Laurent Gaudé, le couple Brigitte Findakly et Lewis Trondheim, le rappeur Gaël Faye qui publie son premier roman

  • Laurent Gaudé, pour "Ecoutez nos défaites", publié aux Éditions Actes Sud.

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste... Un roman inquiet et mélancolique qui constate l'inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu'on meure pour elles.

  • Gaël Faye, pour "Petit pays", publié aux Éditions Grasset

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français… « J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années. Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n’a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste moins connue. De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au Retour à la terre, en passant par Ralph Azham, on lui doit la mise en couleurs d’une centaine d’albums dont certains ont été les plus marquants de ces dernières années.Avec ce livre à quatre mains, Lewis Trondheim délaisse ses animaux anthropomorphisés et dessine de véritables êtres humains pour raconter l’histoire de celle qui partage sa vie. Née en Irak, d’un père irakien et d’une mère française à l’orée des années 1960, le livre retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l’Irak, à une époque où, bien avant l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d’État et dictatures militaires. Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu’à l’inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles.

Le choix de nos libraires:

  • Grégoire Courtois, de La Librairie « Obliques », à Auxerre, pour « Le Doudou des bois » d’Angélique Villeneuve avec des illustrations d’Amélie Videlo, publié aux Editions Sarbacane

Georgette se promène dans les bois. Ça sent bon la terre, la pluie, les champignons. Elle installe son doudou sur un lit de feuilles. Elle admire les belles couleurs de la forêt… Mais le soir, au coucher, il lui manque soudain quelque chose : elle a oublié son doudou ! Là-bas, tout seul sous le grand noir du ciel ! Et le lendemain, de retour sur les lieux, impossible de le retrouver. Courageuse et volontaire, Georgette s’entête. Elle cherche l’odeur perdue du dodo, dans ce grand dehors. Et elle réussit : elle ramènera chez elle un petit loup gris, un vrai, bien vivant, mariant la douceur du dedans… à l’odeur du dehors.

  • Jérémy Laniel, de La Librairie « Carcajou » à Rosemère, au Canada, pour « Ma tête est forte de celle qui danse », un recueil de poésie de Martine Audet, publié aux Editions Du Noroit

Où regarder encore ? Ainsi se termine Je demande pardon à l’espèce qui brille, le deuxième tome des Grands cimetières ; par-là est venu Ma tête est forte de celle qui danse. Hantés par un je peux qui prend feu, prend froid, creuse, s’élance, se retourne et tremble, les poèmes de ce livre se veulent à la fois soulèvement d’une langue face aux craintes ou aux vœux, et mouvement qui cherche à prendre ensemble les transparences et les opacités du monde afin que tout se perde et que tout s’ouvre aux commencements. Les poèmes sont accompagnés de dessins originaux d’Élise Palardy.

  • Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse, pour « Hiver à Sokchoé », un roman d’Elisa Dusapin, publié aux Editions Zoé

À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes. Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

  • Annick Dor, de La Librairie La Mazerine, à La Hulpe, en Belgique, pour « La Cause des vaches », un essai de Christian Laborde, publié aux Editions du Rocher

Une réflexion sur la condition des vaches dans les exploitations modernes et sur le sort réservé aux animaux. Dans ce pamphlet, l'auteur conteste le projet d'une ferme-usine qui devait accueillir un nombre important de bêtes.

Écrit à l'encre de la colère, riche de souvenirs qui sont autant de munitions, ce livre défend les vaches et, avec elles, une civilisation menacée par la barbarie qui s'installe.

La programmation musicale:

  • La Maison Tellier - "Beautiful again" - At(H)Ome

  • Gael Faye - "Petit pays" - 6D  Production

  • Kali - "Kreyol" - Declic Communication

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