Laurence Cossé , pour "La grande Arche" , publié aux Editions Gallimard

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cossé © Radio France

Il existe à travers le monde une légende presque universelle, selon laquelle on ne peut pas construire un monument si un être humain n'est pas sacrifié. Sinon, le bâtiment s’écroule, et s’écroule toutes les fois qu’on essaye de le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu’un de vivant dans les fondations. On recense plus de sept cents versions de cette histoire. Celle de la Grande Arche de la Défense est la plus récente. Ce récit brosse l’épopée de la construction d’un des monuments les plus connus de Paris, dont on ignore qu’il fut l’enjeu de luttes politiques au couteau sous le règne de François Mitterrand. C’est surtout le portrait et l’histoire de son créateur, Johan Otto von Spreckelsen, un architecte danois très secret, professeur aux Beaux-Arts de Copenhague. Lauréat d’un prestigieux concours international en 1983, fêté pour son projet à son arrivée à Paris, cet homme du Nord découvre avec stupéfaction la désinvolture et les revirements à la française. L’affaire finit tragiquement pour lui, alors que se construit ce portique de marbre qui paraît la sérénité même. Dans ce roman puissant, Laurence Cossé conjugue l’art de la narration romanesque et la précision d’une longue enquête pour évoquer un destin d’architecte parmi les plus beaux et les plus paradoxaux, les plus absolus et les plus violents du XXe siècle.

Biz , pour "Naufrage" , publié aux Editions Leméac

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biz © Radio France

Frédérick forme un couple heureux avec Marieke. Ensemble, ils ont un fils, Nestor, qui fait leur joie. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Fred, analyste au module Analyse et statistique du ministère des Structures, n’avait pas soudain été muté aux Archives, ce qui équivaut, il le constate rapidement, à un tablettage en règle… Comment peut-on accomplir quoi que ce soit aux Archives, où personne ne semble travailler, sans avoir un code pour utiliser son ordinateur ? Comment peut-on rester sain d’esprit dans ces méandres bureaucratiques qui nient la valeur de l’individu ? Comment demeurer équilibré quand le tapis se dérobe sous vos pieds ? Pendant quelque temps, Fred tente de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Être payé à se tourner les pouces durant huit heures, est-ce un si terrible sort ? C’est un des vices de notre lâcheté collective que de nous pousser à tolérer une telle situation… Pourquoi donc ne pas en profiter ? Mais l’homme est cultivé, opiniâtre. Il porte un grand intérêt à l’histoire et à la politique. Il a une passion pour le social, et sa vie de mari et de père ne prend son véritable sens que conjuguée à un rôle actif dans la société. Alors tout en lui proteste… Il sent que sa seule planche de salut serait de se faire le chevalier d’une efficacité renouvelée, d’un nouvel ordre bureaucratique. Un matin, ivre de cette possibilité, il part reconduire son fils à la garderie et s’imagine déjà devenir justicier, espionner, documenter l’incroyable incurie qui règne aux Archives. Et puis il y a les animateurs de Radio X qui alimentent sa rage en pourfendant le laisser-faire, la paresse des fonctionnaires, l’ineptie gouvernementale. Lui, Frédérick, à défaut de travailler, pourrait se rendre utile en dénonçant une situation qu’il connaît bien ! Et il l’aurait fait ce jour-là, tout entier préoccupé qu’il était à planifier sa sortie publique, si seulement n’était pas survenu le naufrage annoncé… Dès lors, tout se détricote. C’est la chute, c’est l’horreur au quotidien. Ce sont les pages de la douleur, précises, chirurgicales. Avec sa verve habituelle, Biz nous donne une gifle et une leçon de compassion.

Marie Nimier , pour "La violence des potiches" , publié aux Editions Actes Sud-papiers et...

Marie Nimier
Marie Nimier © Radio France

Elles parlent toutes de leur corps – c’est-à-dire à partir de leur corps, et à propos de leur corps. Et parfois, du corps des autres, passants, clients, amants, fils, maris… Corps aimés, corps silencieux, immobiles, heureux, morts, attendris, étrangers, exultant. Épluchant des oignons, repassant des chemises, assis au volant d’un taxi ou sur un tabouret de bar.

... "La plage" , un roman publié aux Editions Gallimard

plage
plage © Radio France / Gallimard

Une jeune femme sans nom arrive sur une île, en été. Elle traverse en autobus un paysage aride jusqu'à une plage où elle est déjà venue avec un ami. Elle se souvient d'une grotte où ils se sont aimés. Il n'y a personne sur la plage, pas un souffle de vent. La taverne est fermée. Elle se baigne nue.

Est-elle aussi seule qu'elle le croit? En quittant la plage quelques jours plus tard, elle ne sera plus la même. Jamais plus.

Guillaume Durand parle de François Mitterrand après sa lecture d'un extrait de "La Grande Arche " dans le "Son du Monde" de la semaine.

http://www.franceinter.fr/player/export-inline?content=1237561

Et les choix des libraires:

Déborah Danblon , de La Librairie La Licorne , à Bruxelles , pour « Dictionnaire amoureux de la Belgique » , un essai de Jean-Baptiste Baronian , publié aux Editions PLON

La Belgique en 250 entrées, soit autant de déclinaisons très sentimentales d'un pays souverainement sans pareil.

Célèbres et adulés, moins connus et même oubliés, en pleine lumière ou discrètement restés dans l'ombre, les voilà ces Belges qui rendent amoureux de la Belgique. Laissez-vous séduire par le vagabondage de Jean-Baptiste Baronian, il vous emmènera d'un peintre à un paysage, d'un écrivain à une ville, d'une salle de concert à une épopée sportive, d'une étape gastronomique à un musée, d'une loufoquerie à un émerveillement. Il est érudit, passionné, sentimental, et nous raconte sa Belgique, en nous conviant à un défilé très subjectif, carnavalesque et joyeux, d'hommes et de femmes qui font la particularité et la fierté de ce peuple. De René Magritte à Georges Simenon, de Jacques Brel à Simon Leys, de Hergé à Eddy Merckx... c'est festif, truculent, bouleversant, inattendu et surréaliste, mais c'est surtout belge.

Laura Sanchez , de La Librairie du Boulevard , à Genève , pour « En attendant Bojangles » , un roman d’Olivier Bourdeaut , publié aux Editions Finitude

Un petit garçon assiste à l'amour fou qui unit ses parents, un couple fantasque. Mais un jour, les excentricités de sa mère commencent à dépasser les limites de la raison. Son père décide de l'envoyer dans une clinique psychiatrique avant de revenir sur sa décision et de la kidnapper pour la cacher et la protéger. Premier roman.

Grégoire Courtois , de La Librairie Obliques , à Auxerre , pour « Le fils de l'ombre et de l'oiseau », un album jeunesse d’Alex Cousseau , publié aux Editions du Rouergue

Alors qu’ils s’apprêtent à tuer le célèbre bandit Butch Cassidy, deux frères racontent, au cours d’une nuit, l’histoire de leurs ancêtres. Leur récit nous entraîne dans toute l’Amérique latine au cours du XIXe siècle, à la rencontre d’aventuriers, d’inventeurs et de révolutionnaires, dans un mélange d’histoires vraies, de légendes et de rêves. Dans le fil de son précédent roman, Les trois vies d’Antoine Anarcharsis , Alex Cousseau nous donne à nouveau un grand roman d’aventures plein de magie et de poésie.

Jérémy Laniel , de La Librairie Carcajou , à Rosemère, au Canada , pour « Vivre à Poet's corner » , un recueil de Marcel Labine , publié aux Editons Herbes rouges

Le lieu-dit Poets’ Corner a été le témoin de plusieurs périodes de dépeuplement. Depuis ses origines incertaines jusqu’à la disparition inexpliquée de sa population, il ne subsiste de lui que diverses observations des quelques métamorphoses qu’il a subies. Elles ont été réalisées à des époques plus ou moins lointaines et colligées de façon anonyme.

On rapporte qu’y vivre demandait de s’« abandonner à l’énergie que le poème peut déployer au risque de s’y perdre un peu plus à chaque pas accompli dans la vitesse du temps qui passe ».

Jusqu’à présent, rien ni personne n’a pu confirmer qu’il en était bel et bien ainsi.

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