Andreï Makine , pour "Le pays du Lieutenant Schreiber" , publié aux Editions Grasset .

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andre © Radio France / andre

« Je n’aurais jamais imaginé un destin aussi ouvert sur le sens de la vie. Une existence où se sont incarnés le courage et l’instinct de la mort, l’intense volupté d’être et la douleur, la révolte et le détachement. J’ai découvert un homme qui avait vécu à l’encontre de la haine, aimé au milieu de la pire sauvagerie des guerres, un soldat qui avait su pardonner mais n’avait rien oublié. Son combat rendait leur vraie densité aux mots qu’on n’osait plus prononcer : héroïsme, sacrifice, honneur, patrie… J’ai appris aussi à quel point, dans le monde d’aujourd’hui, cette voix française pouvait être censurée, étouffée. Ce livre n’a d’autre but que d’aider la parole du lieutenant Schreiber à vaincre l’oubli. »

Marianne Sluszsny, pour "Un bouquet de coquelicots" , publié aux Editions La Diffèrence .

marianne
marianne © Radio France / marianne

La guerre 14-18, en Belgique. Dans cette suite de nouvelles, Marianne Sluszny donne une voix à ces anonymes, dont la vie a basculé dès le début des hostilités. Qu’il s’agisse d’un mort, d’un musicien, d’une jeune mariée, d’un soldat flamand, d’une infirmière, d’un Congolais, d’un pigeon… le désastre de l’occupation les a avalés. Dans ces brèves histoires crûment racontées, des visages et des vies transparaissent. Les lieux du drame, Andenne, Namur, Malines, Anvers, Bruxelles, La Panne, Ypres, villes martyres, zones de combat ou zones d’occupation, balisent le territoire où ces destins ont été balayés. Éphémères comme des coquelicots. Marianne Sluszny a compulsé pendant trois ans les archives de la Grande Guerre pour la préparation d’une série d’émissions qui seront diffusées par la télévision belge (la RTBF) au printemps 2014. De cette immersion, elle a tiré la matière vive de ces nouvelles, vibrantes et noires.

Jean Poderos et Antoine Vigne , pour"Les erreurs de l'architecture" , publié aux Editions Courtes et Longues .

poderas
poderas © Radio France / poderas

Monuments sans destin, cités utopiques, pastiches et folies, effondrements spectaculaires, ouvrages démesurés. L’histoire de l’architecture qui est habituellement observée du point de vue des ses plus grandes réalisations est ici revisitée. Calculs erronés, techniques inadaptées, accidents de chantier et impairs psychologiques forment la trame de ce parcours à travers les siècles et les civilisations, offrant un panorama décalé de l’une des plus grandes passions de l’homme : bâtir.

Et les chroniques des libraires :

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard", à Aix-en-Provence, pour "Mauvais genre" , une bande dessinée de Chloé Cruchaudet , publié aux Editions Delcourt.

Paul et Louise s'aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l'enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d'hôtel. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d'identité. Désormais il se fera appeler Suzanne. Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme. Inspiré de faits réels, Mauvais Genre est l'étonnante histoire de Louise et de son mari travesti qui se sont aimés et déchirés dans le Paris des Années folle.

Déborah Damblon , de la librairie "La Licorne" , à Bruxelles, pour "Paysage flamand avec nonnes" , un poche de Liliane Wouters , publié chez Espace Nord .

En 1944, Liliane, jeune Bruxelloise d'origine flamande, entre à l'Ecole normale pour institutrices. Durant cinq ans, sa devise sera prière et travail. La fin de son enfance coïncide avec la fin de la guerre, dans une Belgique divisée par ses communautés et la question royale.

Florence Bourdin , de la librairie "Mot de passe" , à Neuchâtel, en Suisse , pour "Réparer les vivants" , un roman de Maylis de Kerangal , publié aux Editions Gallimard .

Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

Manon Trépanier , de la librairie "Alire, à Longueuil, au Québec , pour "Les images que nous sommes, 60 ans de cinéma Québécois" , un Beau Livre de Serge Bouchard , publié aux Editions de l'Homme .

Toujours en quête d'identité, butant et rebondissant sur son mal de vivre, notre société n'a jamais cessé de se surpasser, de vaincre ses complexes et de faire son cinéma. Film après film, elle a tenté de trouver sa juste place dans sa propre histoire. Tout au long de cet ouvrage, l'anthropologue Serge Bouchard débusque, pour mieux les mettre en relation, les images fortes dans ces productions issues des soixante premières années du cinéma québécois (1940-2000). Il pose un regard attentif sur des œuvres brodées de nos travers, de nos faiblesses, mais aussi de notre humour, de notre inventivité; il nous tend un miroir. Les images que nous sommes est un ouvrage splendide à la mémoire des personnages, des artisans et des histoires qui ont marqué la cinématographie québécoise . Un livre qui nous rappelle à nous-mêmes et témoigne du chemin que nous avons parcouru.

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