Sylvain Tesson , pour "S'abandonner à vivre" , publié auxEditions Gallimard .

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tesson © Radio France / tesson

Devant les coups du sort il n'y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l'on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s'abandonne à vivre. C'est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.

Catherine Leroux, pour "Le mur mitoyen", publié auxEditions Alto .

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leroux © Radio France

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s’adresse quand elle ne parle à personne. En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s’évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d’un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau. Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu’elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas. Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d’une voie ferrée. Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Un entretien avec Christophe Donner , autour de son ouvrage "Ready Cash" , publié aux Editions Actes Sud , dans les écuries de l'Hippodrome de Vincennes, lors du Grand Prix de France, avec la participation de Philippe Allaire, propriétaire de Ready Cash et Thierry Duvaldestin, entraineur.

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cash © Radio France

Les chevaux de courses ne sont rien sans les hommes qui les font naître, les entraînent, ceux qui ont rêvé de leur gloire. Le propriétaire et entraîneur de Ready Cash s'appelle Philippe Allaire. C'est le fils de Pierre Allaire qui fut le propriétaire et entraîneur d'Une de Mai, célébrité du trotting mondial, que j'allais voir courir à Vincennes, il y a quarante ans. Entre Une de Mai et Ready Cash, quarante années de victoires, de défaites, de fortunes et de faillites, quarante années de trahisons, de bagarres, de drames. Cracks perdus, volés, estropiés, scandales de dopage et de courses truquées, il suffit de rater une marche pour passer en quelques heures du podium à la prison. Aujourd'hui, je ne peux pas regarder courir Ready Cash sans penser à la famille Allaire dont il est à la fois le flambeau et la revanche. Après l'avoir vu remporter deux Prix d'Amérique, en 2011 et 2012, et se faire battre en 2013, j'attends avec tous ses fans qu'il reprenne sa couronne cette année. Ce livre étant, comme tous les autres, un pari.

Et les chroniques des libraires:

Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi" , à Martigny, en Suisse , pour "La maison atlantique" , un beau livre de Philippe Besson , publié aux Editions Julliard .

Un père et son fils, que tout sépare, séjournent dans leur maison familiale au bord de l'Atlantique. Un huis clos étouffant dans la torpeur d'un été durant lequel les contentieux oubliés et les chagrins inconsolés refont surface. Le jeune homme passe d'une hostilité sourde à une haine pure et dangereuse envers son père.

Dans le registre implacable de la tragédie, Philippe Besson revisite la règle des trois unités : de lieu, de temps et d'action. Racontant la façon, à la fois désinvolte et rageuse, dont un jeune homme passe imperceptiblement de l'hostilité sourde à la haine pure et dangereuse envers son père, il nous offre un roman tout en nuances et en violence contenue

Annick Dor , à Bruxelles , pour "La Déesse des petites victoires" , un Poche de Yannick Grannec , publié chez Pocket .

  1. Deux ans après la mort de Kurt Gödel, l'un des plus grands mathématiciens du siècle, ses archives dorment encore dans des cartons. Mandatée par l'université de Princeton pour les récupérer, une jeune documentaliste se voit contrainte de charmer sa veuve, femme acariâtre à présent recluse. Anna Roth comprend vite que, pour gagner sa confiance, il lui faut écouter ce que personne n'a jamais voulu entendre. De la Vienne des années folles à l'Amérique maccarthyste, Adèle Gödel lui narre peu à peu une histoire d'amour jalonnée de petites victoires – sur les préjugés, l'horreur nazie, la folie inhérente au génie... Une passion absolue avec laquelle il a fallu vivre. Cet ouvrage a reçu le Prix des libraires 2013

Manon Trépanier , de la librairie "Alire" , à Longueuil, au Québec , pour "Qui est Hélène Pedneault? Fragments d'une femme entière" , une enquête menée par Sylvie Dupont avec 68 témoins, publié aux Editions REMUE-MENAGE

Écrivaine, journaliste et chroniqueuse délinquante, elle a aussi été agente d’artistes, parolière, dramaturge, humoriste et metteure en scène, féministe, indépendantiste et écologiste, libre penseuse et indignée bien avant le mouvement des Indignés. Mais qui était cette géante ? Cinq ans après sa mort, 68 témoins racontent «leur» Hélène Pedneault en entrevue ou autrement : récits, lettres, chansons, fictions, BD, allocutions, etc. Une enquête prenante, où l’héroïne nous est révélée peu à peu, comme dans le meilleur des thrillers.

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" , à Aix-en-Provence , pour "Moby Dick - Tome 1" , une bande dessinée de Christophe Chabouté , adapté du roman d'Herman Melville, publié aux Editions Vents d'Ouest .

Des campagnes de pêche de plus de trois ans, les dangers de l'océan, la chasse elle-même où, armés de simples lances et harpons à bord de légères chaloupes, les marins s'exposent aux réactions redoutables et aux assauts furieux de cachalots de plus de soixante tonnes. En plus de la chasse, le travail harassant de remorquage, de dépeçage et de fonte du lard afin d'en extraire la précieuse huile ; souvent trois jours d'efforts continus sans le moindre repos... Les conditions de vie extrêmes de ces hommes, les dangers quotidiens où les matelots exorcisent leur peur en la muant en rage à l'encontre des cétacés qu'ils massacrent. Rage sournoisement attisée par cette folie de vengeance aveugle et obsessionnelle du capitaine Achab envers Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé.

Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine. Une adaptation magistrale, fidèle au récit original et à l'esprit d’Herman Melville, reflétant la frontière étroite entre l'acharnement et la folie, baignant dans le sang, l'huile et la sueur d'un navire baleinier de la fin du XIXe siècle.

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