Raphaël Haroche, Alain Berenboom et Philippe Jeammet

Un colosse, vigile dans les salles de concert, et une strip-teaseuse, au ventre couturé de cicatrices, partagent une histoire d’amour…

L’employé d’un abattoir sauve un veau de la mort et le laisse seul dans l’usine fermée pour le week-end.

À sa sortie de l'hôpital, un homme part se reposer dans le Sud avec sa vieille maman.

Trois adolescents livrés à eux-mêmes entendent un bruit inconnu qui pourrait bien être celui de la fin du monde.

Tous ces personnages prennent vie en quelques phrases, suivent leur pente et se consument.

Il suffit d’un contact, peau contre peau, d’un regard, d’une caresse, pour racheter l’humanité.

Raphaël Haroche nous décrit dans un style fin et épuré les états d’âme d’êtres malmenés.

Les questions qu’il pose au lecteur sont profondes, inattendues, parfois drôles ; elles sont toutefois traitées de telle manière que l’étrangeté ou le tragique touchent au poétique, au sensoriel.

Sa compagne l’a quitté. Son dernier roman a fait un flop. Sa petite fille, Gabrielle, lui manque cruellement. En désespoir de cause, Marcus Deschanel accepte d’écrire un Carnet de voyage sur Hong Kong. À peine arrivé dans l’ancienne colonie britannique, il se retrouve mêlé à l’assassinat d’une manucure dans une discothèque. Son passeport n’a-t-il pas été retrouvé dans le sac de la jeune femme à côté de son cadavre?

Fauché, sans papier, Marcus est pris au piège. Telle la grenouille dans le pot de lait, réussira-t-il à sortir du chaudron moite et grouillant de Hong Kong ? Et auprès de qui trouver de l’aide : son avocat « Appelez-moi-Mike » ? Le commissaire Teng prêt à le jeter en prison ? Pedro, le plombier-bistrotier ? Ou l’énigmatique Patricia qui entraîne Marcus dans un étrange jeu de séduction ?

À travers ce roman caustique, surgit une ville-État qui a le blues. Ce paradis fiscal et financier, vitrine de la mondialisation, se lézarde sous les coups de boutoir de la Chine communiste et de la révolution des parapluies.

Nous pouvons tous, à un moment ou à un autre, être submergés par nos émotions. Ces débordements, s’ils sont souvent passagers, ne sont jamais anodins : ils nous font du mal, nous coupent des autres, nous enferment. Ils peuvent aussi nous emmener loin, très loin, parfois jusqu’à la folie.

Et on en arrive à détruire ou à se détruire pour exister.

Ce que montre Philippe Jeammet dans ce livre, c’est que tout cela est réversible.

« Je suis profondément reconnaissant à tous les êtres que j’ai rencontrés dans ma vie professionnelle, adolescents et adultes, d’avoir accepté de se confier à moi et de m’avoir conduit au cœur de l’humain. Derrière les difficultés, les conduites destructrices, je pressentais le petit enfant apeuré, perdu dans ses attentes, ses aspirations et ses déceptions. En revanche, quand un lien de confiance se créait, ils basculaient vers l’ouverture et l’échange, premier pas vers la guérison.

Défiance et confiance sont les deux faces du même élan vital, de la même force qui varie en fonction de la nature et de la qualité de la rencontre.

C’est cela qu’il faut dire aux enfants : regardez la beauté du vivant. Prenez-en soin. Vous avez le pouvoir de changer le monde et de le créer à votre tour. » P. J.

Le choix des libraires:

  • Un coup de cœur d’Annick Dor de La Librairie de La Mazerine, à La Hulpe, en Belgique, pour "Paysage après la bataille", une bande-dessinée d’Éric Lambé et de Philippe de Pierpont, une Co-éditions: Actes Sud / Frémok. Cette bande-dessinée a reçu Fauve d'or du meilleur album 2017 au Festival international de la BD d'Angoulême.

En écoutant la chanson Blackbird, Fanny roule vers son ultime refuge, un camping sous la neige, où, avec l'aide de ses derniers habitants, elle essayera de régler ses soucis et de panser ses blessures.

  • Un coup de gueule de Grégoire Courtois, de La Librairie Obliques, à Auxerre, sur L'intrusion des écrans dans les librairies, principalement dans les rayons jeunesse. Par exemple, de plus en plus de livres pour enfants proposent des systèmes de réalité augmentée avec smartphones ou tablettes.

  • Un coup de gueule de Laura Sanchez, de La Librairie du Boulevard, à Genève, en Suisse, sur « Le président du monde », un livre-jeunesse de Germano Zullo et Albertine, publié aux Éditions La Joie de Lire

Le Président du Monde est un homme très occupé. Son téléphone sonne sans arrêt ; entre ses dossiers prioritaires, urgents ou confidentiels, il ne sait plus où donner de la tête. Sans parler de ses conseillers qui rêvent tous d’une promotion et qui le harcèlent sans vergogne et la presse qui pose toujours des questions indiscrètes. Mais un jour un monstre s’échappe du lac de Tout-là-haut et menace la ville. C’est la panique ! Le président ne sait plus que faire et comme à chaque fois qu’il est perdu, il appelle sa maman… qui lui conseille de ne rien faire et de venir manger son gigot avant qu’il ne soit froid. Mais le monstre n’a pas dit son dernier mot.

Une fable politico-rigolote qui plaira aussi bien aux enfants qu’aux adultes… mais pas pour les mêmes raisons. Les couleurs pétantes et les lignes généreuses d’Albertine alliées à l’humour grinçant et subtil de Germano Zullo font merveille. À mettre entre toutes les mains !

  • Un coup de gueule de Jérémy Laniel, de La Librairie Carcajou, à Rosemère, au Canada, sur « Plus folles que ça, tu meurs », un roman de Denise Bombardier, publié aux Éditions Flammarion (Europe) // Editions Edito (Québec)

Elles sont femmes, mères, amies, professionnelles accomplies, et souvent divorcées. À l’aube de la soixantaine, elles partagent la même angoisse : celle de vieillir et de perdre leur pouvoir de séduction. Chacune la combat à sa façon. Marie, l’exaltée, voit l’homme de sa vie dans chacune des aventures sans lendemain qu’elle collectionne. Jeanne, la modérée, est la reine des croisières avec ses rencontres sexuelles aussi surprenantes qu’éphémères. Claudine, la séductrice à la beauté très retouchée, use les amants à la chaîne, de préférence plus jeunes qu’elle. Pauline, la sportive contrôlante, s’habille comme une adolescente qu’elle n’est plus depuis longtemps, et Estelle, elle, préfère les femmes… Quant à Agnès, elle est une avocate aguerrie et accro au travail, préoccupée de reconquérir le cœur de sa fille et de gagner celui d’un homme.

La programmation musicale:

  • Jane Birkin - Exercice en forme de Z - Columbia

  • Raphael - Sur mon dos - en live, au studio 621

  • Achille - Nina - Le Furieux

  • Roger Raspail feat Jacob Desvarieux - Nuit douce - Heavenly Sweetness

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