• Laurent Gaudé vient nous présenter son dernier roman "Pour seul cortège" , publié aux Editions Actes Sud .
pour seul cortège
pour seul cortège © Radio France / Laurent Gaudé

En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille. Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père… Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée. Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

notre dame de la merci
notre dame de la merci © Radio France / Quentin Mouron
Notre Dame de la merci
Notre Dame de la merci © Radio France / Quentin Mouron

Odette, figure locale et revendeuse de cocaïne ; Daniel, ouvrier à la petite semaine ; Jean, assassin en fantasmes. Un jour de tempête, dans le huis-clos sinistre d'un village du nord québécois, deux hommes et une femme prennent part à une tragédie ordinaire. Le triangle qu'ils forment se gonfle, ses arêtes se tordent, se brisent. Amoureux, silencieux, angoissés, ils avancent à tâtons. Notre-Dame-de-la-Merci, c'est le théâtre dans lequel les personnages sont prisonniers. De l'extérieur, tout semble déjà joué. Le narrateur rejoint les rangs des spectateurs. Comme eux, il est impuissant. Il ne peut que regarder, réfléchir - se poser une question. Et c'est cette question, lancinante et multiforme, qui donne au récit une résonnance universelle, excédant très largement l'action. Rien d'exotique. Le lecteur est aux prises avec lui-même.

  • Et un entretien avec Carole Aurouet dans l'appartement de Jacques Prévert à la Cité Veron , dans le 18° arrondissement de Paris pour "L'amitié selon Prévert" , publié aux Editions Textuel .
l'amitié selon Prévert
l'amitié selon Prévert © Radio France / Jacques Prévert

Anniversaire, rendez-vous, dîners entre amis, Prévert plaçait l’amitié au centre de sa vie. À partir de la fin des années 1950, installé cité Véron, il prend l’habitude d’y consacrer chaque jour une belle éphéméride : une fleur dessinée au feutre et vivement colorée aux côtés de laquelle il notait les noms et souvent l’occasion de ses rendez-vous. Le geste est superbe, le défilé des noms vertigineux…

Fidèle à lui-même, Prévert y apparaît taquin et attachant. Sous sa plume facétieuse, Paul Grimault prend l’aspect d’un gros chat jaune, les dîners sont signalés par un couvert dressé et les jours se succèdent dans une curieuse danse typographique, mélangeant les lettres et les couleurs.

Réunis en un bouquet éclatant de couleurs et de vie, les éphémérides de Prévert sont ici publiées pour la première fois. Dans une galerie de seize courts portraits, Carole Aurouet raconte les liens qui attachaient Prévert à chacun de ses amis. Au fil des pages, on retrouvera donc les compères, les intimes, les inséparables : Arletty , Maurice Baquet , René Bertelé , Pierre Brasseur , Henri Crolla , Robert Doisneau , Marcel Duhamel , Jean Gabin , Paul Grimault , Joan Mirò , Aimé Maeght , Edith Piaf, Marcel Mouloudji , Pablo Picasso , Pierre Prévert , Simone Signoret , Alexandre Trauner et Boris Vian . C’est toute une époque qui défile ainsi sous nos yeux, bouillonnante, créative, éclectique.

Et les chroniques des libraires:

  • Laura Sanchez de la "Librairie du Boulevard", à Genève , nous présente la bande dessinée "Renégat" d'Alex Baladi , publié aux Editions The Hoochie Coochie .

Les vagues naissent, enflent et s’abîment dans les tréfonds de la mémoire d’un pirate captif. Afin de laisser une trace, celui-ci a accepté de témoigner de sa vie passée auprès d’un gentilhomme écrivain. C’est sous cet angle que Baladi, pour son premier livre chez The Hoochie Coochie, choisit d’aborder la piraterie. Inspiré de l’Histoire générale des plus fameux pyrates de Daniel Defoe, Renégat ne se borne aucunement à l’épopée costumée, tant son auteur se joue allègrement des mythes en réalisant un vrai récit d’aventure qui est aussi un essai sur l’honnêteté et le témoignage. Il rétablit ici le pirate dans sa dignité historique : celle du marin prolétaire dressé contre les lois iniques de la marine marchande des XVIIe et XVIIIe siècles.

  • Manon Trépanier , de la librairie "A lire" à Longueuil, au Québec , nous parle du récit d'Anaïs Barbeau-Lavalette , "Je voudrais qu'on m'efface" , publié aux Editions BQ .

Dans un immeuble de logements du quartier Hochelaga-Maisonneuve se croisent sans se voir Roxane, Mélissa et Kevin. À douze ans, ils composent avec le monde dans lequel ils sont nés. Entre le coin des putes, les combats de lutte, les virées bien arrosées des adultes et la classe des « orthos », où on essaie de les intégrer, ils plongent dans leur imaginaire et tentent de sauver leur peau. Y arriveront-ils? Dans les scènes touchantes ou drôles de ce récit choral, l’écriture cinématographique épouse la langue blessée des acteurs. Je voudrais qu’on m’efface est un roman, vif et authentique, une chronique montréalaise qui culmine dans l’espoir inaltérable de l’enfance.

  • Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" à Aix-en-Provence , nous présente le catalogue de l'exposition "Edward Hopper" , conçu par Didier Ottinger , Tomas Llorens et Caroline Hancock , publié aux Editions des RMN .

L'œuvre d'Edward Hopper (1882 - 1967) s'est imposée comme un passage central de la peinture américaine du XXe siècle.

Très connue du public, c'est pourtant la première fois qu'une exposition lui est consacrée à Paris. En rupture avec l'académisme dominant, l'artiste a fondé un réalisme moderne, revendiquant la nécessité de s'ancrer dans une tradition américaine, émancipée de l'influence française.

Après trois voyages à Paris et en Europe en 1906 - 1910 où il subit l'influence des impressionnistes, du photographe Atget... il s'installe à Greenwich Village. Il entre dans les collections du MOMA et du Whitney Museum dès 1930 et connait sa première rétrospective au MOMA en 1933. Le catalogue révèle les différentes techniques et les diverses influences qui ont permis à Edward Hopper de conquérir graduellement son style et son iconographie, avec notamment son travail d'illustrateur, sa découverte de la gravure, de l'aquarelle.

L'ouvrage étudie enfin sa postérité et l'influence qu'il a pu jouer à son tour sur le monde de l'art, de la peinture, du cinéma et de la photographie. Peintre de l'incommunicabilité entre les êtres et de l'aliénation moderne, c'est véritablement son travail sur la lumière comme spiritualité muette qui fait de Hopper un artiste majeur.

Publié à l'occasion de l'exposition Edward Hopper, au Grand Palais du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013.

  • Déborah Damblon , de la librairie "La Licorne" à Bruxelles , nous parle du roman "Bienvenue en Norlande" de Véronique Sels , publié chez Genèse Editions .

Paul Maréchal est un jeune homme bien. Bon fils et bon camarade. Le bac en poche, il choisit de poursuivre ses études universitaires en Norlande, un pays au confluent de la France, de l'Allemagne et de la Belgique, en apparence paisible et sans histoire.

Installé sur le campus de Westburg, l'étudiant en langues germaniques va découvrir ce qui se trame derrière ce décor de verts pâturages au taux de délinquance proche de zéro et qui a troqué nos bonnes vieilles prisons contre un système judiciaire à points. À travers une petite amie presque trop parfaite, une concierge dont les yeux font office de caméras de surveillance, un professeur retors ou un condisciple qui s’affiche nu sur l’échangeur d’une autoroute, le jeune Français bien sous tous rapports est entraîné malgré lui dans la spirale norlandaise et voit petit à petit sa vie basculer.

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