Ce week-end, nous parlerons des Jeux Olympiques avec Pascal Boniface, de l'Ukraine avec le photographe suisse Niels Ackermann et du Cameroun avec le chanteur, écrivain Blick Bassy

Blick Bassy, pour " Le Moabi Cinéma", publié aux Editions Gallimard

«Dites-moi, qui? Répondez-moi, qui donc? Qui a décidé qu’il fallait un visa pour aller d’un endroit à un autre? Est-ce que Jules Verne ou Hergé ont dit ça? De la Terre à la Terre, il n’y a pas besoin de visa. De la Terre à la Lune, il n’y a pas besoin de visa. Hein, mbenguiste, toi qui connais, dis-nous, qui...?

– Qui a fait quoi? s’enquit le costumé tiré au moins à huit épingles.

– Qui est venu ici ramasser nos ancêtres pour les vendre et en faire des esclaves? Qui... mais... qui lui a donné un visa pour entrer dans ce "condrè"? Et qui l’a autorisé à y pourchasser nos héros? Les Nyobè, Wandjié, Félix-Roland Moumié... Qui? Vous allez dire que je radote. Allez dire! Car ces gens dont je parle, ont-ils eu besoin d’un seul visa pour nous humilier et nous ruiner? Ont-ils fait la queue pour prendre un laissez-passer, un sauf-conduit, un sauve-qui-peut? Répondez-moi avant que je ne fasse un malheur.»

Et en avant la musique!... La musique des mots avec notre drôle de héros, le candide et rusé Boum Biboum, et ses amis et sa famille hauts en saveur, qui nous projettent du cœur de la forêt africaine à travers la comédie du monde.

Pascal Boniface, pour " JO Politiques", publié aux Editions Eyrolles

Les Jeux olympiques seraient, selon les textes fondateurs et les affirmations du CIO, apolitiques. Cet événement hypermédiatisé peut-il rester au-dessus de la mêlée politique ? Pascal Boniface sort de ce discours hypocrite et révèle l’impact politique formidable des Jeux olympiques.

Suivis par plus de 4 milliards de téléspectateurs, attirant plus de 10 000 athlètes de 200 délégations nationales différentes, les JO d’été figurent aujourd’hui parmi les rendez-vous les plus populaires au monde… et les plus stratégiques.

Perçus comme des vitrines des pays hôtes souhaitant défendre et améliorer leur image, voire comme une tribune planétaire pour formuler revendications et prises de position, les JO n’ont eu de cesse, tout au long de leur histoire, d’être le reflet de rivalités géopolitiques, qu’il s’agisse de l’attribution de l’organisation de la compétition ou du décompte des médailles.

Pascal Boniface décrypte avec clarté l’histoire du mouvement, entre boycott, polémiques et médiatisation. Il évoque la compétition entre nations, l’affirmation des identités nationales, mais aussi les épisodes dramatiques et les espoirs portés par l’olympisme, et nous offre un nouveau regard à l’approche des jeux de Londres. Comment repenser les JO, dans leur approche politique et géopolitique ?

Niels Ackermann, pour " L'Ange Blanc, les enfants de Tchernobyl sont devenus grands", publié aux Editions Noir sur Blanc

La ville de Slavoutytch est la plus jeune d’Ukraine. Située à trente kilomètres de la centrale de Tchernobyl, elle a été construite par les autorités soviétiques immédiatement après la catastrophe de 1986, à la lisière de la zone contaminée, afin de loger les liquidateurs et le personnel affecté à l’entretien des réacteurs encore en activité. Conçue comme la ville idéale soviétique pour travailleurs de choc, Slavoutytch abrite 25 000 habitants.

Trente ans après l’accident, une nouvelle génération est née et a grandi à Slavoutytch, à l’ombre de la plus grande catastrophe nucléaire de l’Histoire. Niels Ackermann est parti à la rencontre des habitants, de cette jeunesse pleine de rêves et d’espoirs. Il rencontre Ioulia, une adolescente qui lui présente ses amis et lui montre les différentes facettes de la ville. Au fil des séjours du photographe, entre 2012 et 2015, Ioulia se transforme peu à peu en une jeune femme, qui perd ses rêves et se voit confrontée à la réalité.

Loin des discours catastrophistes ou misérabilistes, loin des clichés en noir et blanc, Niels Ackermann et le journaliste Gaetan Vannay montrent dans L’Ange blanc leur amour pour l’Ukraine, et toutes les interrogations sur la vie qui continue, dans cette région pas tout à fait comme les autres.

Pour son reportage à Slavoutytch, Niels Ackermann est élu photographe suisse de l’année ! Il a reçu le Swiss Press Photo 2016 dans la catégorie Étranger et le Swiss Photo Award 2016 dans la catégorie Reportage.

ET LE CHOIX DES LIBRAIRES

Selma Jabbes, de La Librairie Al Kitab, à Tunis, pour « La liberté en héritage : journal d'une Tunisienne », un essai de Najet Abdelkader Fakhfakh, publié chez Jacques Marie Laffont Editeur

Pour perpétuer la mémoire, une Tunisienne confie à un journal, qu'elle destine à sa petite-fille, l'épopée des femmes de son pays. Au fil des événements des révolutions arabes, elle raconte le parcours d'une trentaine de militantes, de l'Antiquité à nos jours, qui ont façonné l'histoire de la Tunisie et fait de ce pays une exception dans le monde arabe. Toutes ces femmes, en quête de modernité, ont contribué, par leur courageux combat, au développement, à la liberté et à la démocratie de leur patrie.

Son récit est un appel aux femmes du monde entier à ne jamais se soumettre à la fatalité du destin, à l'adversité et aux intégrismes quels qu'ils soient. Son propos est brûlant d'actualité.

Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse, pour « Le plus grand philosophe de France », un poche de Joann Sfar, publié aux Editions Le Livre de Poche

Un pirate juif hollandais qui se lance dans la politique, un jeune comte épris de philosophie, un curé convaincu que l'abstinence sexuelle lui donne des pouvoirs exceptionnels, une petite fille qui ne quitte jamais ses chaussettes, etc. Tous ces personnages déploient une énergie sans pareil pour trouver leur place en ce monde, sous le regard indifférent de Dieu.

Déborah Danblon, de La Librairie La Licorne, à Bruxelles, pour « I.R.L. », un roman-jeunesse d’Agnès Marot, publié aux Editions Gulf Stream

Chloé Blanche a grandi à Life City, une ville dont les habitants ignorent qu'ils sont filmés en permanence pour le compte d'une émission de divertissement intitulée Play your life, diffusée en dehors de la ville. Quand la jeune fille fait la rencontre d'Hilmi, un garçon à la peau caramel, elle provoque un problème dans le scénario de l'émission et découvre que tout son monde est un grand théâtre.

Jérémy Laniel, de La Librairie Carcajou, à Rosemère, au Canada, « La Bête et sa cage », un roman de David Goudreault, publié aux Editions Stanké

« J'ai encore tué quelqu'un. Je suis un tueur en série. D'accord, deux cadavres, c'est une petite série, mais c'est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu'où les opportunités me mèneront ? L'occasion fait le larron, le meurtrier ou la pâtissière. C'est documenté. » La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes.

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