Jacques Attali pour"Notre vie disent-ils" , publié aux Editions Fayard

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attali © Radio France

Lors d’une conférence à Genève, en janvier 2015, Tristan, brillant professeur de mathématiques à l’université de Princeton, tombe sous le charme d’une mystérieuse jeune femme, Yse, qui semble disposer, comme lui, de dons de prescience...

Saura-t-il empêcher l’immense catastrophe qu’elle prévoit ? La guerre mondiale qu’il devine aura-t-elle lieu ?

De Rome à Paris, de Venise à Angkor, de Vârânasî à Jérusalem, Yse l’entraîne à la recherche de savoirs anciens qui pourraient l’aider à relever ces défis.

En racontant leur histoire d’amour et l’étrange pacte qui les lie, Jacques Attali rompt l’ordonnancement du temps et pose les questions qui hantent l’humanité depuis ses commencements : peut-on échapper à son destin, tel que les autres le prévoient ou le décident ? Pouvons-nous faire en sorte que notre vie ne se réduise pas à ce que les autres en disent ?

Julien Burri pour "Muscles" , publié aux Editions Bernard Campiche

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burri © Radio France

Muscles : S'il devient un super héros, il pourra aller chercher sa maman au pays des morts. Il faut qu'il y aille, parce que c'est elle qui porte la poésie. Pour ça, il doit sortir de sa cage thoracique trop étroite, grimper sur son tapis d'élastomère, et traverser les plaines cartilagineuses, les montagnes fibreuses et les lacs veineux. Un jour, le super héros rencontre Hello Kitty et lui offre un coeur en fil de fer... L'histoire d'un joli garçon trop léger qui devient pesant, encombrant, au fur et à mesure de ses séances d'entraînement intensives dans une salle de musculation. Après Poupée et Beau à vomir, Julien Burri signe là un travail magnifique d'entomologiste. Il prouve que parfois, conçu dans le cocon d'une serre humide à température constante, on peut naître papillon, et vivre ver à soie... La Maison : A-t-on le droit d'écrire sur la fin d'un amour ? Si c'est pour survivre, je crois que oui. Si c'est sans haine, juste pour se souvenir, pour témoigner, pour consoler les lecteurs, je crois que oui. Il est effectivement moins dangereux de peindre, de danser, ou de composer une musique sur la fin d'un amour. Les mots blessent plus fort, parce qu'ils semblent désigner, accuser. Mais si on ne sait faire que ça... Écrire. «Change au moins les noms, qu'on ne me montre pas du doigt dans la rue...» Il frissonna. « Dans la rue ? Pourquoi dans la rue ? Tu as vendu la maison ? »

Laetitia Cénac pour "Marguerite Duras: l'écriture de la passion" , publié aux Editions La Martinière

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cenac © Radio France / cenac

Marguerite Duras, c'est d'abord un livre : L'Amant, c'est ensuite la naissance du nouveau roman aux Editions de Minuits avec Moderato cantabile , le cinéma avec India Song. C'est enfin une enfant du XXe siècle : de sa jeunesse dans les colonies à la période trouble de la Seconde Guerre mondiale, du manifeste des 343 salopes aux années Mitterrand.

Recréant les ambiances d'époque, grâce aux photographies de Brassaï ou Doisneaux, tout en s'appuyant sur des clichés intimes, cette biographie dévoile une icône de la littérature engagée dans les combats de son temps.

Et les chroniques des libraires:

Manon Trépanier de la librairie "Alire", à Longueuil, au Québec , pour "La déesse des mouches à feu" , un roman de Geneviève Pettersen , publié aux Editions Le Quartanier

La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant.

Annick Dor , à Bruxelles , pour "Le muret" , une bande dessinée de Céline Fraipont et Pierre Bailly , publiée chez Casterman écritures.

Par deux auteurs nouveaux venus chez Casterman, un portrait d’adolescence sensible et touchant, aux accents mélancoliques et universels.

À treize ans, Rosie vit une situation peu commune : ses deux parents durablement éloignés à l’étranger et ne s’occupant d’elle qu’épisodiquement, elle doit se débrouiller au quotidien presque entièrement seule. Son seul point d’ancrage est son amie d’enfance Nath, avec qui elle entretient une relation presque fusionnelle. Mais les amitiés sont aléatoires et fluctuantes à cet âge. Progressivement mise à distance par Nath, Rosie, de plus en plus isolée, se réfugie dans l’alcool et l’absentéisme scolaire. C’est dans ces circonstances, à la dérive, que l’adolescente fait la connaissance de Jo, un garçon à peine plus âgé qu’elle, qui comme elle habite seul, vivant d’expédients et de petits trafics. Jo, sensible à son côté rebelle, initie Rosie à la musique, à la débrouille et à l’esprit d’indépendance. Éclopés d’une existence qui commence à peine, les deux jeunes gens vont peu à peu laisser s’épanouir l’attirance qu’ils ressentent l’un pour l’autre. Une belle histoire d'amour qui se terminera sous une pluie glaciale et bouleversante...

Grégoire Courtois , de la librairie "Obliques", à Auxerre , pour"Là" , un recueil de poèsie deIan Monk , publié aux Editions Cambourakis.

Reprenant à l’inverse la forme adoptée dans Plouk Town , Là est le second volet d’un dyptique consacré à la description crue et terriblement lucide du quotidien des habitants d’une banlieue populaire du Nord de la France. Un quotidien rugueux, parfois sordide, fait de labeur abrutissant ou de désoeuvrement, d’existences noyées dans l’alcool ou submergées de violence, auxquelles seuls les néons du supermarché ou les lueurs du petit écran apportent un semblant de lumière... Avec , Ian Monk poursuit une oeuvre poétique d’une ambition peu commune – mettre en scène une certaine réalité contemporaine, rarement représentée dans la littérature. Ian Monk réussit le tour de force de concilier exigence formelle et poésie populaire, tant par les thèmes abordés que par le niveau d’accessibilité de son texte, d’une force immédiate.

Laura Sanchez , de "La librairie du Boulevard", à Genève, en Suisse , pour "3-6-9-12 apprivoiser les écrans et grandir" , un essai de Serge Tisseron , publié aux Editions Erès.

Les règles d’usage des écrans ne peuvent pas être les mêmes à chaque âge. La règle « 3-6-9-12 » – « Pas de télévision avant 3 ans, pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, pas d’Internet avant 9 ans et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège, vers 11-12 ans » – constitue une feuille de route pour un usage raisonné des écrans, de la naissance à la majorité, et au-delà. Confrontés à la fois aux propositions des industriels et aux exigences grandissantes de leurs enfants, les parents ne savent plus sur quelles règles se baser pour répondre à leurs sollicitations. Serge Tisseron a conçu la règle « 3-6-9-12 » comme une façon de répondre à leurs questions les plus urgentes. Mais on se tromperait si on croyait que le but de « 3-6-9-12 » est seulement de fixer des limites à la consommation des écrans. Leur stigmatisation serait tout aussi absurde que leur idéalisation. Cet ouvrage a pour but d'aider les parents et les pédagogues à les utiliser pour le meilleur et à éviter leurs pièges.

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