Un livre choc de week-end: le récit de la comédienne Audrey Dana qui confie une enfance tourmentée entre la détresse et l'espoir. Nous serons avec la grande auteure franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata qui vous racontera l'histoire édifiante de Marina Tsvétaïéva. Et il sera questions du festival de la BD d'Angoulême...

Audrey Dana, pour son premier roman "Fa(m)ille", publié aux Éditions des Équateurs: « J’ai six ans, je chante, faux, je danse et joue tout le temps. Je  ressemble à un garçon. Papa me fait couper les cheveux très court, il me  trouve plus jolie. Moi, je déteste. Heureusement, j’ai de grands yeux  vert forêt bordés de longs cils noirs, des yeux de fille. Ça énerve la  maîtresse ; elle m’accuse même de les maquiller. Dans ma petite  existence, la seule chose qui ait réussi à me mettre à plat est ma  tentative de suicide à l’âge de deux ans. À part ça, RAS. » Adorée par  son père qu’elle rêve d’épouser mais ne voit jamais, « élevée » par sa  mère excentrique et ultra-laxiste, la narratrice mène une vie fantasque à  « Maryland », une immense baraque délabrée en plein cœur de la Beauce.  L’endroit se transforme rapidement en capharnaüm où elle grandit parmi  les marginaux des environs et les gamins perdus de la DDASS, recueillis  pour couvrir les frais d’entretien. Dans ce théâtre à ciel ouvert, la  petite fille puis l’adolescente se construit au gré des épreuves et des  rencontres hautes en couleur. Avec humour, Audrey Dana nous plonge au  sein d’une enfance vibrante et singulière. Un roman décapant aux allures  de saga qui explore nos vies de famille aussi pleines de brisures que  d’éclats de lumière.

Séquence spéciale autour du Festival International de la BD d’Angoulême avec Emile Bravo, André Juillard et Yann :

- Emile Bravo, pour "Spirou, l'espoir malgré tout", oublié aux Éditions Dupuis, en sélection officielle : Janvier 1940. Un hiver particulièrement rude s'est abattu sur Bruxelles.  Alors que tout le monde attend avec appréhension l'arrivée imminente de  la guerre, Fantasio s'est engagé dans l'armée belge. Dans la forteresse  d'Ében-Émael, il est impatient d'en découdre et ne doute pas une seconde  que les armées française et britannique  écraseront l'armée  allemande...  Quant à Spirou, il est toujours groom et continue de  vivre le plus normalement possible. Sa rencontre avec Felix, un peintre  juif allemand dont les nazis ont jugé l'oeuvre "dégénérée", et Felka,  sa femme, va lui faire découvrir la "question juive" et la complexité de  la situation internationale. Quand la guerre éclate, Fantasio  cherche à servir la patrie le plus héroïquement possible. Spirou, lui,  essaye de comprendre la complexité de la situation à travers des  rencontres avec des personnages profondément humains et tente de se  rendre utile en étant fidèle à ses valeurs.

- André Juillard et Yann, pour"Double 7", publié aux Éditions Dargaud : Hiver 1936. L'Espagne est en pleine  guerre : les Républicains s'opposent aux Nationalistes de Franco.  Désireux de soutenir le gouvernement espagnol, Staline fournit plusieurs  chasseurs de type « Mosca » aux Répubilicains. Roman Kapulov est l'un  des aviateurs envoyés par la Russie et remporte victoire sur victoire,  ce qui lui vaut le surnom d' « El rey de las Moscas ». Intervenant alors  que des religieuses se font brutaliser par des soldats espagnols, Roman  rencontre la belle Lulia Montago, jeune milicienne que sa réputation  précède. Il ne faut qu'un seul regard pour que Roman et Lulia tombent  éperdument amoureux. Mais cette Espagne n'est certes pas propice à  l'amour : entre trahisons et complots, intérêts stratégiques  soviétiques et nazis, on ne sait plus très bien sur qui on peut  réellement compter... Les sentiments de Roman et de Lulia seront-ils  assez forts pour pouvoir survivre à l'horreur de la guerre ?
 

Vénus Khoury-Ghata, pour son dernier roman "Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga", publié aux Éditions Mercure de France : Immense poète russe, fervente amoureuse menant de front plusieurs  liaisons à la fois : Rilke lui préfère Lou Andreas-Salomé, Pasternak en  épouse une autre mais la protège jusqu’à sa mort, au bout d’une corde  dans un grenier d’où elle avait vue sur le champ qu’elle grattait à  mains nues à la recherche des pommes de terre oubliées des paysans. Une  vie débordante d’épreuves : la misère pendant la guerre civile, sa fille  de trois ans morte de faim dans un orphelinat, son mari qui se bat  contre le régime soviétique... Rejetée par les poètes officiels, puis  par la riche diaspora russe en France, elle retourne dans son pays pour  mettre fin à sa vie d’errance. Enterrée sous une motte de terre anonyme  dans le cimetière d’Elabouga, Marina Tsvétaïéva, martyre de l’époque  stalinienne.

Un coup de cœur d'une jeune auditrice : 

Un coup de cœur de Diouldé Sy, élève en 3e P, au Collège Guy Moquet, à Gennevilliers pour « Aya de Yopugon », une bande-dessinée sur un scénario de Marguerite Abouet et des dessins de Clément Oubrerie, publiée aux Éditions Gallimard Bandes dessinées : Aya est une jeune fille de 19 ans et l'héroïne de la saga, qui vit à Yopougon, quartier chaud d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, à la découverte de la vie de jeunes gens en 1978. Fin des années soixante-dix, à Yopougon, quartier populaire d'Abidjan rebaptisé Yop City « pour faire comme dans film américain », vivent Aya et ses deux amies, Adjoua et Bintou. Elles ont dix-neuf ans, mais si Aya souhaite devenir médecin, les deux autres sont plus versées dans les soirées au maquis et la chasse au mari. Autour de ce trio gravitent des personnages aux destins divers. (Il y a à ce jour 6 tomes. Le premier a reçu le Prix du premier album au Festival d'Angoulême en 2006).

Les coups de cœurs et les coups de gueules des libraires : 

Un coup de cœur de Matthieu Colombe, de La Librairie Goulard,  à Aix-en-Provence, pour « Psychologie de la connerie », un essai collectif sous la direction de Jean-François Marmion, publié chez Sciences Humaine Éditions : Un monde sans connards est possible ! En fait, non. Désolés. Mais ça n’empêche pas d’y réfléchir. La connerie, chacun la connaît : nous la supportons tous au quotidien. C’est un fardeau. Et pourtant les psychologues, spécia¬listes du comportement humain, n’ont jamais essayé de la définir. Mieux la comprendre pour mieux la combattre, tel est l’objectif de ce livre, même si nous sommes vaincus d’avance. Des psys de tous les pays, mais aussi des philosophes, sociologues et écrivains, nous livrent ici leur vision de la connerie humaine. C’est une première mondiale. Et peut-être une dernière, profitez-en ! (Avec notamment les contributions de : Jean-Claude Carrière, Boris Cyrulnik, Antonio Damasio, Howard Gardner, Alison Gopnik, Daniel Kahneman, Edgar Morin, Tobie Nathan, Emmanuelle Piquet).

Un coup de cœur de Déborah Danblon,  de La Librairie La Licorne, à Bruxelles, pour« Soren disparu », un roman de Véronique Biefnot et Francis Dannemark, publié aux Éditions Castor Astral : Une nuit, traversant un pont, Soren disparait. Accident, fuite, suicide ? Pour percer le mystère, une centaine de témoins racontent Soren tel qu’ils le connaissaient. Homme multiple, tour à tour producteur, musicien, organisateur de festivals, il n’avait guère cessé, depuis la n des années 1970, d’arpenter avec passion le monde de la musique. Mais que sait-on vraiment de ses proches ? Le portrait kaléidoscopique qui nait de ces multiples évocations nous entraine dans le vertige de cette question : qui sommes-nous sous le regard d’autrui ? C’est une enquête troublante que ce nouveau roman, un patchwork de témoignages qui tente de saisir l’insaisissable. Un récit impressionniste et foisonnant, tantôt mélancolique ou caustique, tantôt tendre et joyeux.

Un coup de gueule de Dominique Bressoud, de La Librairie Une petite prose, à Boudry, en Suisse : Dominique pousse un coup de gueule contre le matraquage promotionnel qui entoure certain livre dans le but de créer chez les lecteurs le besoin de lire ces ouvrages, alors que bien souvent ils ne sont pas les meilleurs ouvrages du moment.

Un coup de gueule de Josianne Létourneau, de La Librairie du Square, au Quartier Outremont, à Montréal :  Josianne pousse un coup de gueule contre l’idée reçu que les libraires, une fois les fêtes de fin d’année passées, ont le temps pour se « poser » un peu et lire tous les livres qu’ils souhaitent. Dans les faits, c’est très loin d’être le cas !

La programmation musicale:

  • Blick Bassy - Woni - No Format
  • Sonny Troupé - Amsamm - Live depuis le PAPJAZZ  (Festival International de Jazz de Port-au-Prince) - Radio France
  • Beyries - Si j'étais un homme - Bonsound / Sony Music
  • Guliano - Aca waruma - Oceania Records (Bonus créole)
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