Perrine Leblanc pour son roman "Malabourg" , publié auxEditions Gallimard

perrine
perrine © Radio France

Trois jeunes femmes ont disparu à Malabourg. Les amours cachées, les conditions matérielles délicates et la rumeur s’imposent alors entre les gens comme des obstacles et des fantômes. L’hiver suivant, Alexis et Mina quittent le village. Lui, s’exile en France pour apprendre à composer des parfums. Elle s’installe à des centaines de kilomètres de la mer pour tout oublier. Ils se retrouveront quelques années plus tard à Montréal. Malabourg se déploie en Amérique, dans la partie nord du continent ; entre les Appalaches et la mer, à la lisière de la forêt boréale, sur les routes québécoises et les rives du fleuve Saint-Laurent, dans les rues de Montréal dont se sont emparés les étudiants en grève, sur l’Interstate 87 et à New York, l’étalon états-unien des grandes villes américaines.

Jean-Pierre Mocky pour son livre d'entretien avec Noël Simsolo , "La Longue marche" , publié aux Editions Ecriture

mocky
mocky © Radio France

Mocky ? Un tendre râleur, un provocateur, un anar fauché qui bâcle ses films et dont les coups de gueule ont aidé les médias à snober l’œuvre pourtant cohérente, digne de Simenon, de ce réalisateur au style vif : une soixantaine de films et autant de courts-métrages, bel exemple de la notion du cinéma d’auteur indépendant.

Jeune premier chez Antonioni, il signe Les Dragueurs en plein triomphe de la Nouvelle Vague. La farce noire éclaire les tares d’une France rancie, subvertit le cinéma commercial, invente le néopolar (Solo , 1970). Passant de la comédie contestataire au thriller social, avec quelques succès et nombre d’échecs, Mocky a pu compter sur la fidélité d’acteurs nommés Serrault, Noiret, Jeanne Moreau, Piccoli, Poiret, Lonsdale –, mais aussi l’estime de Godard et Resnais.

Sa vie ? Un roman aux rebondissements insolites qui ont nourri son imaginaire. Au fil de ces entretiens, il évoque son père juif tchétchène, sa mère catholique polonaise, son enfance à Nice, son mariage précoce avec la fille d’un colonel, l’enseignement de Jouvet, son activité de secrétaire de Stroheim et Jules Berry, ses stages auprès de Fellini et Visconti, sa découverte de Carné et Cocteau, ses rencontres avec Aymé, Renoir, ses projets avortés avec de Funès ou Tapie, son invisible film X, son admiration pour Godard et Tati, ou encore le succès d’À mort l’arbitre … En annexe figure un texte inédit de Mocky : « Secrets de fabrication d’un petit commerce de cinéma ».

Tatiana de Rosnay , pour "Son carnet rouge" , publié aux Editions Héloïse d'Ormesson

rosnay
rosnay © Radio France

L’infidélité est-elle indissociable du couple ? Le conjoint trompé est-il toujours victime ? Le fruit est-il plus savoureux lorsqu’il est défendu ? Tels sont les thèmes que Tatiana de Rosnay décline au fil de ces nouvelles drôles et décapantes. Jeune fille au pair ou meilleure amie, les profils sont divers et les tentations multiples pour un homme. Pourtant les femmes, qu’elles soient bafouées ou volages, ne sont pas en reste. Elles se surpassent même : rendre leur bague sans un mot, tromper en retour, dévaster le domicile conjugal et déchirer les cœurs… ou simplement pardonner par amour ou par dépit.À travers ces histoires brûlantes d’amours interdites et de duperies démasquées, l’auteur revisite l’adultère dans tous ses états. Vengeances machiavéliques, situations tantôt tragiques, tantôt cocasses, les chutes inattendues de ces récits sont toujours croustillantes et parfois glaçantes. Sur un ton léger et souvent sarcastique, Tatiana de Rosnay nous offre un ouvrage jouissif, où le rire se mêle à la compassion et la transgression au désir.

Et les chroniques des libraires :

Nathalie Romanens de la librairie "Des livres et moi", à Martigny, en Suisse, pour "Apprendre à ronronner" de Coline Pierré , publié aux Editions Ecoles des Loisirs / Collection Mouche :

Pourquoi les chats ronronnent-ils ? Pour communiquer avec les humains, pour dire qu’ils sont heureux, ou pour se réconforter quand ils ont de la peine. C’est exactement ce que désire Albin : communiquer autrement que par les mots avec sa nouvelle amie Léane, et la réconforter quand elle a du chagrin. Il lui faut donc apprendre à ronronner, et pour cela, d’après les spécialistes, l’important est de se comporter exactement comme un chat. Dormir en boule dans un panier, laper du lait, manger des croquettes, faire sa toilette avec sa langue, tel est le programme que s’est fixé Albin. Et miauler au lieu de parler, bien sûr. Même à l’école ? Même à l’école.

Annick Dor , à Bruxelles, pour"D'origine douteuse" , un roman de Rolland Westreich , publié aux Editions de l'Harmattan

Dans ce roman autobiographique, R. Westreich, né à Genève puis élevé à Anvers, évoque sa relation avec sa mère, une Juive polonaise, décédée en 2001 :

« Entre toi et moi, Maman, régnait un silence brûlant et pour pouvoir t'enterrer et te laisser reposer en paix, il faut que je l'écrive. Peut-on écrire le silence? Remplir le silence de mots ? Ou est-ce tout simplement ça, l'écriture, mon écriture ? Ne pas jurer d'écrire la vérité toute et rien que, mais tenter de mettre des mots à la place du silence, passer du silence aux mots, et que reste le silence mais que soient les mots ? »

Matthieu Colombe de la librairie "Goulard", à Aix-en-Provence, pour "La philosophie du cinéma d'horreur. Effroi, éthique et beauté" , un essai d'Olivia Chevalier-Chevalier-Chandeigne , publié aux Editions Ellipses :

« Comme autrefois la peinture, les récits, les contes, le cinéma d’horreur sert d’exutoire, permet de conjurer, de refouler, de sublimer et peut-être de comprendre » Une approche didactique passionnante de la philosophie à l’appui des grands succès du cinéma d’horreur : du Nosferatu de Murnau en passant par Scream et le célèbre Exorciste de Friedkin, l’auteur se concentre sur les interrogations suscitées par le malaise provoqué par le genre horrifique. Ainsi, de la réjouissance sado-masochiste adolescente au questionnement sur la radicalité du mal, cette présentation vivante et insolite tente d’explorer la richesse, aussi bien esthétique qu’éthique, que nous offre le cinéma d’horreur. De Job à Freud, nous constatons qu’il s’agit là d’un spectacle grave capable de toucher universellement.

Manon Trépanier de la librairie « Alire » à Longueuil, au Canada, pour « Crimes à la librairie », collectif sous la direction deRichard Migneault auxEditions Druide :

Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie.

Seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages : un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables…Étonnement garanti !

Lieu de culture, d’échanges et de découvertes, la librairie n’est-elle pas le point de rencontre privilégié entre le livre, l’auteur et le lecteur ? De son atmosphère feutrée émane une impression de calme, presque de recueillement. Un sentiment de paix tout à fait étranger à la violence. Ainsi, c’est tout un défi qui a été lancé aux seize auteurs des nouvelles de ce recueil : faire de la librairie, cet endroit généralement paisible, une véritable scène de crime. Ils ont donc, chacun à sa façon, dénaturé ce carrefour de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Plusieurs se sont même permis de délicieuses touches d’humour. Parions qu’après avoir lu ce recueil vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même œil...

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.