Geneviève damas , pour "Benny, Samy, Lulu et autres nouvelles"" , publié aux Editions Wilquin

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damas © Radio France / damas

Douze nouvelles, douze trajectoires de vie, douze moments où des êtres atteignent leur point de rupture. L’occasion de regarder les choses en face et, pourquoi pas, de prendre une trajectoire inexplorée, d’affronter ce qui fait peur, de larguer les amarres. Élisabeth quitte précipitamment une réunion de famille pour aller acheter du wasabi, ‘Ma trottine le long d’une grand-route avec Benny, Jonas est sous l’emprise de son chat, Alice choisit d’enfoncer ses talons aiguilles dans la neige, Samy cherche quelqu’un à qui parler, un jeune professeur de français défend un projet théâtre face à un conseil de classe… Tour à tour, ces personnages prennent la parole, à leur manière, l’occasion de murmurer une vérité qui jamais n’a été dite. Par l’auteur de Si tu passes la rivière, Prix Rossel 2011 et Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2012

Hubert Haddad pour "Théorie de la vilaine petite fille" , publié auxEditions Zulma

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haddad © Radio France

« Mister Splitfoot, si tu y es, frappe deux fois ! » Qui se souvient de l’incroyable destin des sœurs Fox, ces deux fillettes de l’Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ? Kate, d’abord, sorte d’elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite sœur, et enfin Leah, de vingt ans leur aînée, qui, avec l’aide d’hommes d’affaires de Rochester et de financiers de Wall Street, rêve de fonder un empire à partir de ce nouveau jeu de société un rien macabre…

AvecThéorie de la vilaine petite fille , Hubert Haddad revisite magistralement, dans un style ample et endiablé, un demi-siècle de la folle Amérique, celle du libéralisme naissant, des sectarismes et de toutes les utopies. Il nous offre un roman facétieux, jubilatoire, émouvant, dont on ressort étourdi et joyeux comme d’une baraque de train-fantôme, avec en tête la ritournelle d’un negro spiritual ou d’un vieux folksong .

Et la deuxième partie de l'entretien avec Philippe Druillet , dans son atelier pour "Delirium " , publié aux Editions Les Arènes.

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Druillet © Radio France

Philippe Druillet a attendu soixante-dix ans pour faire face à son histoire et délivrer ses Mémoires hurlantes. Enfant, pour fuir son milieu familial, il s’inventait des mondes futuristes. Il est le génial créateur de la série de BD de science-fiction Lone Sloane.

Delirium raconte cette famille qui le hante, la jeunesse et les amours d’un artiste sous les toits de Paris, les temps héroïques de la BD et de Pilote, sous le patronage fidèle de René Goscinny. Un récit biographique écrit à l’eau-forte, dans lequel on découvre une personnalité exceptionnelle, généreuse et sans concession.

Pour réécouter la première partie de l’entretien avec Philippe Druillet lors de son passage dans les studios de la Librairie Francophone , c’est ici :

Et les chroniques des libraires:

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" à Aix-en-Provence , pour "L'une l'envers" , une bande dessinée de Blutch , publié aux Editions Dargaud.

Lune l'envers, un one shot signé Blutch, raconte l'histoire de Lantz, auteur à succès en manque d'idées, qui se laisse envahir par le doute... Lantz est dessinateur de BD ; c'est lui qui a imaginé Le Nouveau Nouveau Testament, best-seller dont dépend l'économie entière. En panne d'inspiration, il est brutalement débarqué de sa série. Rongé par le doute, il ne sait plus ce qu'il veut, et ses nombreuses frustrations le rendent misérable. Vie de bureau, usine, pressions en tout genre – de la hiérarchie, des femmes, des responsabilités que l'on s'impose... Lantz nous renvoie à notre quotidien. Réussira-t-il à trouver une voie de sortie honorable?

Lune l'envers est une histoire complète ; un récit de science fantasmatique et une comédie qui évoque le poids des doutes et des responsabilités au quotidien...

Annick Dor , à Bruxelles , pour "Fleur de Tonnerre" , un livre de Poche de Jean Teulé , publié auxEditions Julliard

C'était au temps ou l'esprit des Lumières et le catéchisme n'avaient pas soumis l'imaginaire populaire aux lois de la raison et du Dieu unique. Partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents fous de l'Atlantique, couraient les légendes les plus extravagantes. Le soir, au creux des fermes, on évoquait inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu'on savait responsables de la misère et des maux qui frappaient sans relâche. De tous, l'Ankou, l'ouvrier de la mort, était le plus craint, et c'est cette terrible image qui frappa avec une violence inouïe l'esprit de la petite Hélène Jégado. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, l'enfant minuscule se persuada qu'elle était l'incarnation de l'Ankou.

Elle devait donc tuer tous ceux qui se trouveraient sur sa route et remplit sa mission avec une détermination et un sang-froid qui glacent le sang. Après avoir empoisonné sa propre mère qui l'avait surnommée « Fleur de tonnerre », elle sillonna la Bretagne, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui accueillaient avec bonheur cette cuisinière si parfaite.

Elle tuait tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonnait dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle était si bonne, si compatissante aux chevets des mourants, que personne ne pouvait soupçonner un seul instant son monstrueux dessein. Au contraire, on plaignait cette personne si dévouée que la malchance conduisait toujours dans des familles victimes de la guigne. À laisser trop de traces, elle finit par se faire prendre, le jour ou elle s'attaqua à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Hélène Jégado reste la plus grande « serial killer » de France et, sans doute, du monde entier

Laura Sanchez , de la librairie du Boulevard, pour "10 yuans un kilo de concombres" , un roman de Celia Levi , publié aux Editions Tristram .

Shanghai aujourd'hui. Des laissés-pour-compte du "miracle économique chinois" tentent de survivre dans leurs logements insalubres, en attendant d'être expulsés par les promoteurs.

Parmi eux, Xiao Fei, un homme épris de savoir et de tradition vivant dans la nostalgie de la grandeur passée de sa famille. Des Chinois lettrés qui avaient déjà tout perdu, une première fois, au moment de la Révolution Culturelle.

Stoïque en apparence, mais chaque jour plus humilié par la situation des siens, Xiao Fei se réfugie dans des rêveries plus vaines les unes que les autres. Se remettre à la calligraphie. Devenir l'un de ces "dissidents" dont raffolent les médias occidentaux. Connaître l'amour avec leur jeune cousine américaine, une fille d'expatriés revenue à Shanghai pour y apprendre le chinois.

Pendant ce temps, la destruction fait rage autour d'eux. Leur misère s'accroît. Bientôt la solidarité entre voisins et parents ne suffira plus. Tout cède. Et le pire est encore à venir.

Dix yuans un kilo de concombres offre une description impitoyable de la Chine contemporaine. Mais c'est aussi par la puissance et la justesse des portraits de Xiao Fei, de ses soeurs et des autres personnages que ce roman marquera durablement l'esprit du lecteur.

Manon Trépanier , de la librairie Alire, à Longueuil, au Québec , pour "Le Ring de Robert Lepage" , un essai de Bernard Gilbert , publié aux Editions L'Instant même.

On peut difficilement parler de l'œuvre de Richard Wagner sans utiliser les termes les plus forts. Le génie wagnérien s'exprime dans la démesure : le compositeur cherchait à réaliser l'œuvre totale, celle qui conjugue tous les langages artistiques, du texte à la mise en scène, des costumes à la danse, du chant le plus pur à l'orchestration la plus complexe. En confiant sa nouvelle production de la tétralogie (L'Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux ) à Robert Lepage, l'équipe du Metropolitan Opera de New York, dirigée par Peter Gelb, s'engageait dans une aventure au diapason de la colossale entreprise de Wagner. Le metteur en scène québécois a pris le parti de la fidélité au livret et aux intentions du compositeur, tout en mettant à contribution son génie scénique et des ressources à la fine pointe de la technologie.

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