Ce week-end, vous entendrez Jean-Claude Grumberg qui publie un conte lumineux, Mathias Malzieu qui revisite le mythe de la sirène. Dans l'actualité du livre de poche, vous entendrez Philippe Delerm et Odile d'Outremont. Et puis nous irons à Montréal pour un entretien sous la neige avec Anaïs Barbeau-Lavalette

Mathias Malzieu, pour Une sirène à Paris, publié aux Éditions Albin Michel : Après le bouleversant Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu retrouve la veine du merveilleux de La Mécanique du cœur avec cette Sirène à Paris,  l’histoire d’amour impossible entre un homme et une sirène dans le  Paris contemporain. Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De  nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un  chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une  sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris. Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne  passe se pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes  qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en  meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera  impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel… À travers ce conte moderne, Mathias Malzieu questionne l’engagement  poétique et le pouvoir de l’imagination dans une époque troublée.  Ce  livre est une déclaration d’amour à l’amour, au panache, à l’épique, à  la camaraderie et à la surprise. 

Jean-Claude Grumberg, pour La plus précieuse des marchandises, publié aux Éditions du Seuil : Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet !  Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire  ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants, faute de pouvoir les nourrir ? Allons...  Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre  mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

Un entretien-reportage avec Anaïs Barbeau-Lavalette, au pied de la Tour de l'Horloge à Montréal, pour Nos héroïnes, publiés aux éditions Marchand de Feuille : Le premier club sportif féminin au Québec est le Club des Archères de Montréal. Les femmes se réunissent secrètement dans un champ de fleurs sauvages, rue Sainte-Catherine. C’est en 1858. Plus personne ne s’en souvient. C’est souvent ce qui arrive avec l’Histoire des femmes. Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal, chasse les lucioles qu’elle enferme dans des pots en verre pour illuminer l’hôpital qu’elle a fondé. La très grande artiste Kenojuak Ashevak naît dans un igloo. Maude Watt traverse la baie James en traîneau à chiens pour secourir les castors. La Montréalaise Hilda Strike est la femme la plus rapide du monde en 1932. Si on les a souvent oubliées dans le récit de notre Histoire, on vous les présente aujourd’hui. Nos Héroïnes constitue un album essentiel pour toutes les petites filles et tous les petits garçons ; un livre qui nous fait traverser l’histoire du point de vue des filles, des femmes, des mamans, des rebelles et des militantes. 

Une séquence livre de poche avec Philippe Delerm pour "Et vous avez eu beau temps? La perfidie ordinaire des petites phrases", publié aux Éditions Points et Odile d'Outremont pour "Les Déraisons", publié aux Éditions 10-18 : 

- Philippe Delerm, pour Et vous avez eu beau temps? La perfidie ordinaire des petites phrases, publié aux Éditions Points : Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la  traditionnelle question de fin d’été : « Et… vous avez eu beau temps ? »  Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer… Aux malotrus qui nous prennent de court avec leur « On peut peut-être se tutoyer ? », qu’est-il permis de répondre vraiment ? À la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie  humaine, pour glaner toutes ces petites phrases faussement ordinaires et révéler ce qu’elles cachent de perfidie ou d’hypocrisie. Mais en y  glissant également quelques-unes plus douces, Delerm laisse éclater son  talent et sa drôlerie dans ce livre qui compte certainement parmi ses meilleurs.

- Odile d'Outremont, pour Les Déraisons, publié aux Éditions 10-18 : Adrien, employé modèle, mène une vie sans surprise, réglée au millimètre. Louise, artiste peintre, traverse le quotidien en le réinventant sans cesse. Leur rencontre métamorphose leur existence. Louise emporte Adrien dans les méandres de ses fantaisies, Adrien comble Louise d’un amour infini. Mais la vie prend parfois des détours inattendus. Lorsque la santé de Louise se dégrade, forte de son  imagination et accompagnée d’Adrien, son allié de toujours, elle décide  de se battre. De son côté, Adrien, pour la première fois, déroge à sa routine : il quitte, à l’insu de tous, son travail monotone pour accompagner sa femme, et tente, avec elle, et par la force d’un souffle créatif puissant, de vaincre la maladie.

Les coups de cœurs et les coups de gueules des libraires : 

Un coup de gueule de Thomas Auxerre, de La Librairie L’Amandier, à Puteaux : Thomas pousse un coup de gueule contre les commandes qui arrivent avec les cartons abimés et des livres qui ne sont, pour certains d’entre eux, même plus vendables !!

Un coup de gueule de Laura Sanchez, de La Librairie du Boulevard, à Genève, sur « Antonia : journal 1965-1966 », un roman de Gabriella Zalapi, publié aux Éditions Zoé : Antonia est mariée sans amour à un bourgeois de Palerme, elle étouffe. À la mort de sa grand-mère, elle reçoit des boîtes de documents, lettres et photographies, traces d’un passé au cosmopolitisme vertigineux. Deux ans durant, elle reconstruit le puzzle familial, d’un côté un grand-père juif qui a dû quitter Vienne, de l’autre une dynastie anglaise en Sicile. Dans son journal, Antonia rend compte de son enquête, mais aussi de son quotidien, ses journées-lignes. En retraçant les liens qui l’unissent à sa famille et en remontant dans ses souvenirs d’enfance, Antonia trouvera la force nécessaire pour réagir.

Un coup de cœur de Jérémy Laniel, de La Librairie du Carcajou (Rosemère), au Canada, pour « La petite Russie », une bande-dessinée de Francis Desharnais, publié aux Éditions Pow Pow : C’est une histoire de la colonisation de l’Abitibi. Un portrait d’hommes et de femmes qui ont tout quitté pour aller s’installer dans le Nord. Le récit d’un petit village qui s’appelle Guyenne. Sauf que Guyenne n’est pas une paroisse comme les autres. C’est une coopérative. Le bois que tu coupes là ne t’appartient pas et la coop garde 50 % de ton salaire pour financer le développement de la colonie. Dans le coin, il y en a qui appellent cet endroit, « la petite Russie ». C’est là que Marcel et Antoinette vont vivre durant vingt ans.

Un coup de gueule, de Déborah Danblon, de La Librairie La Licorne, à Bruxelles : Déborah Danblon pousse un coup de gueule autour du nombre de livres publiés par rapport aux volumes de livre vendus. Elle prend l’exemple des nombreux invendus après les fêtes qui doivent s’en retourner chez les éditeurs par cartons entiers, ce qui pour elle devrait imposer la question de la décroissance au monde du livre.

La programmation musicale : 

  • Dionysos / Jean Rochefort - L'homme sans trucage - Barclay
  • Hubert Lenoir - Recommencer - Simone Records
  • Trans Kabar - O Linndé - Discobole
  • Trans Kabar - Maligacé - Discobole (Bonus Créole)
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