Aux frontières de la soif
Aux frontières de la soif © Radio France / Kettly Mars

Haïti, janvier 2011. Fito Belmar est architecte-urbaniste et écrivain. Après le succès de son premier livre, il vit aujourd’hui de ses rentes et mène une existence rythmée par les soirées bien arrosées avec ses amis... Mais il cache aussi un lourd secret : certaines nuits, il se faufile dans le camp de Canaan et approche de toutes jeunes filles que la misère vend au plus offrant. Gigantesque camp de réfugiés créé juste après le séisme de janvier 2010, Canaan est devenu depuis un immense bidonville regroupant quelque 80 000 personnes vivant dans la précarité, la violence et le dénuement.Lorsqu’il accueille Tatsumi, une journaliste japonaise avec laquelle il n’a communiqué que par messagerie électronique, Fito doit jouer l’hôte parfait. Il n’est pas insensible au charme gracile de la Japonaise et un rapprochement amoureux semble possible… Tatsumi saura-t-elle ramener Fito vers une existence plus lumineuse ?

La classe
La classe © Radio France / Marie Desplechin

Les textes qui forment ce livre font entendre la voix de gens dont on parle beaucoup mais qu’on entend peu : les adolescents d’un collège dit des quartiers. Ce qu’ils racontent interroge directement le monde dans lequel nous vivons et celui qui se dessine. « Il ne faut pas s’attendre à y trouver des vérités générales, psychologiques ou sociologiques, mais les impressions qu’on en retire nous font plus avertis. On reste touché, et parfois ébahi, par ce qu’il y a d’énergie et de désir, mais aussi de fracture et de fragilité, chez ces jeunes de 14 à 16 ans. Leurs histoires n’ont rien de spectaculaire, et c’est dans leur banalité que réside leur qualité », dit Marie Desplechin de ces « autoportraits à deux », écrits par les étudiants de Sciences Po Lille avec des élèves de troisième du collège Paul-Verlaine, à Lille. Dans une préface qui parle d’école, de jeunesse et d’écriture, elle raconte l’histoire de l’atelier qu’elle a piloté. Un témoignage sur l’adolescence, en équilibre sur le fil qui sépare le témoignage de l’entreprise littéraire. Née à Roubaix, Marie Desplechin a publié une quarantaine d’ouvrages pour enfants ou pour adultes. Elle a obtenu le prix Médicis essais en 2005 pour La Vie sauve, écrit avec Lydie Violet, et, en 2011, le prix de l’Héroïne Madame Figaro pour Danbé, écrit avec Aya Cissoko.

  • Simple Plan , pour "L'Histoire officielle" , de Kathleen Lavoie, publié aux Editions La Presse .
Simple Plan
Simple Plan © Radio France

Le populaire groupe de musique québécois Simple Plan s’allie aux Éditions La Presse pour offrir à leurs fans un livre célébrant les étapes de leur ascension spectaculaire jusqu’au sommet des palmarès internationaux. Heureux mélange de livre de photos, de scrapbook et de biographie, le livre Simple Plan présentera du matériel exclusif tel des centaines de photos prises partout dans le monde, des souvenirs et archives personnelles. La journaliste Kathleen Lavoie, qui suit la carrière du groupe depuis ses tous débuts il y a dix ans, signe les textes qui témoignent de la carrière florissante de ces cinq jeunes Québécois. L’auteure couvre les multiples facettes de leur vie allant de la scène aux studios d’enregistrement en passant par les tournées en autobus et en avion. Elle pose un regard sur leur vie personnelle et leur vie de groupe, permettant aux lecteurs une incursion dans leur monde. Un livre abondamment illustré qui saura plaire aux fans et amateurs de musique. L’histoire d’un parcours inspirant qui prouve, contrairement à la croyance populaire, que même les belles histoires méritent d’être racontées!

Et Les chroniques des libraires:

  • Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard", à Aix-en-Provence , pour la bande dessinée "Le Roi des mouches - Tome 3 - Sourire suivant" , sur un scénario de Michel Pirus et des dessins de Mezzo , publié aux Editions Glénat .

Éric Klein, alias le Roi des Mouches, est un jeune branleur qui règne sur un univers provincial où, sous la surface des apparences, tout débloque. Les mères font de faux sourires au brandy de leurs dents tâchées de rouge à lèvres, les adolescentes vendent leurs petites culottes sales, les dealers coupent leur came à l’engrais de jardin tout en s’occupant affectueusement de leur mamie… Et parmi cette théorie de personnages interlopes, un sac se passe, se perd, change de mains, avec son intrigant contenu : un revolver, une quille et du fric.

Enfin ! Quatre ans après la parution du deuxième volume, voici la fin de ce sublime roman graphique signé Mezzo et Pirus. Une création unique, dont la rigueur de mise en scène, la puissance des images et l’écriture littéraire sont à nul autre pareil dans le paysage de la bande dessinée contemporaine. Une œuvre culte, dérangeante et ambitieuse dont l’écho vous hantera, longtemps même après avoir refermé l’album.

  • Damien Malfait , de "La Librairie du Boulevard", à Genève, en Suisse , nous parle du roman "La fête sauvage" de Annie Mignard , illustré par Emmanuel Tête , publié aux Editions du Chemin de Fer .

Italie. Juin 1981. Non loin de Rome, un enfant de six ans, Alfredino, tombe dans un puits et reste bloqué à plus de vingt mètres de profondeur. Alfredino reste bloqué à plus de vingt mètres de profondeur, les sauveteurs vont tenter de le secourir pendant plus de trois jours. Trente ans après, peu d’Italiens ont oublié ce drame qui a profondément marqué l’inconscient collectif. C’est en effet le premier événement de cet ordre retransmis en direct (21 millions de téléspectateurs ont suivi, pendant 18 heures d’affilée, les tentatives de secours), qui fait entrer l’information dans l’ère du spectacle. La fête sauvage s’inspire librement de ce fait divers.

Dans une langue d’une beauté à couper le souffle, Annie Mignard nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Elle convoque plusieurs strates de mémoire collective (depuis la descente aux enfers jusqu’à la passion christique et ses images de mater dolorosa ) pour livrer une réflexion passionnante et non dénuée d’humour sur la montée en puissance des médias depuis les années quatre-vingt.

Emmanuel Tête nourrit ses dessins de références à l’art italien pour souligner avec ironie la férocité de cette fête sauvage et païenne.

  • Déborah Damblon ; de la librairie "La Licorne" à Bruxelles , nous présente "Tempo di Roma" , de Alexis Curvers , publié aux Editions Espace Nord .

« L’air de Rome était un vin trop capiteux pour que ma volonté résistât constamment aux illusions qu’il me dispensait. Tout me paraissait beau, facile et sans danger. »

Jimmy est livré à sir Craven, un mystérieux érudit. Dans la ville de Rome, fatale et providentielle, il profite de la divine sérénité du soleil et des pierres.

Fêtes et péripéties jalonnent l’aventure de Jimmy, livré à Sir Craven, mystérieux érudit, ainsi qu’à la ville, éternelle séductrice, fatale et providentielle.

  • Manon Trépanier , de la librairie "A lire" à Longueil, au Québec , nous parle de "Irène F. Whittome: Room 901" , un collectif publié aux Editions du Passage .

Au cours de l’été 1980, Irene F. Whittome finalise un important cycle de travail. Tout le matériel qui se trouvait dans l’atelier est accumulé dans un coin restreint, les murs de briques et les colonnes sont repeints en blanc. L’espace est préparé à la manière dont un peintre apprête sa toile avant de l’enduire de pigments. L’atelier de la rue Saint-Alexandre devient alors le support d’une intervention spécifique qui se transformera pendant près de deux ans : d’octobre 1980 à juillet 1982. Whittome peint une forme minimale sur le mur adjacent aux fenêtres voûtées, laquelle semble dans toutes les étapes de sa modification tendre vers le motif de la croix : un carré noir sur fond blanc, une bande blanche sur fond gris, un carré blanc sur fond gris, une croix tronquée sur fond blanc et, au final, une croix noire sur fond blanc. Au terme de ce travail, en octobre 1982, Whittome a produit plus de 1500 photos, une vidéo, des boîtes-maquettes et trois expositions.

Trente ans plus tard, Room 901 fait l’objet d’une réflexion approfondie et d’une réactivation.

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