Avec Joy Sorman, James Noël et Jean-Baptiste Del Amo

Nombre de médecins qui se sont penchés sur les cas saugrenus de la famille de Ninon Moise ont échoué à les guérir, parfois même à simplement les nommer. Depuis le Moyen Âge, les filles aînées de chaque génération sont frappées, les catastrophes s’enchaînent. Ninon, dix-sept ans, dernière-née de cette lignée maudite, a droit à un beau diagnostic : allodynie tactile dynamique, trois mots brandis pour désigner ce mal mystérieux qui brûle la peau de ses bras sans laisser de traces, et sans explications.

Mais Ninon, contrairement à ses aïeules, ne se contente pas d’une formule magique, veut être soignée par la science, et entend échapper au déterminisme génétique, aux récits de sorcières qui ont bercé son enfance, pour rejoindre le temps, adulte, des expériences raisonnées. C’est une décision, celle de contrarier sa propre histoire, de s’inventer une nouvelle identité, de remonter le courant de son intuition initiale, qui lui a fait dire un 19 janvier au réveil je suis maudite comme toutes les autres.

12 janvier 2010, jour fatidique du séisme ravageur. Un survivant ténu – autoproclamé Bernard – rencontre Amore, Napolitaine œuvrant comme bénévole dans une ONG. Le coup de foudre sonne comme un regain. Pour sortir du grand chaos de la ville soliloque et disloquée, et aider Bernard à se délivrer de son effondrement, Amore, belle tigresse de Frangipane, lui propose un voyage à Rome.

À bord d’Ici-Bas Airlines, Bernard décolle, les yeux fermés. Une étrange mappemonde, entre autres belles merveilles – comme on dit l’extraordinaire dans le parler en Haïti –, se dessine dans la pensée de celui qui rêve de retourner au pays en héros…

Grâce à la détermination de ses militants, L214 nous permet de croire que la lutte contre l'exploitation animale n'est plus une utopie mais une réalité, un combat, un débat qui anime toute la société. Aujourd'hui, L214 intrigue ses sympathisants comme ses détracteurs. De multiples articles et reportages interrogent son fonctionnement, cherchent à comprendre comment un simple groupe de militants est parvenu à faire voler en éclats la loi du silence face à la souffrance animale dans les élevages et les abattoirs. Parce que L214 est avant tout une aventure humaine mais aussi l'histoire collective d'un projet associatif en perpétuel mouvement, ce livre dresse un portrait honnête et sensible de l'association.

Au fil du texte, Jean-Baptiste Del Amo nous permet de comprendre comment quelques militants déterminés ont encouragé les médias et les plus hautes instances politiques à s'engager dans le débat et comment, aujourd'hui, notre société tout entière accepte de s'interroger sur ses habitudes de consommation et son rapport avec les animaux. Car en nous obligeant à ouvrir les yeux, L214 met à mal nos certitudes et nous invite à participer ni plus ni moins à une véritable révolution copernicienne : accepter que l'être humain n'est pas au centre du monde et que les autres animaux avec lesquels nous partageons cette Terre ne devraient pas pâtir systématiquement de nos actions.

Le choix des libraires :

  • Un coup de cœur d’Annick Dor, de La Librairie de La Mazerine, à La Hulpe, en Belgique pour « La vie sauvage », un roman de Thomas Gunzig, publié aux Éditions Le Diable Vauvert : Seul rescapé d'un accident d'avion, Charles passe quinze ans dans la jungle d'Afrique centrale. Retrouvé grâce à Google, il est rapatrié en Belgique et découvre un monde urbain pollué et une famille obsédée par la consommation. Il est scolarisé avec ses cousins et observe ce nouvel univers avec curiosité, mais n'oublie pas Septembre, celle qu'il aime et qu'il a laissée en Afrique.

  • Un coup de cœur de Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse, pour « La poule et le canard », un livre-jeunesse de Léopold Chauveau, publié aux Éditions La Joie de Lire : Une poule et un canard s'échappent du panier dans lequel une vieille paysanne les emmène au marché et vivent des aventures grinçantes et cocasses. Un conte cruel, écrit par un écrivain français disparu en 1940, dont l'œuvre est encore méconnue en France.

  • Un coup de gueule de Grégoire Courtois, de La Librairie Oblique, à Auxerre, sur la rentrée littéraire chez les enseignants qui en cette période de rentrée encouragent leurs élèves à acheter leurs livres sur internet ou en grande surface.

  • Un coup de gueule de Jérémy Laniel, de La Librairie Carcajou, à Rosemère, au Canada sur la rentrée littéraire dans la presse, Les articles qui présentent la rentrée littéraire « par le menu » en oubliant de contextualiser les ouvrages ou de donner plus d’informations sur leur contenu

Programmation musicale:

  • Bernard Lavilliers - Croisières méditerranéennes - Barclay

  • Louis-Jean Cormier - Tout le monde en même temps - Simone Records

  • Fayruz - Yemken - Universal

  • Roger Raspail - Manzè René - Heavenly & Sweetness
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