Ce week-end, nous irons en Turquie avec le roman de Valérie Manteau, ex de Charlie Hebdo, en Afghanistan avec le prix Goncourt, Mathias Enard et la dessinatrice libanaise Zeina Abirached, et nous parlerons de l'enfance avec Marie Desplechin

  • Valérie Manteau, pour "Le sillon", publié aux Éditions Le Tripode : « Je rêve de chats qui tombent des rambardes, d’adolescents aux yeux brillants qui surgissent au coin de la rue et tirent en pleine tête, de glissements de terrain emportant tout Cihangir dans le Bosphore, de ballerines funambules aux pieds cisaillés, je rêve que je marche sur les tuiles des toits d’Istanbul et qu’elles glissent et se décrochent. Mais toujours ta main me rattrape, juste au moment où je me réveille en plein vertige, les poings fermés, agrippée aux draps ; même si de plus en plus souvent au réveil tu n’es plus là. »

Avec, en bonus, un reportage D'Emmanuel Khérad à Istanbul:

  • Mathias Enard et Zeina Abirached pour "Prendre refuge", publié aux Éditions Casterman : 1939, Afghanistan. Autours d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate. 2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences.
     A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d’aimer aujourd’hui comme hier
  • Marie Desplechin pour "Enfances", avec des dessins de Claude Ponti, publié aux Éditions L’école des Loisirs : Enfants pirates et enfants dieux, enfants rois et enfants savants, enfants voyants et enfants rêveurs, enfants travailleurs et enfants danseurs...
     Enfances raconte des moments importants et déterminants de la vie de plus de 60 enfants. Connus ou anonymes, réels ou légendaires, ils ont tous, à leur façon, petite ou grande, marqué leur époque et changé le mond

Les coups de cœurs et les coups de gueules des libraires:

  • Un coup de cœur de Thomas Auxerre, de La Librairie L’Amandier, à Puteaux, pour « Phoolan Devi, reine des bandits », une bande-dessinée de Claire Fauvel, publié aux Éditions Casterman : L'histoire de Phoolan Devi, née en 1963 au nord de l'Inde. Après un mariage forcé et annulé, elle devient la paria de son village. Elle est enlevée et sauvée par des bandits. Dès lors, elle se bat contre l'injustice et pour la protection des femmes. Elle est élue députée du Parlement indien. Elle est assassinée en 2001.

  • Un coup de gueule de Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse, sur « L'Italie, c'est toujours bien », de Corinne Desarzens, publié aux Éditions La Baconnière : Ce livre n’est pas un livre. C’est une valise. C’est une promenade. Une promenade buissonnière autour de l’étrange Annonciation (vers 1532) de Lorenzo Lotto. Une promenade faussement savante qui s’incline toujours devant le détour, l’impulsion, la délectation. Quelques jours dans la région des Marches sur les traces de ce peintre nomade, sur le mystère d’un chat tigré, sur le plaisir, chaque fois renouvelé, de se trouver en Italie, sur l’art de voyager léger. Que jeter ? Que garder ? Pour arriver à la question ultime. Que faire de sa propre carcasse ?

  • Un coup de cœur de Josianne Létourneau, de La Librairie du Square, du Quartier Outremont, à Montréal, pour « Uiesh - Quelque part », un recueil de poésie de Joséphine Bacon, publié aux Éditions Mémoires d’Encriers : Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire.

  • Un coup de gueule de Déborah Danblon, de La Librairie La Licorne, à Bruxelles : En prolongement au coup de gueule de Jérémy Laniel à Morges la semaine passée, qui regrettait qu’au Québec il n’y ait pas pléthore de livres nationaux pour hausser le débat en période électorale, Déborah pointe la situation en Belgique qui est sensiblement la même et regrette le manque de discussion de fond dans les livres autour des thèmes politiques belges.

Programmation musicale:

  • Stephan Eicher / Traktorkestar - Ce peu d'amour - Plydor
  • Les Francs-Bourgeois - Saint-Tropez - Les Francs Bourgeois
  • Maravillas Las de Mali / Mory Kante - Rendez-vous chez Fatima - Decca Records
  • K'Koustik - Gwdloupéyen - Aztec Music (supplément créole)
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