Idir nous présente son nouvel album, Jean-François Haas son recueil de nouvelles, Régine Detambel et Vincent Monadé nous parlent des hommes et des femmes face à la lecture

Idir au Festival de Mawazine, à Rabat en 2011
Idir au Festival de Mawazine, à Rabat en 2011 © AFP / ABDELHAK SENNA

En quelques nouvelles, poétiques et douloureuses, un tableau impitoyable d'une humanité abandonnée, rejetée dans les périphéries de la Suisse moderne ou d’autres sociétés. Un étudiant fils de migrants passe un examen. Il sent la petitesse vulgaire de son examinateur, avant d'aller fêter sa réussite avec des amis lorsque le drame se profile. Une femme veut voir la mer et tout son passé resurgit. Un professeur rencontre un adolescent perdu qui a été son élève. Un jeune homosexuel s’installe dans un chalet isolé pour travailler en attendant son ami. Il parle avec un voisin et découvre l'hostilité d'un environnement qu'il croyait accueillant. Un garçon un peu simple et persécuté prend conscience de la rareté des relations sincères et généreuses. Le monde que décrit Jean-François Haas est menacé par les forces du mal. L'écrivain offre des réponses généreuses à ces tragédies cachées ou visibles, minuscules ou désastreuses que l'on veut parfois enfouir dans un oubli facile qui prend la forme de drogues, de stéréotypes, de préjugés sexistes ou xénophobes.

On connaît les campagnes de sensibilisation à l'école pour faire lire les enfants, on ne parle jamais du fait qu'une bonne partie de la pouplation a déserté la lecture : les hommes ! Mais qu'est-il arrivé au cerveau masculin ? Vincent Monadé, président du CNL, ancien libraire et lecteur passionné lui-même, prend la plume dans ce petit livre pour tenter d'endiguer ce fléau, et rallier notamment les femmes à la cause : faire lire les hommes !

Par le rythme et la musicalité de leurs phrases, l’ordre de leur syntaxe, le toucher sensuel de leur papier, les livres nous soignent et nous apaisent. Au fil de l’enveloppant mouvement de l’écriture et de la lecture se dispense en effet un sens toujours renouvelé capable de nous arracher à nous-mêmes et à nos souffrances. Dans la détresse physique ou psychique, dans le handicap ou la grande vieillesse, le livre ranime. Face à la double menace de la passivité et de la perte d’autonomie, la lecture a le pouvoir de relancer le désir en nous – ce qui est l’objectif de toute bibliothérapie digne de ce nom. Tandis que fleurissent les salons de “développement personnel” et les preambel, kinésithérapeute de formation et écrmières thèses de médecine sur le pouvoir des livres, Régine Detivain, montre que la littérature en tant que “remède” doit se défier tout autant du pouvoir médical que des lieux communs du bien-être de masse.

Onze chansons qui œuvrent aussi, pour lui et pour nous-mêmes, comme un remarquable travail de mémoire. Idir, légende de la chanson kabyle, se plie à l’exercice du duo pour nous faire écouter un autre sens qu’il donne à ce partage pourtant si commun dans la musique. Le plus difficile n’est pas d’être invité à chanter avec autrui mais de se sentir admis comme un frère. Et non plus comme un étranger que l’on accueille avec bienveillance.

Le choix des libraires

  • Un coup de gueule de Matthieu Colombe, de la Librairie Goulard à Aix-en-Provence sur la rentrée littéraire qui s’annonce une nouvelle fois très (trop !) dense

Comme à chaque rentrée littéraire les librairies vont être submergées par les trop nombreuses parutions qui ne vont pas permettre aux libraires de tout lire et de fait de ne pas pouvoir faire leur travail de sélection et des conseils. Sans compter que les espaces ne permettent pas de pouvoir tout mettre en avant.

  • Un coup de cœur de Laura Sanchez, de la librairie du Boulevard, à Genève, en Suisse, pour "Les oies de l'Ile Rousseau ", un roman de Xochitl Borel, publié aux Éditions de l’Aire

« La femme qui lui ouvrit aurait pu être belle sous une autre lumière. Ailleurs, dans un autre décor que ce cadre de porte d’où s’échappait le bruit d’une radio ; ailleurs, loin des néons qui soulignaient ses cernes comme deux lunes noires. Il pensa à la lumière, mais aussi à cette peur d’être vue et qui fait qu’on renonce à sortir, mais ce n’est pas qu’à cela qu’on dit adieu ; c’est à la caresse du soleil, c’est au vent et aux chants des oiseaux, même si parasités par le ronronnement des moteurs de voitures ; tout au bout, c’est la liberté qui s’en va, quand on a peur du dehors. - Majda Mahfouz ? »

Après un premier roman déjà très remarqué, gratifié de deux prix littéraires, Xochitl Borel brasse plus large et profond, entre détresse et tendresse, dans le magma d’une réalité pesante que son regard et son verbe allègent sans l’édulcorer. De « L’alphabet des anges » à son deuxième ouvrage: « Les oies de l’Île Rousseau », une vraie romancière impose son univers poétique avec autant de porosité sensible que de vigueur réaliste.

  • Un coup de gueule de Jérémy Laniel, de la Librairie Carcajou, à Rosemère, au Canada, sur le vedettariat et les livres

L'édition répondant au diktat économique, les librairies croulent sous les dernières parutions de vedettes, chanteurs, comédiens ou animateur, qui livrent leurs souvenirs d'enfance, leurs anecdotes de tournée, des conseils de savoir-vivre et ou des livres de recettes signés de leur « blanche main ».

  • Un coup de gueule de Déborah Danblon, de la Librairie La Licorne, à Bruxelles, sur la fête des mères et les propositions sexistes des maisons d’éditions.

Pour la Fête des mères les diffuseurs proposent aux libraires de mettre en avant des livres à « l’eau de rose », des romances, des livres de cuisine, de bien-être… Toute une série de clichés que le libraire se doit de combattre.

Programmation musicale

  • Idir & Charles Aznavour - La Bohème - Sony

  • Idir & Tanina - Lettre à ma fille - Live au studio 621

  • Adieu Gary Cooper - Il commence à faire noir - Cheptel Records

  • Jérémy sans Famille - Allé Marcé - reprise en créole de la chanson de Renaud Laisse béton - Notre supplément créole
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