Philippe Delerm , pour "Les eaux troubles du mijito: et autres bellles raisons d'habiter sur Terre" , publié aux Editions du Seuil

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delerm © Radio France

Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire. Goûter aux plaisirs ambigus du mojito, se faire surprendre par une averse et aimer ça, contempler un enfant qui apprend à lire en bougeant imperceptiblement les lèvres, prolonger un après-midi sur la plage... « Est-ce qu’on est plus heureux ? Oui, sûrement, peut-être. On a le temps de se poser la question. Sisyphe arrête de rouler sa pierre. Et puis on a le temps de la dissiper, comme ce petit nuage qui cachait le soleil et va finir par s’effacer, on aura encore une belle soirée. »

Monique Proulx , pour"Ce qu'il reste de moi" , publié aux Editions Boréal

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proulx © Radio France

Qu’ont en commun l’hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l’artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l’appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c’est là leur plus grande richesse – bien davantage que le gaz de schiste. Vingt ans après son recueil de nouvelles Les Aurores montréales, Monique Proulx donne ici le grand roman de la métropole. Remontant aux origines mêmes de la ville, elle décrit le rêve insensé qui lui a donné naissance. Elle montre comment la vision incroyablement audacieuse des fondateurs perdure dans le concentré d’humanité que Montréal est devenue aujourd’hui.

Christophe Malavoy , pour "La cavale du Dr Destouches" , publié aux Editions Futuropolis

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malavoy © Radio France

1944, Montmartre ploie sous les bombardements de la RAF. Le vent tourne pour les allemands et les collaborateurs. Le docteur Destouches, plus connu sous son nom de plume, Louis-Ferdinand Céline, muni de faux-papiers, quitte la France en compagnie de Lucette son épouse et Bébert le chat. Direction l'hôtel Brenner à Baden-Baden, où il retrouve Robert Le Vigan, comédien et collabo, qui vient de quitter le tournage des Enfants du paradis. Ensemble, traversant une Allemagne en ruine, ils se rendent à Sigmaringen, rejoindre le gouvernement en exil de la France Vichyste. Cerné par des personnages hauts en couleur, pitoyables, voire caricaturaux, le drame tourne à la farce burlesque. De cet épisode historique authentique, Céline a tiré une oeuvre incontournable, D'un château l'autre, Nord et Rigodon. Il fallait un sacré culot pour oser s'y attaquer. Après avoir tenté d'en faire un long métrage animé, Christophe Malavoy et Paul & Gaëtan Brizzi se sont lancés ici avec maestria dans leur première bande dessinée.

et le choix des libraires:

Annick Dor, de la Librairie de La Mazerine , à La Hulpe, en Belgique , pour « Palestine »un poche d’Hubert Haddad publié aux Editions

Au cours d’une embuscade en Cisjordanie, Cham, soldat israélien, est gravement blessé. Sous le choc, il perd tout repère et en oublie son nom. Deux Palestiniennes, Falastìn et Asmahane, lui sauvent la vie. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Avec Palestine , Hubert Haddad nous livre un saisissant plaidoyer pour la paix et la tolérance. (Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008. Prix Renaudot Poche 2009.

Florence Bourdin, de la Librairie Mot de passe, à Neuchâtel, en Suisse , pour « Le piège Daech : l'Etat islamique ou Le retour de l'histoire » __ un essai de Pierre-Jean Luizard publié aux Editions La Découverte

Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa volonté de construire un État le distingue nettement d’Al-Qaïda. Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, essaie de comprendre les succès de l’État islamique, dans le contexte de déliquescence des États de la région, notamment l’Irak et la Syrie. Il met au jour des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Europe dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient. Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui tombés dans le « piège Daech ».

Jérémy Laniel de la Librairie « Carcajou », à Rosemère, au Canada, pour «Ping Pong », une BD de Zviane, publiée aux Editions : Editions Pow Pow

Ping-pong , des arts… C’est comme une espèce d’essai, y a vraiment vraiment beaucoup de texte ». C’est aussi un projet que Zviane a d’abord publié en ligne avant d’en faire un fanzine autoédité dont les 500 exemplaires se sont écoulés vraiment vraiment vite. Ce que vous tenez entre vos mains fébriles, c’est la version augmentée et, surtout, commentée de Ping-pong . Ça veut dire que c’est plus qu’un livre. C’est un espace commun de réflexion où tout le monde se renvoie la balle. Des nombreux auteurs québécois ont bien voulu se prêter au jeu : Réal Godbout, Jean-Paul Eid, Jimmy Beaulieu, Pascal Girard, Julie Delporte, Cathon, Richard Suicide, Yves Pelletier, Francis Desharnais, Pierre Bouchard, Luc Bossé, Alexandre Fontaine Rousseau, Guillaume Pelletier, Saturnome, Antonin Buisson et Maître Niko. Cette distribution comprend de plus quelques auteurs européens de renom : Lewis Trondheim, Brigitte Findakly et Boulet.

Binta Tini de la Librairie « La farandole des livres », à Niamey, au Niger , pour « Le Péril », un roman de Pélagie Nabolé , publié auxEditions Cryspad

Mira était une jeune adolescente à qui l’école ou la télé était plus proche que ses deux parents, toujours absents. Les seules fois où ils étaient présents, c’était pour lui signifier des interdits qu’elle ne comprenait pas toujours. Ses seuls souvenirs de tendresse et d’affection, c’est sa grand-mère qui les a gravés dans sa mémoire. Ses géniteurs ne lui donnèrent aucun repère auquel s’accrocher pour éviter de sombrer dans le gouffre où l’a propulsée un jeune homme.

Cette œuvre engagée dénonce les maux qui menacent la société et prône la solidarité.__

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