Anaïs Barbeau-Lavalette , prix des libraires du Québec 2016, pour "La Femme qui fuit" , publié aux Editions Marchand de Feuilles

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anais © Radio France

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder. Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme. La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes. Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

A Alger, avec Maïssa Bey pour "Hizya" , publié aux Editions de l'Aube , et un reportage au centre culturel La Baignoire , au centre d'Alger, avec l'écrivain Samir Toumi pour un hommage à Mohammed Dib

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bey © Radio France

"Hizya est une jeune femme comme les autres, tellement comme les autres! Ce qui se confirme – si besoin en était – à l’écoute des confidences entendues dans le salon de ­coiffure où elle a finalement trouvé du travail, malgré son diplôme d’interprète de la fac d’Alger. Toujours chez ses parents, sous l’œil attentif de ses frères, elle rêve à une vie de liberté et à un grand amour… comme au cinéma! C’est cette réalité qu’Hizya nous révèle, la sienne, celle du quotidien de la société algérienne, celle de la désespérance d’une jeunesse qui suffoque dans un pays immobile. Elle nous raconte l’être femme aujourd’hui et là-bas, alors que sa vie d’adulte se construit. À travers de somptueuses fulgurances poétiques, ­Maïssa Bey se jette tout entière dans la bataille: puissent toutes les ­Hizya – d’Algérie et du monde – s’appuyer sur elle, sa force, sa liberté! "

Annie Ernaux pour "Regarde les lumières mon amour" , publié aux Editions Folio

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ernaux © Radio France

«Souvent, j’ai été accablée par un sentiment d’impuissance et d’injustice en sortant de l’hypermarché. Pour autant, je n’ai jamais cessé de ressentir l’attractivité de ce lieu et de la vie collective, subtile, spécifique, qui s’y déroule.» Annie Ernaux.

Et le choix des libraires :

Dominique Bressoud , de La Librairie Une petite prose à Boudry, en Suisse , pour « Vivement l'avenir » , un livre de Poche de Marie-Sabine Roger , publié Editions Babel / Actes Sud

Dans une petite ville de province, trois trentenaires paumés vont se rencontrer et prendre en charge un jeune homme handicapé physique et mental, considéré par tous comme un monstre. Un roman chaleureux, drôle et d’une justesse rare sur notre époque.

Dans la lignée de La Tête en friche .

Manon Trépanier , de la Librairie Alire, à Longueuil, enSuisse , pour « La garçonnière » , un livre de Poche de Mylène Bouchard , publié aux Editions Bibliothèque québécoise

Mara et Hubert sont les meilleurs amis du monde, mais leur rapport prend au fil des jours des airs d’amours impossibles. De leurs années d’études à Montréal à celles de l’âge adulte, des voyages, des rencontres et, enfin, des retrouvailles à Beyrouth dans une garçonnière d’exultation, ils poursuivent leur voyage sur terre sans jamais se perdre de vue. Jusqu’à l’ultime réunion, au cœur des Laurentides, où l’amoureux lit la seule lettre que Mara lui aura écrite.

La lumière du Nord québécois embrasse tout le roman comme une consolation. Car les destinées insolites qui s’y croisent ne pourront trouver ailleurs une magnificence à leur image.

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