Jean Echenoz , pour"Envoyée spéciale" , publié aux Ed de Minuit

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minuit © Radio France

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Stéphane Lambert , pour "Avant Godot" , publié aux Editions Arléa

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godot © Radio France

Octobre 1936. Samuel Beckett a trente ans. Il entreprend un étonnant voyage en Allemagne nazie afin de s’y confronter à l’art au moment même où le régime évacue des collections publiques les oeuvres dites dégénérées. Le 14 février 1937 à Dresde, il note laconiquement dans un carnet sa prédilection pour un petit tableau de Caspar David Friedrich, Deux hommes contemplant la lune, dont il dira plus tard qu’il est la source d’inspiration d’En attendant Godot.

À partir de cet énigmatique et unique repère, Stéphane Lambert, comme dans ses précédents livres sur Nicolas de Staël ou Mark Rothko, creuse la relation qui peut s’établir entre deux créateurs de disciplines différentes, et nous dit comment un artiste parvient à éclairer sa voie grâce à ce que l’oeuvre d’un autre lui révèle.

Jean-Claude Grumberg , pour "La vie sexuelle des mollusques" , publié aux Editions Actes Sud ¨Papier

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grumberg © Radio France

Les cinq personnages de cette pièce, Paul, Antoine, Linda, Henri et Marie sont tels des bêtes de laboratoires, les victimes choisies par Jean-Claude Grumberg, qui vont être surpris par l’infidélité.

Et les chroniques des libraires :

Laura Sanchez , de La Librairie du Boulevard , à Genève , pour « Atlas nègre », un essai de Bruno Pellegrino, avec des illustrations de Yoann Kim, oublié aux Editions Tind

Dans ce road-trip introspectif, Bruno Pellegrino flirte avec le roman d’aventure, le récit autobiographique, le carnet de voyage et le conte initiatique. D’Antananarivo à Tokyo, des rives glacées du Lac Baïkal en passant par les contrées sauvages bordant le fleuve Amour, la poursuite effrénée du voyage jusqu’aux bords du bout du monde n’est encore et toujours qu’une quête de soi-même, et contre soi-même, avant de s’en retourner vers la terre aimée.

Le texte est parcouru des illustrations brutes et dynamiques de l’artiste Yoann Kim. Tissées comme des toiles fantomatiques, elles enveloppent les paysages et les différentes étapes du narrateur d’une brume mystérieuse, transformant le voyage en une rêverie tantôt magique, tantôt inquiétante.

Annick Dor , de La Librairie de La Mazerine , à La Hulpe, en Belgique , pour « La fille de mon meilleur ami » , un poche d’ Yves Ravey , publié aux Editions de Minuit

Mourant à l'hôpital militaire de Montauban, Louis arrache une ultime promesse à William, le narrateur : celle de retrouver sa fille, Mathilde. Les seules informations qu'il peut lui fournir concernent un long séjour en hôpital psychiatrique et un enfant dont elle n'a plus la garde. William se lance dans une quête sans convictions, qui l'entraîne plus loin que prévu.

Grégoire Courtois , de La Librairie Obliques , à Auxerre , pour « À la table des hommes » , un roman de Sylvie Germain , publié aux Editions Albin Michel

Son obscure naissance au cœur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine.

À la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus , c'est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d'un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.

Manon Trépanier , de La Librairie Alire , à Longueuil, au Québec , « Je vois des antennes partout » , une bande-dessinée de Julie Delporte , publiée aux Editions Pow Pow

Une jeune femme cherchant à échapper à la toxicité de la vie moderne s’enfuit dans le nord du Québec, loin des ondes électromagnétiques qui polluent l’atmosphère des grands centres urbains. D’abord publié en anglais chez Drawn & Quarterly en 2014, Je vois des antennes partout est enfin disponible dans sa version originale française.

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