Philippe Claudel , pour "L'arbre du pays Toraja" , publié aux Editions Stock

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claudel © Radio France

« Qu’est-ce que c’est les vivants ? À première vue, tout n’est qu’évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu’est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis- je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d’Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? » Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L’Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.

Serge Bimpage pour "La peau des grenouilles vertes" , publié aux Editions de l'Aire

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bimpage © Radio France

Serge Bimpage a eu bien raison de transformer en roman un fait judiciaire réel et inouï, qui avait jadis défrayé la chronique : l’enlèvement contre rançon de la fille d’un artiste mondialement connu. La forme romanesque permet de pénétrer dans la vérité des êtres, de présenter des portraits troublants du criminel et de la victime. Son intérêt « pour les hommes que le destin force à marcher contre nature » l’amène à examiner la question de la détermination et de la responsabilité des individus. De manière tout aussi convaincante, en créant dans son livre un labyrinthe de mentir-vrai, il se pose la question de l’écriture, grâce à une histoire passionnante. Ce dispositif narratif introduit le lecteur dans un dédale de miroirs. Qu’est-ce qui est finalement vrai ? Qu’est-ce qui appartient à la fiction ? Réussit-elle à -comprendre les autres en pénétrant dans leur vie… comme un voleur ?

Jul et Charles Pépin , pour "La planète des sage. 2" , publié aux Editions Dargaud

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jul © Radio France

"Apprendre en s’amusant " était le slogan sérieux des éducateurs qui, suivant les recommandations du philosophe anglais John Locke , utilisaient l’image pour éduquer les enfants.

Charles Pépin & Jul ne dérogent pas à ce principe directeur. Mais alors que la plupart d’entre nous sont gavés d’icônes, entre les BD, la télévision et l’Internet, l’occasion nous est donnée ici de réaliser que le vrai savoir découle de l’examen critique, qu’une image a beau être forte, émouvante, il devient de plus en plus nécessaire de la décoder, de regarder comment elle est parvenue jusqu’à nous, quelles sont les intentions qui sous-tendent sa diffusion...

Mieux même : puisque, grâce à Wikipedia, nous savons désormais "tout sur tout", il est vital, face au savoir péremptoire, notamment celui de la toile dans laquelle tout un chacun se retrouve vite englué comme un moucheron, de prendre de la distance, d’associer images et mots dans des jeux improbables, de ne rien prendre au sérieux avant d’avoir passé un concept au crible de la moquerie.

Et aussi :

Jul, le crayon affuté comme un silex

Jul, invité du web

Jul : "Avec la planète des sages, on arrive à retrouver de la joie"

Et le choix des libraires :

Nathalie Romanens , de La LibrairieDes livres et moi , à Martigny, en Suisse , pour «Broadway Limited - Volume 1, Un dîner avec Cary Grant » , un livre-jeunesse de Malika Ferdjoukh , publié aux Editions L’Ecole des Loisirs

En 1948, suite à un malentendu sur son prénom, Jocelyn Brouillard, jeune Français un peu coincé, intègre la pension de jeunes filles Giboulée, au coin de la 7e avenue à New York. Il y fait la connaissance des pensionnaires, six jeunes filles rêvant des planches de Broadway, de Mrs Celeste et de sa sœur Artemisia, qui dirigent l'endroit d'une main de fer.

Broadway Limited conte la découverte, par un jeune Français, de l'american way of life dans le New-York de l'immédiat après-guerre, sa vitalité, son énergie, le jazz, le swing, Broadway, la pizza, la radio, ses tempêtes de neige renversantes, le base ball... Mais aussi ses phobies, le début de la guerre froide, la chasse aux sorcières, la ségrégation...

Déborah Danblon , de La Librairie La Licorne , à Bruxelles , pour « La balade des pavés », un roman de Sylvie Godefroid , publié chez Genèse Editions

Depuis qu'on lui a découvert une boule sous le sein, Lola n'arrive plus à dormir. Elle décide alors de profiter de la nuit pour parcourir la ville de Bruxelles. A travers les rencontres, elle redécouvre un désir immense de vivre.

Jérémy Laniel , de La Librairie Carcajou , à Rosemère, au Canada , pour « La médiocratie » , un essai d’Alain Deneault , publié chez LUX Editeurs

« Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l'affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l'aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune "bonne idée", la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres - il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé. Il n'y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l'incendie du Reichstag, et l'Aurore n'a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l'assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »

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