• Yasmina Char nous parler de son dernier roman "Le palais des autres jours" publié auxEditions Gallimard .
Le palais des autres jours
Le palais des autres jours © Radio France / Yasmine Char

' Je cracherai dans ta bouche quand tu seras morte ': tel est le mot d'adieu écrit par Fadi à sa soeur jumelle, Lila, qui nous raconte leur histoire. Unis par une relation exclusive et passionnelle qui semblait impossible à détruire, ils ont quitté le Liban et ses ravages dès qu'ils ont eu 18 ans, comme ils se l'étaient promis. Ils arrivent dans le Paris des années quatre-vingt-dix, secoué par une vague d'attentats terroristes. Les jumeaux tentent dès lors de trouver leur place dans un monde qui les rejette. Peu à peu, Fadi part à la dérive tandis que Lila essaie d'être raisonnable pour deux. Mais la rencontre d'un "ai" libanais va les ramener vers la violence qu'ils avaient fuie. On retrouve ici l'héroïne de La main de Dieu, premier roman de Yasmine Char. L'auteur décrit avec force le sentiment de déracinement éprouvé par ces deux personnages à peine sortis de l'adolescence, plongés dans un Paris froid et humide, loin du soleil de Beyrouth. Elle sait aussi rendre les moments de bonheur, la mélancolie des liens qui se défont, le courage d'une jeune femme déterminée à ne pas se laisser dominer par la peur qui gagne l'ensemble de la société, et à faire valoir son droit au bonheur.

+Olivia Rosenthal nous présente "Ils ne sont our rien dans mes larmes" publiés aux Editions Verticales .

Ils ne sont pour rien dans mes larmes
Ils ne sont pour rien dans mes larmes © Radio France / Olivia Rosenthal

« Quel film a changé votre vie ? » C’est la question simple et vertigineuse que pose ce livre. Pour y répondre, quatorze voix singulières racontent comment le cinéma est entré par effraction dans leur existence. C’est un livre sur tous ceux qui fréquentent les salles obscures pour se rassurer, pour oublier, pour se divertir, pour comprendre, pour avoir peur. On y rencontre des acteurs, des couleurs et des sons, des histoires de famille, des exemples à suivre, des motifs de rupture, toute une intimité avec des images souvent anciennes qui, passées au crible de la mémoire, continuent à hanter nos esprits et nos corps. On y apprend que l’art n’est pas nécessairement coupé de la vie et on se dit que c’est une information à retenir.

Freud
Freud © Radio France / Corinne Maier et Anne Simon

Je suis aussi connu que Shakespeare ou Einstein. J'ai plus de trois millions de références sur Google... Mon nom est Sigmund Freud, et j'ai inventé la psychanalyse. Rien que ça ! Petit, déjà, je rêvais d'être explorateur, comme le général carthaginois Hannibal. C'est dans la Vienne du début du XXe siècle que je découvre un continent encore inexploré : l'esprit humain. J'ai la passion de guérir et je traque l'inconscient partout où il est. En toute modestie, je vous le dis : « Je cherche à libérer l'humanité ! »

:La chronique de nos libraires:

  • Marion Trépanier de la librairie "A lire" à Longueil , au Québec , nous parle de "Et au pire, on se mariera" , le dernier livre de Sophie Bienvenu , publié aux Editions La Mèche.

Avant de rencontrer Baz, Aïcha était tout le temps enragée. Elle traînait son enfance brisée en essayant d’éviter sa mère, les vieux puants et les seringues usées du parc. Maintenant qu’elle est amoureuse, elle voit les balançoires dans les parcs de Centre-Sud. Voilà pourquoi, pour Baz, Aïcha ferait tout, même le pire. Tout, c’est ce qu’elle doit raconter à cette femme qui la regarde comme une page de faits divers. Mais suivre le récit d’Aïcha, c’est entrer dans un labyrinthe pour s’y perdre autant qu’elle.

Une confrontation déchirante et drôle où l’émotion court. La langue à fleur de peau de Et au pire, on se mariera se trouve à la croisée du romanesque, du théâtre de rue et de la déposition.

  • Déborah Damblon de la librairie "La Licorne" à Bruxelles nous présente "La douceur de l'enfer - Tome 2" , le dernier album d'Olivier Grenson publié aux Editions Le Lombard.

Après le décès de sa grand-mère, Billy Summer, un jeune Américain en quête de sens, se trouve soudain confronté aux secrets de sa famille. Il décide d'en apprendre plus sur son grand-père, le courageux soldat tué pendant la guerre de Corée.

À l'occasion d'un voyage organisé par des vétérans, il va peu à peu découvrir la Corée du Sud. Il visitera notamment la tristement célèbre « zone démilitarisée » qui constitue la frontière entre les deux Corée.

C'est là qu'il apprendra la vérité sur cet aïeul qu'il admirait tant : le héros de la guerre est en fait un déserteur qui vit aujourd'hui en Corée du Nord, complice de fait d'un régime dictatorial absurde. La rencontre entre les deux hommes va bouleverser leur vie et faire peu à peu s'effriter leurs certitudes.

  • Florence Bourdin de la librairie "Mot de passe" à Neuchâtel , en Suisse , a choisi "Apocalypse Bébé" un livre de Virginie Despentes , publié aux Livre de Poche.

Valentine a disparu... Qui la cherche vraiment ? Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée… Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

  • Georges-Marc Habib de la librairie "L'Atelier" à Paris , nous parle de "La querelle des livres, petit essai sur le livre à l'âge numérique" , publié aux Editions Buchet-Chastel.

Entre les déclinologues version Champendal et Finkielkraut, pour qui le livre papier est voué à disparaître au profit de sa version numérique, et les optimistes du genre Darnton, selon qui une nouvelle technologie ne détrône pas la précédente, qui croire ? L’objet de ce petit essai est d’essayer d’aller plus loin que les pronostics et les prophéties qui enflamment les discussions de comptoir. Le but est de s’interroger sur les déterminants fondamentaux qui fragilisent ou au contraire consolident le désir de livre tel qu’il se manifeste depuis plus de cinq siècles. En quoi le livre-papier nous est-il indispensable ou, au contraire, pourquoi pourrions-nous nous dispenser de sa présence ? Le livre numérique le supplantera-t-il définitivement ?

Comme le disait Jérôme Lindon, « Le livre n’est pas un produit comme les autres ». Il se distingue par les affects et les fantasmes particuliers qu’il sécrète. Dans l’histoire du monde, surtout du monde économique, les éléments matériels ont toujours primé sur les éléments affectifs. Toute la question est de savoir si cela se vérifiera derechef à propos du livre et lequel, du coeur ou de la raison, l’emportera sur l’autre.

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