Slobodan Despot pour "Le miel" , publié aux Editions Gallimard .

Le miel
Le miel © Radio France / miel

En sauvant un apiculteur déraciné, le Vieux, au bord d'une route délabrée par la guerre, Vera l'herboriste ignore qu'elle se sauve elle-même. Pour le comprendre, il lui faudra recueillir l'histoire du fils, Vesko le Teigneux, encore prisonnier de ses peurs. Le voyage épique de Vesko en voiture avec son père, à travers un pays devenu étranger, n'a été possible que par la grâce d'une substance bénéfique, un véritable viatique : le miel. «Chacun de nos geste compte», assène Vera au narrateur, venu chez elle pour soigner un mal profond. Dans le cabinet enfumé par les cigarettes et la tisane, pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, Vera lui conte cette aventure placée sous le signe du miel. L'herboriste a peut-être trouvé là le meilleur remède à ses maux, et le secret d'une sagesse...

Nina Bouraoui pour "Standard" , publié aux Editions Flammarion .

standard
standard © Radio France / standard

Bruno Kerjen avait la certitude que "le monde réel était fait d’hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l’un, l’absence de l’autre". Employé d’une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n’attendait rien de la vie. À l’occasion d’un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo,il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s’était comme protégé jusque-là d’éprouver tout sentiment, a désormais un rêve : Marlène. Portrait d’un antihéros de notre temps, d’un homme sans qualités replié sur lui-même, mû uniquement par la peur, Standard est aussi un roman tragique : un homme va chuter, inéluctablement et sous nos yeux, parce qu’il s’est décidé à aimer.

Jean-Christophe Saladin pour "Eloge de la folie: illustré par les peintres de la Renaissance du Nord" , publié aux Editions Diane de Selliers .

erasme
erasme © Radio France / erasme

Publiée à Paris en latin en 1511, l’Éloge de la Folie est une œuvre oratoire à la fois légère et profonde. La Folie personnifiée interpelle le lecteur et, sous couvert de montrer les bienfaits qu’elle prodigue à l’humanité, critique avec une ironie mordante les travers sociaux, politiques, religieux du monde. Aucune institution, aucun individu, aucun dogme n’échappent à son jugement.Aujourd’hui plus que jamais, l’Éloge de la Folie garde son ironie, sa saveur, sa pertinence. Au-delà de son humour, ce texte sans concession nous interroge sur la nature humaine, les raisons de nos agissements et la légitimité des fondements de la société. Érasme nous incite à réfléchir sur l’importance de l’humilité, de la simplicité et de la tolérance dans un monde où l’égo et les particularismes sont omniprésents.Cette édition de l’Éloge de la Folie est illustrée par près de 200 peintures, gravures et dessins. Un large panorama reflétant la richesse de la production artistique en Europe du Nord au XVe et au XVIe siècles. Portraits expressifs, paysages flamands aux milles détails, scènes mythologiques et religieuses rythment la lecture du texte d’Érasme et en éclairent le sens.

Et les chroniques des libraires :

Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi" , à Martigny, en Suisse , pour "L'abominable sac à main" , un album jeunesse d'André Bouchard , publié aux Editions Seuil Jeunesse .

L'histoire d'un sac à main glouton qui avale tout ce que son propriétaire glisse à l'intérieur : un stylo bille, un bonnet de laine, un biscuit sec, une liste de courses, et surtout les clés de la maison !

Annick Dor , à Bruxelles , pour "Voyage corsaire" , un roman de Giuseppe Santoliquido , publié chez Ker Editions .

Par une nuit sans lune, un écrivain fit un songe. Il rêva qu’il se réveillait en sursaut et, sous l’effet d’une modification physique inattendue, s’en allait rédiger les souvenirs d’un voyage auquel il n’avait jamais participé.

Un voyage au cours duquel Frédéric Verratti, alter ego de l’écrivain, rencontre de mystérieux personnages. Un metteur en scène qui, chaque année, avec l’aide d’acteurs issus de la population locale, monte invariablement la même pièce au cœur de la savane. Un chasseur qui s’apprête à affronter le grand départ. Ou encore cette ancienne militante politique que les aléas de la vie confrontent à la pérennité de ses idéaux.

Un récit en abyme où l’on entend s’égrener le temps, et dont on ressort immanquablement en questionnant notre propre identité, notre rapport à l’autre.

Grégoire Courtois , de la librairie "Obliques" , à Auxerre, pour "Du cinéma plein les yeux: affiches de façade peintes par André Azaïs" , un beau-livre de Natacha Laurent, publié aux Editions Loubatières .

Octobre 1977 : le cinéma Le Royal, situé au 49 rue d’Alsace-Lorraine, en plein centre de Toulouse, ferme définitivement ses portes. Son directeur invite la Cinémathèque de Toulouse à recueillir ce qu’elle souhaite pour enrichir sa collection. Un ensemble constitué de 184 affiches de façade peintes par André Azaïs rejoint alors les réserves de la Cinémathèque de Toulouse, devenue depuis, avec la Cinémathèque française et les Archives françaises du film du CNC, l’un des trois lieux majeurs de la mémoire du cinéma en France. Cette collection n’a pas d’équivalent en France ni, semble-t-il, en Europe. Réalisées par le même artiste durant une période relativement brève, du milieu des années 1960 au milieu des années 1970, ces affiches sont d’une dimension hors normes, en moyenne 5 m x 2 m. Elles étaient fabriquées sur mesure, conçues et peintes à la main en un seul exemplaire, puis accrochées sur la façade du Royal. Chacune est donc une œuvre unique. Souvent très colorées, spectaculaires par nécessité, ces affiches témoignent d’une pratique populaire du cinéma et dessinent un pan de l’histoire du septième art. Publié à l’occasion des cinquante ans de la Cinémathèque de Toulouse, ce livre illustre le travail qu’elle mène depuis sa fondation : conserver la mémoire du cinéma pour la valoriser par le biais de programmations, d’expositions, d’éditions. En présentant un fonds précieux et rare, en mettant à l’honneur une pratique quelque peu oubliée – les affiches peintes de grand format – et un artiste inconnu, cet ouvrage est une invitation à regarder le cinéma autrement .

Manon Trépanier , de la librairie"Alire" , à Longueil, au Québec , pour "Les pieds sales" , un poche d'Edem Awumey , publié chez Boréal Compact .

Askia erre dans les rues de Paris au volant de son taxi. Une nuit, il cueille une jeune femme, Olia, qui croit reconnaître sur son visage les traits d’un homme qu’elle a photographié autrefois. Et si c’était Sidi Ben Sylla, son père ? Ce père qui a précédé Askia dans le Nord, il y a si longtemps. Ce père à qui il rêvait toutes les nuits, enfant, et dont il voudrait tant faire la connaissance. Askia continue, même à Paris, de subir la malédiction, celle qui a toujours plané sur sa famille condamnée à l’errance. De Nioro, au Sahel, chassés par la sécheresse, par la faim, parcourant les routes sous l’œil méfiant de villageois qui ne voulaient surtout pas voir ces pieds sales s’arrêter trop longtemps. Le voyage trouvera un terme pour Askia, mais pas avant de l’avoir ramené au dépotoir des Trois-Collines, dans la ville tropicale où il s’était arrêté avec sa mère, et où il s’amusait à torturer, avec ses compagnons enfants, ces chiens qu’il n’aimait pas, surtout celui du père Lem, nommé Pontos.

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