Olivier Poivre d'Arvor , pour "L'amour à trois" , publié aux Editions Grasset

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OPA © Radio France

C’est en Guyane, de Cayenne à Maripasoula – au pays des orpailleurs et des indiens Wayanas – que Léo entreprend de retrouver la trace de son ami d’adolescence, Frédéric.Il veut lui annoncer la mort du grand amour qu’ils ont partagé, Hélène, qui fut il y a trente ans leur professeur de philosophie et leur initiatrice érotique.A la surface de sa brumeuse mémoire ressurgit la géographie dangereuse, belle et imprécise du désir de trois jeunes gens dans les années soixante-dix.Que s’est-il vraiment passé entre eux trois à l’époque ?En remontant le cours du fleuve Maroni et celui du temps, Léo caresse la nostalgie de cet âge d’or, ce rêve perdu de la jeunesse baigné de refrains musicaux : fragile, blessé, amnésique, il s’obstine à retrouver la trace de l’homme qui pourra, peut-être, résoudre l’énigme de sa propre existence.

Philippe Geluck , pour "Le chat fait des petits" , publié aux Editions Casterman

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geluck © Radio France

rois albums, oui, vous avez bien entendu " trois ! " dans un séduisant coffret (mais où s'arrêtera-t-il?). Chaque volume est particulier: Les desseins du Chat, ce sont des dessins du Chat, des gravures détournées, des illustrations féroces sur notre société; le scrabble du dimanche est une sorte de journal intime dans lequel l'auteur, à travers 72 croquis à la mine de plomb, révèle comment Madame Geluck le supplie (ou l'oblige) de faire avec elle des parties de scrabble tous les dimanches; et enfin, Prêchi-Prêchat qui regroupe une série impressionnante et toujours renouvelée (mais où va-t-il les chercher?) de strips en 3 cases.

Sorour Kasmaï , pour"Un jour avant la fin du monde" , publié aux Editions Robert Laffont

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kasmai © Radio France

L'histoire se passe à Téhéran, le premier hiver après la révolution islamique. Mariam, une jeune fille de 16 ans, découvre la date de sa mort dans le livret de famille. Son père lui explique qu'elle était dans le ventre de sa mère lorsque celle-ci est morte du fait de l'effondrement du toit de leur maison, et qu'elle en a été extirpée quelques heures après. Elle apprend de surcroît l'existence d'une soeur homonyme, disparue dans les mêmes circonstances et dont elle serait la réincarnation. Mariam entreprend alors sa quête de vérité et d'identité par un changement de prénom. Or, cette simple démarche administrative est confrontée au refus du nouveau pouvoir politico-religieux qui voit en la jeune fille une miraculée et cherche à vérifier l'hypothèse de sa résurrection. Les autorités veulent à tout prix lui ravir son pouvoir supposé. Au fil des pages, le dossier de Mariam prend de plus en plus d'importance à leurs yeux. Elles s'efforcent de comprendre les mécanismes d'une telle résurrection afin de remédier aux lourdes pertes humaines sur les champs de bataille de la guerre Iran-Irak. La célèbre parole du Prophète qui en son temps avait proclamé qu'un jour avant la fin du monde quelqu'un de sa descendance ressusciterait les morts trouve une tournure toute pratique en ces circonstances et sert de référence idéologique au chef de la Commission de résurrection pour poursuivre Mariam.

Et le choix des libraires :

Grégoire Courtois , de La Librairie Obliques , à Auxerre, pour « Comment va la douleur ? » , un poche de Pascal Garnier , publié chez Zulma Poche

On ne saurait dire pourquoi l’univers de Pascal Garnier nous est si proche. Pourquoi il nous envoûte avec des histoires simples, des personnages ordinaires et un peu écornés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus.

Ainsi Bernard, jeune crétin solaire, qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C’est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, « éradicateur de nuisibles » en préretraite, comprendre : tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu sur un banc public à Vals-les-Bains, où l’on s’ennuie plus ou moins entre le casino et les apparitions épisodiques de Jean Ferrat. Le hasard fait bien les choses : Simon a de l’argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission…

Sophie Creuz , de La Librairie Graffiti , à Waterloo, en Belgique , pour Les équinoxes , un roman graphique de Cyril Pedrosa , publié aux Editions Dupuis

Cet album cherche à saisir le sentiment de solitude que chacun peut ressentir devant la complexité du monde. En quatre tableaux correspondant aux quatre saisons, autant de personnages en quête de leur destinée illustrent les méandres de cette émotion.

Florence Bourdin , de La Librairie Mot de passe, à Neuchâtel, en Suisse , pour « Un éléphant à New-York » , un livre jeunesse de Benoît Broyart avec des illustrations de Delphine Jacquot , publié aux Editions Seuil Jeunesse

John, un petit garçon rêveur et solitaire, trouve un éléphant dans la cour de son immeuble. Ensemble, ils arpentent les rues de New York.

Manon Trépanier , de La librairie Alire , à Longueuil, au Canada , pour « La peur de l’image d’hier à aujourd’hui » , un essai de Nicolas Mavrikakis , publié aux Editions Varia

Devrait-on s’inquiéter du culte que notre société contemporaine voue à l’image? De ces égoportraits qui pullulent sur les réseaux sociaux? Et si nous osions réfléchir au-delà des apparences, que découvririons-nous? L’artiste et critique d’art au Devoir rappelle à juste titre que la vanité de l’homme n’est pas chose nouvelle et que, aujourd’hui comme hier, l’image sous-entend parfois mille mots, sinon mille maux.

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