Une rétrospective de la saison, avec des entretiens, des anecdotes et des moments loufoques !

Jean d'Ormesson et Dany Laferrière en 2015 à la mairie de Paris, deux jours avant l'intronisation de ce dernier à l'Académie Française
Jean d'Ormesson et Dany Laferrière en 2015 à la mairie de Paris, deux jours avant l'intronisation de ce dernier à l'Académie Française © AFP / Matthieu Alexandre

Mythologies américaines - Ed Grasset (2016): « L’aube est arrivée, comme toujours, à mon insu. Gracile. Des rayons de soleil à fleurets mouchetés. Comme des pattes de saint-bernard. Le roman me regarde, là, sur la table, à côté de la vieille Remington, dans un classeur rouge. Il est dodu comme un dogue, mon roman. Ma seule chance. Va. » Ce sont les dernières lignes de mon premier roman, écrites il y a tout juste trente ans. J’avais l’impression que tout se jouait là. Je ne voulais écrire, à l’époque, qu’un seul livre. Un livre qui raconterait l’Amérique et ses dévorantes mythologies : la vitesse qui permet de traverser un paysage sans fin, le désir tenu en laisse comme un chien enragé par une Lolita d’un bled perdu, le succès toujours inattendu et hors de proportion, et toute cette bondieuserie qui dégouline de la bouche des pasteurs noirs et des politiciens blancs. La caméra lentement se déplace des paysages vers les visages et l’on voit dansant la java new-yorkaise, ce cocktail de violence et de sexe colorés : Martin Luther King et Norman Mailer, Spike Lee et Calvin Klein, James Baldwin et Madonna, Truman Capote et Naomi Campbell. Le bruit de la Remington 22, unique chant de cette aube.

La première fois qu'elle apparaît dans la loge de Line Renaud, au théâtre du Palais-Royal, Jenny n'a pas dix-sept ans. Sous son bras l'énorme dossier dans lequel, depuis son plus jeune âge, elle collectionne tous les articles consacrés à son idole. Dix ans ont passé, l'ado introvertie a laissé place à une jeune femme ambitieuse et déterminée. Jenny veut devenir l'unique, l'indispensable. Pour plaire à Line, elle s'invente une vie singulière. Pour capter son amour, elle se perd dans un mensonge sans issue. C'est le début d'une incroyable supercherie. Quatre ans plus tard, Line s'interroge. Comment s'est-elle laissé entraîner dans cet engrenage ? Comment expliquer que ses proches, si attentifs à la protéger, aient pu être abusés à leur tour ? Qui était réellement Jenny ?

  • Un entretien avec Grégoire Polet, au Parlement Européen de Bruxelles, pour Tous, un roman publié aux Éditions Gallimard

«C’est vrai que je l’ai payé cher. Une jambe et un bras, tout de même. Et puis, plus beaucoup de temps à vivre. Mais : on y est. Le renouveau politique de l’Europe, ça y est, le mouvement est lancé. La VIe République, la fédération d’un noyau dur dans l’Union, c'est en route. Ça n’a l’air de rien, maintenant que c’est fait. Mais qui aurait parié un kopeck là-dessus il y a à peine cinq ans?» Le roman met en scène, de façon réaliste et ironique à la fois, l’irrésistible ascension de TOUS, un mouvement de démocratie directe en France et en Europe, à travers les yeux d’une jeune activiste belge, d’un vieux diplomate grec et d’un citoyen polonais. C’est le roman des chemins qu’on n’a pas pris, le roman d’une génération qui a emprunté les voies de la politique pour reprendre goût à l’avenir. C’est le roman d’une réalité qui n’a pas eu lieu. Pas encore.

• Entretien chez Jean d’Ormesson pour « Guide des égarés » aux Éditions Gallimard

Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés. C’est à la question : «Qu’est-ce que je fais là?» que s’efforce de répondre ce manuel de poche qui n’a pas d’autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d’en tirer à la fois un peu de plaisir et, s’il se peut, de hauteur.

Kidi Bebey et Manu Dibango pour « Mon royaume pour une guitare » (Ed Michel Lafon) consacré au musicien camerounais Francis Bebey

Une narratrice revient sur son histoire familiale et la vie de ses parents qui, quittant le Cameroun pour suivre leurs études, tombèrent amoureux en France où ils fondèrent une famille. Comment vivre en France quand on est éloigné de sa terre natale ? Faut-il voir cette vie comme une parenthèse en attendant un retour au pays qui n’arrive pas ? À l’inverse comment trouver sa place lors des séjours au Cameroun entre attentes de la famille et l’inéluctable distance qui se crée au fil des ans ? À moins qu’il ne faille apprendre à être heureux, un pied sur chaque rive en dépit des soubresauts de l’histoire et des luttes d’indépendance…Le formidable destin d’une famille dont le père va transcender les difficultés du grand départ et laisser sa passion pour la musique bouleverser sa vie.

• Florilège de moments loufoques avec Alain Chamfort, Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016 pour Chanson douce) et un échange entre Jean Ziegler et Tahar ben Jelloun à Radio France fête le livre

Le choix des libraires pour l'été:

  • Un coup de cœur de Grégoire Courtois, de la Librairie Obliques à Auxerre, pour Dirty Sexy Valley, un roman d’Olivier Bruneau, publié aux Éditions Le Tripode

Dans la moiteur d’un été torride, six étudiants inséparables décident de célébrer leur diplôme en s’adonnant à une authentique orgie dans une cabane isolée à la montagne. Mais quand ils débarquent sur place, prêts pour la fête de leur vie, ils ignorent que dans la pinède habite une famille dégénérée, pour qui la perversion est un art de vivre. Voici un roman qui dépasse les bornes. Horreur, sexe et humour : réfléchissez avant d'offrir ce livre à votre belle-mère. En revisitant la crème du cinéma trash (des bombes sexuelles en mini short aux massacres à la scie sauteuse dans les bois) et en nous offrant un mélange tout personnel de Quentin Tarantino et de Russ Meyer, Dirty Sexy Valley transforme en éclats de rire ce qui nous obsède depuis la nuit des temps. Eros et Thanatos, en mode popcorn.

  • Un coup de cœur d’Annick Dor, de la Librairie de La Mazerine, à La Hulpe, en Belgique, pour Le burn-out parental : l'éviter et s'en sortir, un essai de Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, publié aux Éditions Odile Jacob

Vous voulez être un bon parent, bienveillant, attentif, chaleureux, disponible. En un mot, parfait ! En réalité, vous culpabilisez de ne pas passer assez de temps auprès de vos enfants, de ne pas les avoir assez écoutés, de vous être emporté pour trois fois rien… Ce livre s’adresse à tous les parents épuisés qui cherchent à comprendre ce qu’est le burn-out parental, à quel point ils en sont proches ou éloignés, comment ils en sont arrivés là. Et, surtout, comment s’en sortir et éviter que cela se produise à nouveau. Des éclairages et des témoignages issus de plusieurs études de terrain vont vous aider à mieux comprendre la manière dont le burn-out parental se développe et quelles sont ses conséquences. Des tests pratiques vous permettront de faire le point sur votre situation personnelle, et des conseils concrets vous aideront à reprendre le dessus.

  • Un coup de cœur de Claire Renaud, de la Librairie Atmosphère, à Genève, en Suisse, pour La petite fille dans le miroir, un roman de Marie Javet, publié aux Éditions Plaisir de lire

Lizzie Willow est une jeune fille issue d'une famille très riche. Elle se libère cependant du joug des convenances sociales durant un été afin de vivre une passion amoureuse, qui virera rapidement au drame. Vingt ans plus tard, June Lajoie, auteure américaine à succès, passe l'été dans un hôtel en évitant tout contact. Elle porte en elle un lourd secret.

  • Un coup de cœur de Jérémy Laniel, de la Librairie Carcajou, à Rosemère, au Canada, pour Forêt d’indices, un recueil de poésie de Véronique Cyr, publié aux Éditions Les Herbes rouges

La forêt d’indices est un territoire d’obsessions et d’éclaircies. Il suffit d’un parfum, d’une piste oubliée; on entre, on marche, on court. Les yeux fermés, on respire à l’arraché, les pétales de lilas voltigent avant de se déposer un à un sur la langue. Au son de chansons de Nirvana qui résonnent dans une cour d’école vide depuis longtemps, Véronique Cyr «recompose aveuglément / le mystère avalé à seize ans». Sans trahir l’urgence du premier amour, elle déplie indices et souvenirs avec le calme de celle qui a traversé la tempête.

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