Philippe Jaenada , pour "La petite femelle" , publié aux Editions Julliard

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jaenada © Radio France

Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands, a été tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n'est-elle, au contraire, qu'une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ? Personne n'a jamais voulu écouter ce qu'elle avait à dire, elle que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyée sans pitié. Telle une enquête policière, La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d'un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l'équilibre digne des meilleurs funambules, il parvient à greffer son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.

Michel Rabagliati , pour "Paul dans le Nord" , publié aux Editions La Pastèque

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paul © Radio France

Été 76. Paul a 16 ans et ne rêve que d'une chose: une motocyclette Kawasaki KE100 pour fuir son quotidien et ses parents envahissants. Avec Ti-Marc, un nouvel ami rencontré à sa polyvalente, Paul traversera cette période difficile de son adolescence avec un peu plus de légèreté. Voyages en auto-stop, soirées arrosées entre copains et expériences nouvelles seront au rendez-vous. Le tout, sur fond de jeux olympiques, de musique de Peter Frampton et de Beau Dommage…

Tahar Ben Jelloum , pour "Poèmes, peintures" , publié aux Editions Gallimard

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ben © Radio France

À l'occasion de l'exposition de ses œuvres à Paris, Tahar Ben Jelloun présente dans cet ouvrage 76 œuvres accompagnées de poésies inédites. À chaque poème calligraphié correspond une peinture. Les poèmes sont retranscrits en fin d'ouvrage, et présentés avec un cahier de photographies montrant Tahar Ben Jelloun au travail.

Christian Bobin , pour "Noireclaire" , publié aux Editions Gallimard

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bobin © Radio France

« C'est si beau ta façon de revenir du passé, d'enlever une brique au mur du temps et de montrer par l'ouverture un sourire léger. » Hanté par le souvenir d'une femme qu'il a aimée, Christian Bobin revient, vingt ans après sa mort, déposer sur sa tombe « un petit bouquet mortuaire », ainsi qu'il caractérise son livre. C'est en vérité un volume de peu de phrases, mais ample et profond comme l'écho ou le ciel à la renverse dans l'oeil de l'épervier. Qu'il évoque en passant le visage de son père, la mort de Kafka, un poète chinois du IVe siècle, c'est toujours de cet amour disparu qu'il parle, et chacune de ses phrases a l'intensité d'une rose rouge, la délicatesse d'une goutte de pluie, la force d'un poème. C'est un livre qui rend grâce à la beauté du monde en répétant que l'amour ne passe pas. Un vrai bonheur de lecture.

Et le choix des libraires :

Manon Trépanier , de la Librairie Alire , à Longueuil, au Québec , pour « Dans l'oeil de Vittorio » , un beau-livre de Marc H. Choko , publié aux Editions de l’Homme

À partir du milieu des années 1960, Vittorio a régné durant trois décennies sur l'affiche au Québec et au canada, où ses photographies, ses illustrations et ses bandes dessinées ont également été exposées et primées. Créateur au regard candide, souvent malicieux, voire provocateur, son style ludique et très coloré se démarque et témoigne d'une création libre, fraîche, à mille lieues des canons graphiques de l'époque. Cet ouvrage est l'aboutissement de recherches, de rencontres et d'entrevues avec ses amis les plus intimes, et de fouilles quasi archéologiques dans les milliers de documents laissés par l'artiste. Ses œuvres incontournables et connues de ses admirateurs y sont regroupées, de même que nombre de créations jamais exposées ni publiées, dont la qualité graphique confirme la place de Vittorio parmi les plus grands créateurs.

Annick Dor , de la Librairie de La Mazerine , à La Hulpe, en Belgique , pour « Mon Amour » __ un livre jeunesse d’Astrid Desbordes , avec des illustrations de Pauline Martin , publié aux Editions Albin Michel

- Dis, maman, est-ce que tu m’aimeras toute la vie ? demande Archibald, un soir avant de s’endormir - Hum, eh bien, je vais te dire un secret…, répond sa maman.

Ainsi commence le tendre inventaire des moments de vies partagés entre une mère et son enfant, où tout devient prétexte à s’aimer.

Sur chaque double page, Astrid Desbordes a choisi d’opposer en vis-à-vis des situations contraires, qui jouent avec aisance sur les registres du quotidien et de l’imaginaire, de la poésie et de l’humour. Le message de cet irrésistible album est simple et limpide : l’amour est constant et sans condition. Mais c’est dans la toute dernière phrase que se cache le véritable secret : « Je t’aime parce que tu es mon enfant / mais que tu ne seras jamais à moi. »

Les illustrations de Pauline Martin, subtiles dans le trait comme dans la couleur, soulignent avec force la délicatesse de cette formidable déclaration d’amour.

Nathalie Romanens , de la Librairie Des livres et moi à Martigny, en Suisse , pour « Les mots qu'on ne me dit pas » , un poche de__ Véronique Poulain , publié aux Editions Le Livre de Poche

« Salut, bande d'enculés ! » C'est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison. Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu'ils sont sourds. Je vais leur prouver que je dis vrai. « Salut, bande d'enculés ! » Et ma mère vient m'embrasser tendrement. V. P.

Sans tabou, avec un humour corrosif, l’auteur raconte. Ses parents, sourds-muets. L'oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot. Le quotidien. Les sorties. Les vacances. Le sexe. D'un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie. D'une famille différente, un livre, pas comme les autres.

Antony Mignard , de la Librairie Decitre – Bellecour , à Lyon, pour « Les archives du vent » un roman de Pierre Cendors , publié aux Edition Le Tripode

Un réalisateur de génie – Egon Storm – se retire du monde avant la diffusion d’une trilogie qui révolutionne l’histoire du cinéma. Depuis sa solitude, il mentionne dans un ultime message l’existence d’un homme mystérieux : Erland Solness.

En partant de cette simple intrigue, Pierre Cendors nous livre avec Archives du vent un texte aux pouvoirs étranges, hypnotiques. Un polar métaphysique ? Un road-movie écologique ? Emboîtant jusqu’au vertige les niveaux de réalité, poussant toujours davantage la puissance de la fiction, jamais l’auteur n’était allé aussi loin dans son œuvre.

« Mon histoire n’est pas un roman. Il ne s’agit pas plus d’un testament que d’une confession. C’est une formule talismanique pour sortir du monde sans en sortir, un blanc chamanique de la parole, quelque chose comme une aire de hors-jeu dans le grand jeu cosmique où se joue notre existence. »

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