Delphine de Vigan - Rien ne s'oppose à la nuit -Editions Jean Claude Lattès

Delphine de Vigan - "Rien ne s'oppose à la nuit"
Delphine de Vigan - "Rien ne s'oppose à la nuit" © Radio France

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Elisabeth Roudinesco - Lacan envers et contre tous -Editions du Seuil

Lacan, envers et contre tout
Lacan, envers et contre tout © Radio France

Jacques Lacan continue de faire l’objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole, tantôt démon. Mais le contexte, lui, a changé : l’époque héroïque de la psychanalyse a pris fin, nous vivons l’éclosion des psychothérapies, mille et une façons d’apaiser les souffrances contemporaines en vertu de pratiques toujours plus réglementées par l’État. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c’est se souvenir d’abord d’une aventure intellectuelle et littéraire qui tint une place fondatrice dans notre modernité : liberté de parole et de mœurs, essor de toutes les émancipations (les femmes, les minorités, les homosexuels), espoir de changer la vie, l’école, la famille, le désir. Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l’après-68, il en épousa les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd’hui comme autant d’injonctions de réinstituer la société.

Retour sur sa vie, son œuvre, ce qu’elle fut, ce qu’il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.

Biz - La Chute de Sparte - Editions Leméac

biz
biz © Radio France

Steeve, grand lecteur, féroce critique de la société, raconte sa dernière année au secondaire marquée par la mort du quart-arrière des Spartiates, l'équipe de football de l'école Gaston-Miron. La chute de Sparte ressemble à son auteur : drôle, cultivé, aux opinions féroces, aux désirs vifs, et dont la passion pour l'Histoire confère au récit une profondeur insoupçonnée. Son narrateur rejoint, par son esprit agile et caustique, ces grandes figures adolescentes à l'esprit torturé qui s'apprêtent à quitter l'enfance pour une aventure adulte pas piquée des vers...

Le choix des libraires :

  • A Paris (La librairie "L'Atelier") avec Georges-Marc Habib pour le livre "Hymm" de Lydie Salvayre :aux Editions du Seuil

Le matindu 18 août 1969, à Woodstock, Jimi Hendrix joua un hymme américain d'une puissance quasiment insoutenable.

Parce qu'il avait du sang noir et du sang cherokee mélangé de sang blanc, parce qu'il était donc toute l'AAmérique, parce que la guerre au Vietnam soulevait en lui un violent mouvement de refus que toute une jeunesse partageait, parce que sa guitare était sa lady électrique, sa passion, sa maison, sa faim, sa force et qu'il en jouait avec génie, Jimi Hendrix fit de cette interprétation un événement.

Revenant sur ce moment inoubliable, Lydie Salvayre tire les fils de la biographie pour réécrire la légende de Jimi, sa beauté, sa démesure, mais aussi sa part sombre, ses failles et la brutalité du système dont il était captif et qui finirait un jour par la briser.

  • A Genève (La librairie du Boulevard) avec Laura Sanchez pour le livre "Louisette la Taupe, Volume 8: l'heure du Grimm" de Bruno Heitz aux Editions Casterman

Un soir, trois petits lapins demandent à Louisette de leur raconter une histoire. Celle-ci commence l'histoire de Hänsel et Gretel. Mais la belette entend l'histoire par la cheminée de la maison de Louisette, qui lui donne une idée...

  • A Montréal (La Librairie Monet) avec Caroline Le Gal pour le livre "La vie des mouches" de Magnus Muh r aux Editions Sarbacane

Depuis des années, les experts les plus brillants étudient la vie des mouches, avec un résultat, il faut bien l'admettre, plutôt décevant. Nul n'avait jamais vraiment réussi à percer le mystère... jusqu'au jour où un jeune et brillant photographe suédois, Magnus Muhr, s'est penché sur la question. Grâce à sa ténacité, et en toute objectivité, voici donc enfin révélée la vrai vie des mouches. Pas si loin de la nôtre, finalement: qu'elles visitent une expo, dansent le kazatchok, bronzent au au soleil ou jouent au volley, le rapprochement est saisissant!

  • A Bruxelles (La librairie La Licorne) avec Déborah Damblon pour le livre "Les terres saintes" de Amanda Stehrs aux Editions Le Livre de poche

« Saviez-vous qu’en Israël on se servait des porcs pour pourchasser les terroristes ? D’abord parce qu’ils ont un flair hors du commun, ensuite parce que si un musulman touche un cochon, il se voit refuser les sept vierges au paradis. On y élève donc des cochons sur pilotis comme l’exige la loi afin qu’ils ne frôlent pas la terre sainte. Que rêver de mieux comme personnage qu’Harry Rosenmerck, juif ashkénaze, cardiologue parisien qui a tout quitté pour devenir éleveur de cochons en Israël ?Et puis un rabbin est né pour le contredire : Moshe, qui ne supporte pas cette dérive et encore moins qu’Harry arrondisse ses fins de mois en vendant de la viande impure aux restaus branchés de Tel Aviv, ça les mène forcément vers des discussions politiques. Et qu’y a-t-il de plus critique qu’un juif pour parler de la politique intérieure d’Israël ? Vous connaissez ce dicton sans doute : quand il y a deux juifs dans une pièce, il y a trois avis.David, le fils d’Harry, auteur de théâtre à succès, homosexuel, lui écrit aussi mais son père ne lui répond jamais, incapable d’imaginer son fils dans les bras d’un homme.La fille d’Harry, Annabelle, quitte New York pour fuir un chagrin d’amour et va le retrouver ailleurs en chemin.Et enfin son ex-femme, mère de ses deux enfants, qui se découvre un cancer et revisite leur histoire d’amour et ses zones d’ombre comme si cela pouvait l’aider à affronter la vie et son issue.C’est un roman sur les limites de chacun, sur ce qu’on ne se dit pas, ou trop tard. Sur les élans du coeur qui restent coincés dans la gorge. Sur les instants qui passent et qu’on n’a pas su saisir. Sur la petite histoire dans la grande. C’est un roman d’amour. »

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