Christian Bobin pour"La grande vie" , publié auxEditions Gallimard

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bobin © Radio France / bobin

«Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe. Marceline Desbordes-Valmore et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres.»

Rachid Boudjedra , pour "Printemps" , publié aux Editions Grasset

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rachid © Radio France / rachid

Âgée de trente ans et ancienne championne du 400 mètres haies, Teldj enseigne la littérature érotique arabe à l’université d’Alger et ne cache pas son attirance pour les femmes. Elle s’éprend passionnément d’une jeune Espagnole venue chercher du travail à Alger. Traumatisée, très jeune, par l’assassinat de sa mère par les islamistes, Teldj est fascinée par l’histoire du monde arabe sombrant dans un chaos qui la renvoie à son désarroi intime. Ce roman déroule un siècle ravagé par des guerres effroyables et jalonné par des avancées fulgurantes. Teldj passe au crible l’histoire souvent falsifiée du monde, avec chagrin et perplexité. Printemps est un roman puissant, plein de remous et de fureur, écrit dans un style poétique et âpre : un cri d’alarme et de révolte.

Et une déambulation avec François Schuiten dans l'exposition"Le Temps des Cités" , à la Bibliotheca Wittockiana , à Bruxelles, pour "L'Horloger du rêve" aux Editions Casterman.

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horloger © Radio France / horloger

Ce grand album luxueux propose un panorama complet du travail de François Schuiten : scénographie, architecture, peinture, etc. Un cahier supplémentaire de 32 pages, contenant des illustrations et une bande dessinée inédites viennent compléter cette édition collector, tirée à 500 exemplaires numérotés et signés par l’auteur.

Depuis quarante ans, François Schuiten construit une œuvre singulière et polymorphe. Elle s’est d’abord déclinée en bande dessinée, culminant avec succès dans la sérieLes Cités Obscures en compagnie de Benoît Peeters. Mais cet horloger du rêve a très vite tissé des liens avec le cinéma, les arts de la scène et la muséographie. Architecte de l’événement, intervenant dans la ville autant que dans la vie, Schuiten a réalisé d’immenses scénographies commeA planet of visions à l’Exposition Universelle d’Hanovre (cinq millions de visiteurs en 2000), du design urbain (la station de métro des Arts et Métiers à Paris, la Dentelle Stellaire à Lille), de la conception de décors et de costumes pour l’opéra comme pour le cinéma, ou encore l’aménagement de lieux prestigieux (la Maison Autrique et le futur Train World à Bruxelles, la Maison Jules Verne à Amiens). Quant aux projets qui sont restés des utopies de papier, ce livre les révèle dans toute leur ampleur…

Et les chroniques des libraires:

Manon Trépanier, de la librairie "Alire" , à Longueil, au Québec , pour"Le baiser mauve de Vava" , un album jeunesse de Dany Laferrière et Frédéric Normmandin , publié aux Editions La Bagnole.

Dans le petit village de Petit-Goâve, plus rien n'est pareil. Des soldats ont envahi les rues.On parle à mots couverts. Les nuits sont agitées. Mais surtout, surtout, Vava est malade,et c'est de cela que Vieux Os est inquiet. Il ne manque ni d'amour, ni de courage. Il ne quittera pas le village avant d'avoir donné et reçu ce baiser si puissant qui peut venir à bout de la violence, de la peur, et de la maladie. Ce baiser, il est mauve.

Cécile Besson , de la librairie"L'étage" , à Yverdon-les-Bains, en Suisse , pour "Mr Stark" , un poche dePierre Girard , publié auxEditions L'Arbre Vengeur.

M. Stark, à la tête d’une usine de cigarettes américaines, est l’auteur d’un chef-d’œuvre de règlement qui interdit « les amours des directeurs d’usine avec les jeunes filles ». Or, un beau jour, pour remplacer son secrétaire, c’est une charmante blonde, Séphora, qui vient s’installer derrière son bureau… Dès qu’elle apparaît, la mécanique du rigide homme d’affaire s’emballe et, dans une métamorphose à la Kafka, le voici peu à peu entraîné par ses démons les plus insoupçonnés.

Avec une tendresse, un humour et un érotisme diffus, Pierre Girard nous attire une fois encore dans son étrange univers littéraire. Celui-ci lui vaut l’admiration inconditionnelle de ceux qui le considèrent comme l’un des plus beaux écrivains méconnus du XXe siècle.

Déborah Damblon , de la librairie "la Licorne" , à Bruxelles , pour "Magritte" , une biographie de Michel Draguet , publié aux Editions Folio Biographie.

En dehors de quelques brouilles passagères, René Magritte (1898-1967) resta toute sa vie celui dont Breton écrivait que le surréalisme lui devait «une de ses premières et dernières dimensions». Rejetant les procédés d'écriture automatique, Magritte emprunte les éléments de son vocabulaire pictural au quotidien. Abordant la peinture «dans l'esprit des leçons de choses», il fait subir aux espaces et aux objets une infinité de modifications. Il fragmente l'échelle onirique, invente des territoires nouveaux, transforme des espaces connus, pratique une utilisation incongrue des titres : Ceci continue à ne pas être une pipe , Le Salon au fond d'un lac , La Philosophie dans le boudoir . En un mot, il ajoute, avec humour, de nouvelles dimensions au malaise humain : «Je peins l'au-delà, mort ou vivant. L'au-delà de mes idées par des images.»

Grégoire Courtois , de la librairie "Obliques" , à Auxerre , pour "L'égaré de Lisbonne" , un roman de Bruno d'Halluin, publié aux Editions Gaia.

  1. Deux ans après l’ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama, l’armada de treize nefs et caravelles commandée par Pedro Álvares Cabral s’engage elle aussi en direction du cap de Bonne-Espérance. João Faras, médecin et chirurgien du roi de Portugal, cosmographe, est embarqué dans l’aventure. Il est amené à dessiner le contour de côtes jusqu’alors jamais observées, espérant ainsi contribuer à l’enrichissement du très convoité Padrão Real, la carte du monde royale et secrète. Envoûté ou effrayé par les peuples rencontrés, malmené par la tempête, la maladie et la faim, il se languit de sa famille et doute de jamais revoir Lisbonne, porte sur la mer océane. En ces temps de grandes découvertes, João erre entre le Moyen Âge et la Renaissance, le judaïsme et le christianisme, entre la terre et la mer, l’Ancien et le Nouveau Monde.
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