Cette semaine, "La Librairie Francophone" sera à Monges, en Suisse, pour "Le Livre sur les Quais" avec quatre invités d'exception:

  • Nancy Huston , Présidente d'Honneur et auteur de "Reflets dans un oeil d'homme" aux Editions Actes Sud .
Reflets dans un oeil d'homme
Reflets dans un oeil d'homme © radio-france / Nancy Huston

“Dans le monde occidental aujourd’hui, aucune femme ne peut prétendre avoir mené son existence à l’abri de cette propagande, qui fait de nous toutes, à des degrés variables et selon notre âge, notre milieu social et notre métier, avec notre coopération enthousiaste ou à notre corps défendant, des reflets dans un œil d’homme… Nous incarnons bien moins que nous ne le pensons, dans notre arrogance naturelle et candide, la femme libre et libérée.”Dans cet ouvrage qui emprunte sa tonalité au roman mais qui a la rigueur d’un essai, Nancy Huston convoque sa propre expérience comme celle d’artistes qui l’entourent pour analyser avec beaucoup de finesse toutes les influences qui, sournoisement comme au grand jour, façonnent la femme contemporaine.

  • Anne-Sylvie Sprenger , pour son dernier roman "Autoportrait givré et dégradant" aux Editions Fayard .
Autoportrait givré et dégradant
Autoportrait givré et dégradant © Radio France / Anne-Sylvie Sprenger

C’est un livre bref, resserré, aussi sec et sobre que son titre est exubérant. On dirait un conte triste, une fable, remplie de personnages de théâtre dans leur rôle, à l’image de ces quatre sœurs comploteuses qui s’entretiennent par dialogues de commères dans la détestation de l’héroïne. Celle-ci s’appelle Judith, elle tombe amoureuse d’un cheminot nommé Paul qui la sauve du suicide. Trop heureuse d’échapper à sa mère, elle l’épouse et le rejoint dans sa maison de B., « une ville pauvre et honteuse, oubliée tout au nord de la Suisse, coincée entre le Jura et la plaine désolée ». Mais le tableau idéal se craquelle : Paul boit, sa mère et ses quatre sœurs le couvent, Judith n’est pas heureuse et se sent rejetée. Elle tombe dans les bras d’Arno, quatorze ans, l’un de ses élèves du collège. Tout est prêt pour le scandale, dans une bourgade bien-pensante qui n’attend qu’un signe pour se déchaîner… Courts chapitres de quelques lignes, personnages dessinés au scalpel, Anne-Sylvie Sprenger continue dans la veine minimaliste et efficace de ses précédents romans, ‘Sale fille’ et ‘La veuve du Christ’, scrutant les silences qui en disent long, les gestes mesquins qui dévoilent tout et les dérèglements quotidiens du couple et des familles, dans une Suisse de carton-pâte dont le portrait n’est pas flatteur. Seul le couplet un peu convenu sur l’écriture et le thème du livre dans le livre semblent de trop dans ce roman psychologique chirurgical et assez saisissant.

  • Alain Bamanckou pour son roman "Tais-toi et meurs" aux Editions la branche , dans la collection Vendredi 13
Tais-toi et meurs
Tais-toi et meurs © Radio France / Alain Bamanckou

Quittant le Congo, Julien Makambo arrive en France sous le nom de José Montfort. Il est accueilli à Paris par Pedro, figure de proue du milieu congolais de la capitale. Sapeur à la pointe des tendances et «homme d'affaires» au bras long, Pedro prend Julien sous son aile et l'initie au monde des combines souterraines. Les affaires tournent, Julien a la vie belle et festive... jusqu'à ce vendredi 13 maudit, où il se retrouve malgré lui mêlé à la défenestration d'une jeune femme. En prison, il écrit son histoire, celle d'un jeune homme confronté à son destin : Makambo en lingala signifie «les ennuis». Et face aux ennuis, une règle d'or règne ici en maître : Tais-toi et meurs.

  • Armel Job pour son roman "Loin des mosquées" aux Editions Robert Laffont .
Loin des mosquées
Loin des mosquées © Radio France / Armel Job

Turc grandi en Belgique, Evren achève à Cologne de brillantes études de comptabilité. Hébergé chez son oncle, ce garçon de vingt et un ans, encore chaste et au visage ingrat, s'éprend de sa cousine – la belle et sensuelle Derya. Rentré en Belgique, Evren fait part aux siens de sa décision : il va épouser Derya. Une délégation familiale se rend donc en Allemagne pour demander la main de la jeune fille. Mais les choses ne tournent pas exactement comme prévu : Derya éconduit Evren. Outragés par cette humiliante fin de non-recevoir, les parents d'Evren cherchent un nouveau parti pour leur fils et choisissent Yasemin, une paysanne anatolienne de seize ans, vive et dégourdie, qu'Evren connaît à peine. Les noces ont lieu, et le jeune couple apprend peu à peu à s'apprivoiser. Jusqu'au jour ou Derya – dont Yasemin ignore l'existence – débarque à l'improviste en Belgique. Quel secret cache le voyage de Derya ? Qui est véritablement Evren, ce grand garçon obéissant et en apparence si maladroit ? À quel jeu dangereux se livre Yasemin ? Quels rôles viennent jouer dans cette histoire René, voisin de la famille d'Evren et croque-mort de son état, et Marcel, son colocataire, attardé mental qui passe ses journées à visionner les enquêtes de l'inspecteur Colombo ?...

Avec les chroniques des libraires:

+ En direct de Bruxelles , Annick Dor nous parle de "La véritable vie amoureuse de mes amis en ce moment précis" de Francis Dannemark , publié aux Editions Robert Laffont :

Max a une cinquantaine d'années. Veuf et père de deux enfants, il exerce le métier de psychologue. La vaste maison ou il vit est pleine de charme mais délabrée. Sous le nom de « La Maison aux bons soins », il y avait rassemblé des médecins et des praticiens du bien-être, mais il ne reste plus grand-chose aujourd'hui de ce trop beau projet. Et Max s'inquiète. Il est incapable de payer les nombreuses réparations urgentes qui s'imposent, il n'a pas de nouvelles perspectives et il ne lui reste que quelques semaines pour prendre des décisions et trouver des solutions. En attendant, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, Max continue à accueillir chez lui chaque mercredi soir les membres de son ciné-club : sept femmes et son vieil ami Jean-François, grand amateur de comédies de l'âge d'or du cinéma américain et animateur passionné de leurs soirées. Leur bonheur partagé est de se laisser emporter par la magie de films qui rendent plus léger le cours des jours. Et aussi de parler de l'amour, qui leur a souvent joué des tours mais dont ils attendent, sans trop oser le dire ou même le savoir, qu'il retrouve une place dans leur vie. À ce groupe chaleureux de cinéphiles enthousiastes va se joindre une dixième personne, Felisa, une femme mystérieuse venue au départ pour consulter Max. Avec ses dons de guérisseuse, de voyante peut-être, qui est-elle ? Une folle ou une fée ? Toujours est-il que, peu à peu, tandis que l'on chemine vers l'été, la vie de chacun va changer de couleur.

  • Manon Trépanier de la librairie "A lire", à Longueil, au Québec , nous présente "158 Fragments d'un Francis Bacon explosé" de Larry Tremblay , publié aux Editions du Noroit :

Larry Tremblay a depuis longtemps une fascination pour l'oeuvre de Francis Bacon. Il y reconnaît une théâtralité des corps, une physique de l'âme et une métaphysique de la chair. Pour écrire ces 158 fragments poétiques, il a fait exploser l'un des tableaux du peintre. Pas un vrai, bien sûr. Ni un faux d'ailleurs. Et, pour dire vrai, pas totalement un des siens. Mais le tableau qui, au fil des ans, s'est peint au sein de son imagination d'écrivain à partir des interrogations que l'oeuvre de Bacon soulève.

  • Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" , à Montpellier , nous présente "Des cuillères et des hommes" , un ouvrage de Serge Le Guennan , publié aux Editions 5 Continents :

Cet ouvrage propose un voyage autour de la planète, avec pour unique guide la cuillère : petit objet du quotidien, présent dans toutes les civilisations depuis les temps anciens. La riche collection de cuillères provenant de l’art populaire européen, des tribus dan, zulu ou des peuples du Zaïre, en passant par ceux de Sumatra d’Asie du Sud-Est, rassemblée au cours des années par Serge Le Guennan, reflète la variété des us et coutumes mais aussi des goûts des différents peuples. Fabriquées sur les cinq continents, riches dans leur exécution ou simplifiées à l’extrême, elles témoignent de l’inépuisable imagination de l’homme à travers l’utilisation de matières extrêmement variées, du bois aux coquillages en passant par l’ivoire. Le livre, divisé en cinq chapitres – Europe, Amériques, Afrique, Asie du Sud-Est et Océanie – présente un choix de 130 cuillères basé sur un critère purement esthétique et rassemble des objets de différentes époques : les plus anciennes sont datées du VIIIe siècle mais une grande partie sont liées aux arts primitifs des XVIIIe et XIXe siècles. Le regard porté sur les différentes populations passe à travers les dessins d’après nature de Didier Derre, artiste qui, pendant près de deux ans, suivant l’esprit des dessins de voyages du XIXe, a réussi à transmettre l’importance du détail et la beauté de ce simple objet de tous les jours. Serge le Guennan est marchand et collectionneur d’art primitif depuis 1975. Sa collection est conservée dans sa galerie « Galerie SL », à Paris, et certains de ses objets sont exposés dans de grands musées tels que le musée du Quai Branly et le musée Barbier-Mueller.

  • Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi", à Martigny, en Suisse , nous parle de la bande dessiné "Ungry Mum t.2: Ungry Mum voit rouge" , publiée aux Editions Glénat .

Les amis qui divorcent et ceux qui vieillissent mal, les sorties entre copines qui ne se passent pas comme dans les films, les corvées ménagères et les aléas de la vie de famille, les autres mamans et leurs gamins qu'on doit supporter... Pas de plans mode ni de recettes de cuisine dans ce second tome des aventures d’Angry Mum, mais des histoires qui racontent la vraie vie d'une maman face aux petites désillusions quotidiennes... Et ça fait du bien!!!!

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