editions Le livre de Poche

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testud © Radio France

Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d'Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s'empêcher d'espérer qu'un pompier vienne la tirer d'affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long métrage va virer au film catastrophe ? Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas. Mais tout va s'arranger, c’est certain. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l'on plume ou celles du dindon de la farce ?

"Béton armé", Philippe Rahmy, Editions Folio

rahmy
rahmy © Radio France

«Me voici à Shanghai. Une valse lente s’engage entre ce géant et moi. Tout se passe comme si nous étions coulés dans le même moule, un grand vide dans une enveloppe de béton armé. Il existe peut-être un lieu qui détruit les histoires. Il existe surtout des histoires qui choisissent d’investir les lieux les plus improbables.»(Présentation de l'éditeur)

Invité en résidence à Shanghai, Rahmy nous raconte sa propre expérience avec la ville. Un texte souvent critique et magnifique.

Et les chroniques des libraires :

Déborah Damblon , de la librairie La Licorne , à Bruxelles , pour « Les voyages de Daniel Ascher » , un poche de Déborah Lévy-Bertherat , publié aux Editions Rivages

Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders, de La Marque noire , une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène, le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H.R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier.

Florence Bourdin , de la librairie Mot de passe , à Neuchâtel, en Suisse , pour « Mon amour » , un roman de Julie Bonnie , publié aux Editions Grasset

Un homme et une femme s’écrivent. Ils s’aiment, elle vient d’accoucher de leur enfant et lui, pianiste, est parti en tournée. Passion amoureuse, fusion maternelle, engagement artistique s’entremêlent et s’entredévorent tandis qu’un autre homme entre en jeu. Au fil des lettres et de l’inéluctable chassé-croisé amoureux, chacun se découvre livré à sa solitude.

Julie Bonnie saisit avec une extrême sensibilité une histoire qui s’écrit autant dans les mots posés sur le papier que dans les marges d’échanges impossibles. Un regard bouleversant sur la fugacité des rencontres, la transmission et la force des silences.

Grégoire Courtois , de la librairie Obliques , à Auxerre, pour « La petite communiste qui ne souriait jamais », un poche de Lola Lafon , publié aux Editions Babel / Actes Sud

Le parcours fantasmé de Nadia Comaneci, gymnaste roumaine qui, en pleine Guerre froide, exécuta un programme parfait aux JO de Montréal en 1976. Enfant, elle fut sacralisée par la pureté de ses gestes et d'une existence dévolue à la recherche de la perfection.

Jérémy Laniel , de la librairie Carcajou , à Rosemère, au Canada , pour « Ce qu’il reste de moi » , un roman de Monique Proulx , publié aux Editions du Boréal

Qu’ont en commun l’hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l’artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l’appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c’est là leur plus grande richesse – bien davantage que le gaz de schiste.

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