Irène Frain pour "Sorti de rien" , publié aux Editions du Seuil

sorti de rien
sorti de rien © Radio France / Irène frain

Un jour, un journaliste m’interpelle : « Vous qui êtes sortie de rien… »

Quel rien ? La misère qui fut celle de mon père ?

Je retourne en Bretagne. Le fil du passé n’est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j’ignorais l’existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie, poésie. L’esprit même de mon père, l’humilié qui ne plia jamais devant l’adversité.

Une colère ancestrale prend alors la parole et me dicte, sans me laisser d’issue : « Cherche donc ce qu’il fut, ce Rien dont tu es la fille. Et dis-le. »

Je m’incline, je croise ce passé avec ce qu’il me reste de mon père : la légende familiale, ses récits, ses carnets, toutes ces lettres qu’il écrivit lorsqu’il était prisonnier des nazis. Des énigmes s’expliquent, des secrets se dévoilent. Oui, mon histoire — jusqu’à mon prénom — est bien fille de la sienne : le combat d’un Breton « sorti de rien ». Combien sont-ils encore, sur la planète, à vouloir sauver comme lui le seul trésor qui vaille : la dignité ?

Alain Berenboom pour "Monsieur Optimiste" , punlié aux Editions Genèse

Monsieur Optimiste
Monsieur Optimiste © Radio France / Alain Berenboom

Un excellent remède contre la morosité…

Des années vingt aux années soixante, le récit nostalgique et picaresque d’un émigré polonais à Bruxelles.

Quand le narrateur entreprend, dix ans après la mort de son père, de ranger les archives familiales, il découvre petit à petit que le “brave” pharmacien de Bruxelles, a traversé, tel un Don Quichotte des temps modernes, bien des aventures, rencontré bien des obstacles, connu bien des dangers, dont il s’est sorti avec la plus efficace des potions magiques, l’optimisme, la vraie étoffe des héros !

Patrick Chamoiseau pour "L'Empreinte à Crusoé" , publié aux Editions Folio

L'empreinte à Crusoé
L'empreinte à Crusoé © Radio France / Patrick Chamoiseau

Robinson Crusoé vient de passer vingt ans de solitude dans son île déserte. Il a dû reconstruire son équilibre. C'est avec fierté – celle d'avoir soumis l'île à sa domination – qu'il entame ce matin-là une promenade rituelle sur la plage où il avait mystérieusement échoué il y a tant d'années. C'est alors qu'il découvre l'inconcevable : dans le sable, une empreinte. Celle d'un homme. Passé l'affolement, puis la posture agressive et guerrière, le solitaire s'élance à la recherche de cet Autre qui lui apporte ce dont il avait oublié l'existence : l'idée même de l'humain. Commence alors une étrange aventure qui le précipite en présence de lui-même et d'une île inconnue jusqu'alors. Celui qui avait réussi à survivre sans civilisation, sans culture, sans autrui, doit maintenant affronter ce qu'il n'aurait pu imaginer ailleurs qu'ici : la relation à l'impensable.

Marc Dugain pour "Avenue des géants" , publié aux Editions Folio

Avenue des Géants
Avenue des Géants © Radio France / Marc Dugain

Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.

Et les chroniques des libraires :

Nathalie Romanens, de la librairie "Des livres et moi" , à Martigny, en Suisse , pour "Une partie de chasse", un poche publié aux Editions Points .

Je suis un lapin et je ne comprends pas les hommes. Dans les vapeurs de l’aube, quatre chasseurs avancent avec fusils et chiens. Tristan est le plus jeune, le plus sensible. Je suis dans sa gibecière. On se parle. Quand l’un d’eux tombe dans une galerie, il faut le secourir vite, la tempête arrive. Tristan reste avec lui. Pourquoi veut-il s’intégrer à ce groupe ? Quel passé encombrant fuit-il ?

Grégoire Courtois , de la librairie "Obliques" , à Auxerre, pour "Où le sang nous apppelle", de Daniel Schneidermann et Chloé Delaume , un roman publié aux Éditions du Seuil

Il est journaliste, elle est écrivain. Elle ne veut pas d’enfant, lui en a déjà trois : ils feront un roman. Deux cœurs de pierre partagent leurs éboulements, et suivent les appels du sang.

Leur été 2012 se passera au Liban, à Kobayat, tout près de la frontière syrienne. Il l’accompagnera dans ce village maronite, au creux des montagnes, où elle a vécu ses cinq premières années, où est né et enterré son père, où survivent ses oncles, ses tantes, le clan Abdallah. Ils seront tous là sauf l’oncle Georges. Georges Ibrahim Abdallah, chef présumé des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, condamné à perpétuité pour actes terroristes, incarcéré en France depuis vingt-huit ans. Toutes les familles ont leurs secrets et leurs drames. Celle-ci plus que d’autres.

Daniel Schneidermann était tout jeune père et grand reporter au Monde quand la France fut ensanglantée par une série d’attentats, dans les années 1985-1987. Chloé Delaume vivait au cœur d’une tragédie qui est au fondement de son œuvre. Leur rencontre et leur relation les fait plonger dans ces années sombres, dans une interrogation de soi-même mais aussi les enjeux pour le moins obscurs de l’époque.

En amoureux d’écriture, ils se posent toutes les questions possibles, sans toujours trouver des réponses. Ils se confrontent à leur passé, sans concession, avec poésie et humour.

Manon Trépanier , de la librairie "Alire" , à Longueuil, en Suisse , pour "La fête de Chapulterpec" , un livre jeunesse de Marie Barguirdjian et René Derouin , publié aux Editions Tryptyque

La grande fête de Chapultepec bat son plein. Diego et sa famille vont y passer la journée et découvrir la magie de toutes les attractions. Mais malgré les avertissements de sa maman, Diego se perd au milieu de toute cette agitation. Son regard est attiré par un cerf-volant qui va le faire basculer dans le monde de la peur et de l’imagination. Emporté à la suite d’une étrange femme, le garçon va vivre une incroyable aventure.

Annick Dor , à Bruxelles, pour "Henri Huet" , un Photo poche d'Hélène Gedouin , publié chez Actes Sud .

Photographe de presse, Henri Huet a silloné les routes du Vietnam en guerre pendant vingt ans. L'amour du pays où il est né se reflète dans ses photos, douloureux témoignages d'un conflit dont tous les hommes sont les victimes. La force et l'émotion contenues dans ses clichés ont eu le pouvoir de changer le regard de l'Amérique sur cette guerre.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.