ça m'agace
ça m'agace © Radio France / jean-louis fournier

Le goût de vivre est une chose fragile. Un rien peut vous le faire passer. Il suffit d’une bestiole d’un centimètre qui doit peser un gramme, un moustique en l’occurrence, pour transformer une nuit en cauchemar. Mais ce n’est pas tout. Il y a le serveur vocal qui fait semblant de ne pas vous comprendre et n’a jamais un mot gentil ; le désespéré qui choisit de se faire déchiqueter par votre TGV et vous fait louper votre entretien d’embauche ; les campagnes de dépistage qui vous rappellent avec délicatesse que vous êtes biodégradable ; les routiers qui essaient de se doubler sur l’autoroute ; le palmarès des hôpitaux qui révèle que l’hôpital où vous allez vous faire opérer de la hanche a obtenu la plus mauvaise note ; les pigeons qui chient partout ; les imprimeurs qui impriment en tout petit ; les exclusions de votre contrat d’assurance ; les mites qui attaquent de préférence l’endroit le plus visible de votre pull en cachemire ; les ouvre-boîtes intégrés qui font gicler sur votre pantalon l’huile de vos sardines, et beaucoup d’autres choses dont l’auteur vous réserve la mauvaise surprise.Ça m’agace aurait pu n’être qu’un billet d’humeur. Bien pire, c’est un livre de mauvaise humeur. Parce que, tout ça, Fournier, ça l’agace. Prix Femina 2008 pour Où on va papa ?, Jean-Louis Fournier est l’auteur de nombreux livres à succès dont Grammaire française et impertinente, Mouchons nos morveux, Mon Dernier Cheveu noir et Veuf. Il est également l’auteur et interprète des adaptations de deux d’entre eux au théâtre du Rond-Point en 2012.

Nouvelles d'ados
Nouvelles d'ados © Radio France / Eric Orsenna

Entre fantaisie et réalité, humour et mélancolie, ces huit nouvelles vous entraîneront là où vous n'avez jamais été. Ici, les transplantations cardiaques vous métamorphosent sans retour, les bébés discutent de l'au-delà, les chevaux de terre cuite prennent subitement la parole, les petites filles noient leur mélancolie dans la mer... Il arrive même que le monde soit déserté par les couleurs. Au coeur d'une cité où règne la solidarité, dans la peau d'une jumelle en deuil de son frère, ou encore a Berlin avant la chute du Mur, laissez-vous emporter ! Les auteurs de ce recueil ont entre 14 et 17 ans. Qu'ils écrivent en écoutant en boucle Revolver ou Schubert, qu'ils s'inspirent de Lewis Carroll ou de Maurice Carême, leurs nouvelles nous offrent un regard neuf sur le monde, un aperçu des préoccupations et des rêves de leur génération.

délices d'afrique
délices d'afrique © Radio France / marguerite abouet

La cuisine ivoirienne a en partage de nombreux plats avec ses pays frontaliers et bénéficie également des recettes issues de tous les groupes ethniques qui composent le pays. Et en Côte-d’Ivoire, comme partout en Afrique, toutes les occasions – naissance, baptême, mariage, divorce, funérailles, promotion... – sont bonnes pour bien manger et se réunir. Si chaque grand évènement de la vie appelle un plat particulier, il est des circontances moins importantes où les bienfaits d’une cuisine appropriée sont fortement appréciés : comment dessaouler un mari, le rendre fidèle ou rendre amoureux l’élu de ses rêves ? Car la cuisine est ici, et avant tout une histoire de femmes, comme le rappellent les truculents petits commentaires et délicieuses anecdotes distillés par Marguerite Abouet tout au long de ce livre de cuisine pas comme les autres. De quoi mettre un peu de piment (c’est parfois vraiment le cas !) dans la cuisine du quotidien.

Et la chronique des libraires:

  • Matthieu Colombe de la librairie "Goulard", à Aix en Provence , pour "Les derniers jours de Smokey Nelson" , de Catherine Mavrikakis, publié chez Sabine Wespieser Editeur.

Dans ce grand livre choral, quatre voix alternent pour évoquer celui dont l’exécution est prévue le 15 août 2008 au pénitencier de Charlestown. Sydney Blanchard est noir comme Smokey Nelson. Des années auparavant, il a été arrêté par erreur et a purgé une peine de prison avant que le vrai coupable soit identifié : sa longue imprécation commence à Seattle, sur la tombe de Jimi Hendrix. Pearl Watanabe a découvert la scène du crime dans le motel des environs d’Atlanta où elle travaillait alors. Elle est repartie vivre à Honolulu après le drame. En vacances chez sa fille alors que tous les médias ne parlent que de l’imminence de l’exécution, elle est rattrapée par le cauchemar qui la hante depuis un clair matin d’octobre 1989. Ray Ryan, lui, se prépare à quitter son domaine des montagnes de Géorgie pour aller assister à la mort programmée. Il écoute la voix de Dieu, qui dans un prêche ininterrompu l’enjoint à trouver l’apaisement dans la vengeance : c’est sa fille qui a été assassinée avec son mari et ses deux enfants. Auteur du quadruple meurtre, Smokey Nelson voit se dérouler ses toutes dernières heures avant l’injection mortelle. Depuis près de vingt ans, ces quatre figures d’une Amérique en perdition sont hantées par le même et abominable souvenir. Sans cesse ramenées à leur passé, elles deviennent comme autant d’incarnations d’une société abandonnée à elle-même que Catherine Mavrikakis scrute avec une formidable acuité.

  • Déborah Damblon , de la librairie "La Licorne", à Bruxelles , pour "Wattana, un orang-outan à Paris" , de Chris Herzfeld, publié aux Editions Payot. .

Des orangs-outans vivent au milieu de Paris. Wattana est arrivée à l'âge de trois ans à la Ménagerie du Jardin des Plantes, un des plus anciens zoos du monde. Son histoire est ainsi liée à celle de la Ménagerie, esquissée dans ce récit. Wattana s'inscrit dans la série des innombrables orangs-outans qui, depuis le XIXe siècle, sont entrés dans les parcs zoologiques où les visiteurs se pressent d'aller les voir, alors qu'ils ignorent souvent tout de leur existence. Avec Wattana, le lecteur entrera dans le monde des primates captifs de la Ménagerie et sera témoin de comportements étonnants : Nénette nettoie les vitres de son enclos avec un chiffon, Teak se déplace en position bipède, Wattana fait des noeuds et tous ont l'habitude de prendre le thé à 17 heures.

  • Laura Sanchez de la librairie du Boulevard, à Genève, en Suisse , pour "L'année où j'ai appris l'anglais" de Jean-François Duval , aux Editions Zoé Poche.

Roman d'apprentissage dans l'Angleterre des sixties. Chris se souvient avec émotion et nostalgie des mois passés à Cambridge pour apprendre l'anglais en 1968 alors qu'il avait 18 ans. Son amour de la musique lui avait fait rencontrer un groupe d'amis et Maybelene. Après avoir survécu à un accident de voiture en Ecosse, Chris avait ressenti la nécessité de profiter de chaque instant.

  • Manon Trépanier , de la librairie A Lire, à Longueil, au Québec , pour "Jeanne et le Père Noël" de Danielle Marcotte , oublié aux Editions 400 coups.

Jeanne est une petite fille espiègle qui fait des mauvais coups même lorsqu'elle ne le souhaite pas. À chaque fois qu'elle veut bien faire, ça tourne à la catastrophe. Elle est une vraie calamitée. Alors que toute sa famille se prépare à aller rencontrer le père Noël au grand magasin, Jeanne se remémore toutes ses bonnes actions qui ont mal tournées. Ouf! Il y en a beaucoup! En espérant que le père Noël ne l'ait pas rayé de sa liste à tout jamais.

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