• Extrait de l'entretien avec Jérôme Ferrari pour "Sermon sur la chute de Rome" publié aux Editions Actes Sud - Prix Goncourt 2012.
Sermon sur la chute de eRome
Sermon sur la chute de eRome © Radio France / Jérome Ferrari

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre. Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles.

  • Geneviève Damas pour "Si tu passes la rivière" publié aux Editions Luce Wilquin - Prix des 5 Continents de la Francophonie 2012.
Si tu passes la rivière
Si tu passes la rivière © Radio France / Geneviève Damas

François Sorrente est un jeune homme de dix-sept ans, le dernier d’une famille de cinq enfants. Élevé par sa sœur aînée, Maryse, à laquelle il voue un attachement sans borne, il vit dans la ferme familiale avec son père et deux de ses frères, Jules et Arthur. Il passe le plus clair de son temps à garder les cochons auxquels il parle et se confie. François ne ressemble pas au reste de sa famille, cela lui pose question. Il se demande aussi pourquoi son père, Jacques Sorrente, lui a fait jurer de ne jamais franchir la rivière, pourquoi il n’a jamais connu sa mère, pourquoi sa sœur est partie de l’autre côté ; que s’est-il passé à la maison de l’autre côté de la rivière ? Pour répondre à toutes ces questions, il se lie d’amitié avec le curé du village, Roger, et Amélie, afin que ceux-ci lui apprennent, en cachette, les lettres de l’alphabet. Ainsi, il pourra repartir de la personne par laquelle tout a commencé : sa mère.

  • Bernard Plossu pour "Monet intime. Photographies de Bernard Plossu" publié aux Editions Filigranes.
Monet intime
Monet intime © Radio France / Plossu

Dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste de 2010 et de l’exposition "Dans un jardin", une commande spécifique avait été passée au photographe français Bernard Plossu sur le jardin de Giverny.Bernard Plossu a photographié la maison et les jardins de Monet à Giverny Ce livre présente un ensemble inédit de soixante photographies prises à l’occasion de deux visites du photographe à Giverny (hiver 2010 et printemps 2011) à des heures et des saisons différentes.Toutes ses prises de vue révèlent la maison de Claude Monet d’une façon radicalement nouvelle et singulière. On retrouve le tremblé des images prises en marchant, le sentiment de vide, la poésie des silences, l’utilisation du grain ou du gris photographique, les fortes ambiances atmosphériques, les effets de miroir, devenus des constantes dans la manière photographique de Bernard Plossu. Le photographe se joue de l’absence : la toile de jouy recouvrant le mobilier dans le cabinet de toilette ou le salon-atelier en hiver, les silhouettes fugitives de touristes rue Claude Monet au printemps.

Et la chronique des libraires:

  • Nathalie Romanens de la librairie "Des livres et moi" à Martigny, en Suisse , pour "La fille du samouraï" , de Fred Bernard avec des illustrations de François Roca , publié aux Editions Albin-Michel.

A la fin du XIXe siècle au Japon. Tomé raconte l'histoire de sa vie : la perte de son père marin, son apprentissage chez un samouraï et son amour pour la fille de son maître, sans oublier les combats sur l'île invisible contre les guerriers-démons.

«Enfance bruxelloise. L'école où, catatonique d'ennui, je regardais par la fenêtre la pluie tomber. Week-ends à Ostende avec l'ombre d'Ensor tout proche. Ma grand-mère était folle. Hystérique façon Charcot. Mon Tonton, lui, donnait plutôt dans le légèrement psychopathique. Et mon père était prêt à partir n'importe où : Argentine, Amérique... N'importe où, du moment que c'était loin... Foutons le camp, qu'il disait... Tout ce petit monde n'allait pas très bien. Notre médecin de famille était psychiatre, c'est dire... Alors moi, à force, je suis d'abord devenu névrosé, et ensuite, bien plus tard, analyste... Et entre-temps, à l'adolescence fraîche et joyeuse comme la guerre du même nom, j'ai tenté de rejoindre les Tupamaros en Uuguay. J'ai fini sous une tente, dans la montagne, du côté de Briançon... Enfin, pour faire injure au temps qui passe, et vaincre mes obsessionnelles inhibitions, après mon analyse et grâce à elle, je me suis forcé à écrire. À écrire malgré tout. Un roman? Un roman oui, si l'on veut... Mais un roman dont seule la psychanalyse serait alors l'héroïne et la profonde trame.» Patrick Declerck.

__

Voici le premier livre en France sur un phénomène stupéfiant et peu connu, devenu quasi consubstantiel de l’économie capitaliste, l’obsolescence programmée. Un processus qui, pour stimuler la consommation et nous en rendre addict, fut conçu et mise en œuvre au milieu du XIXème siècle aux Etats-Unis. Des 3 formes principales de l’obsolescence programmée -le recours aux techniques pour rendre un produit très vite suranné à la publicité qui nous convainc d’acquérir des produits dont nous n’avons nul besoin-, le plus symptomatique et le plus pervers est le fait d’introduire dans les objets une pièce défectueuse pour en limiter la durée de vie. Ainsi des ampoules (qui avaient été conçues pour une durée d’utilisation quasi illimitée), des automobiles, des appareils ménagers et aujourd’hui des ordinateurs ou des imprimantes. La plupart des biens que nous achetons sont sciemment viciés de telle sorte que nous soyons contraints, pour faire marcher la machine économique, de les renouveler. C’est cette histoire, face noire de l’économie capitaliste que nous raconte Serge Latouche, remontant au XIXème siècle et illustrant son propos de nombreux exemples plus éloquents les uns que les autres.

  • Manon Trépanier de la librairie "A lire" à Longueil, au Québec , pour "Humain aigre-doux" de Suzanne Myre , publié aux Editions Marchand de Feuilles.

On n’ose jamais le dire, mais, les querelles féminines sont des guerres perfides et assassines. Suzanne Myre nous montre comment nos petites irritations quotidiennes comme le chignon pièce montée de notre collègue de bureau peut devenir la source de tous nos malheurs. Humains aigres-doux est un petit traité sur l'intolérance et la superficialité, deux fléaux de notre société.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.