Roger-Pol Droit , pour"Qu'est-ce qui nous unit?" , publié aux Editions Plon

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droit © Radio France

Au fil d'une analyse accessible à tous, Roger-Pol Droit convoque classiques et modernes, confronte notions philosophiques et faits quotidiens, relie sources antiques et tendances nouvelles pour chercher des issues à nos divisions, qui ne cessent de croître en ce 21e siècle. Conflits, affrontements polémiques... Notre quotidien se noie sous les informations de ce qui nous divise, sous les constats de nos désunions. Au point de faire parfois oublier l'autre versant, tout aussi immense, celui de nos attachements, de nos retrouvailles, de nos solidarités. De quelle nature est donc ce lien humain, qui se tient à l'arrière-plan des déchirures ? Est-il inné ? Pluriel ? Spontané ? Sans cesse à construire ? Pour répondre à ces questions, Roger-Pol Droit explore ces " nous " auxquels nous participons et qui nous constituent : le " nous " de la famille, celui des amis et des amants, de ceux qui parlent une même langue, le " nous " des citoyens, le " nous " de l'humanité – sans oublier le " nous " des vivants, toutes espèces rassemblées. Dis-moi de quel " nous " tu parles, je te dirai ce qui le tisse et nous relie aux autres – telle est la maxime de cet essai incisif, qui éclaire cette question urgente d'une lumière inattendue.

Diane Meur , pour "La carte des Mendelssohn" , publié auxEditions Sabine Wespieser

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Meur © Radio France

Je savais que Felix Mendelssohn le compositeur (1809-1847) était le petit-fils de Moses Mendelssohn le philosophe (1729-1786), et longtemps je n’en ai pas pensé grand-chose. Un jour pourtant, j’ai pensé à l’homme qui avait été le père du premier et le fils du second. Quel merveilleux sujet de roman, m’étais-je dit alors. D. M.Au retour d’un séjour marquant à Berlin, Diane Meur, fidèle à son goût pour les filiations, décide de mener l’enquête sur Abraham Mendelssohn, banquier oublié de l’histoire, qui servit de pont entre le Voltaire allemand et un compositeur romantique plus précoce encore que Mozart. Mais comment ne pas remonter d’abord à l’origine, à Moses, le petit infirme du ghetto, qui à onze ans maîtrisait Torah et Talmud, à quatorze ans partit seul sur les routes rejoindre à Berlin un professeur bien-aimé ? Comment, en pleines années 2010, ne pas se passionner pour cet apôtre de la tolérance, grand défenseur de la liberté de culte et d’opinion ? Et, accessoirement, père de dix enfants dont le banquier Abraham n’était que le huitième…Happée par son sujet, l’auteur explore cette descendance, la voit s’étendre au globe entier et aux métiers les plus divers, jusqu’à une ursuline belge, des officiers de la Wehrmacht, un planteur de thé à Ceylan. Même quand on est, comme elle, rompue aux sagas familiales d’envergure, impossible de tenir en main cette structure : l’arbre généalogique se transforme en carte, La Carte des Mendelssohn , qui envahit d’abord la table de son salon, puis le projet lui-même.Le roman devient dès lors celui de son enquête, une sorte de Vie mode d’emploi où la famille tentaculaire apparaît comme un résumé de l’histoire humaine. La romancière nous enchante par ses libres variations sur les figures les plus tragiques ou les plus excentriques, tout en nous dévoilant ses sources, sa chronologie, et en mêlant sa propre vie à la matière de son livre.Tour de force d’un écrivain qui jamais ne perd le nord, La Carte des Mendelssohn finit par mettre à mal toute idée de racines, et par donner une image du monde comme un riche métissage où nous sommes tous un peu cousins.Il est urgent de lire Diane Meur.

Simon Liberati , pour"Eva" , publié aux Editions Stock

Un soir de l’hiver 1979, quelque part dans Paris, j’ai croisé une femme de treize ans dont la réputation était alors « terrible ».Vingt-cinq ans plus tard, elle m’inspira mon premier roman sans que je ne sache plus rien d’elle qu’une photo de aparazzi. Bien plus tard encore, c’est elle qui me retrouva à un détour de ma vie où je m’étais égaré.C’est elle la petite fée surgie de l’arrière monde qui m’a sauvé du labyrinthe et redonné une dernière fois l’élan d’aimer.Par extraordinaire elle s’appelle Eva, ce livre est son éloge.

Simon Liberati

Et le choix des libraires :

Annick Dor , de La Librairie de La Mazerine, à La Hulpe, en Belgique , pour « Un tour de cochons », un livre jeunesse__ de Françoise Rogier , publié aux Editions A Pas de Loup

Quand le loup est le dindon de la farce !

Lorsque trois petits cochons, en âge de quitter le foyer familial, s’installent en forêt, ils posent baluchon, valise en carton et à roulettes dans la même maison ! Mais pas n’importe laquelle !

Farceurs et ingénieux, ces trois petits cochons connaissent bien l’histoire : le grand méchant loup viendra tôt ou tard souffler sur leur habitation !

Un peu d’humour et une bonne dose de ruse revisitent le célèbre conte dans un album rempli d’espièglerie.

Manon Trépanier , de La Librairie Alire, à Longueuil , au Québec , pour « La femme qui fuit » un romand’Anais Barbeau-Lavalet , publié aux **Editions Marchand de Feuilles**

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Nathalie Romanens , de La Librairie Des livres et moi , à Martigny, en Suisse , pour « Le Coeur et les Confins » , un poche de Cédric Gras , publié aux EditionsLibretto

Des Himalayas à Montevideo, de l’océan Glacial arctique aux steppes de Mongolie, le voyageur ne sera jamais à l’abri de l’amour, que ce soit celui d’un homme pour une femme ou celui d’une famille pour son fils prodigue. Il est « l’un des plus grands périls que réserve la route ». Ce qui pourra faire douter, renoncer ou même ôter toute capacité à jouir de l’ailleurs. L’amour et le voyage seraient-ils définitivement deux pôles incompatibles déchirant de leurs forces l’explorateur ? Douze nouvelles pour répondre à cette question par l’un des grands globe-trotters de notre temps.

Karine Henry , de La Librairie Comme Un Roman, à Paris, pour « La Source », un roman d’Anne-Marie Garat , publié aux Editions__ Actes Sud

Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d’obtenir de la mairie l’autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu’elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, construction aussi baroque qu’extravagante édifiée sur des terres de mauvaise assise dans un méandre de la rivière qui coule en contrebas du bourg. Soir après soir, la vieille dame qui, faute d’hôtel au village, accepte de loger la visiteuse, dévide pour elle l’histoire du domaine où elle est entrée comme bonne d’enfant à l’orée du xxe siècle. Mais faut-il la croire sur parole, elle qui dit n’être que la récitante des fantômes qui ont jadis habité ces murs, ou sont partis vers l’Afrique, le Tonkin ou les forêts du Yukon ? Et que faire du récit de cette conteuse acharnée qui,

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