Remington
Remington © Radio France / Mamadou Mahmoud N'Dongo

"Mon dimanche a commencé comme le début d'un film de Jim Jarmusch par un long plan-séquence où le héros devant son verre de pur malt est assis au comptoir, près de lui, une Rita Hayworth éméchée mime une danse lascive devant un juke-box à la prise débranchée, tandis que le barman lit 2666 de Roberto Bolaño, il est minuit passé de cinq minutes, rue Myrha, je regarde mon reflet dans le miroir au-dessus du comptoir, je venais d'avoir quarante et un ans.' Miguel Juan Manuel vit à Paris, il est critique rock pour le magazine Remington, où il tient une chronique dans laquelle il fait entendre sa musique. Un brin narcissique, un rien insouciant, Miguel Juan Manuel carbure au sexe, à l'alcool et au rock'n'roll... Mais, le soir de son anniversaire, il fait son examen de conscience lors de la fête que lui organisent ses amis et ses fantômes. En courts chapitres, comme autant de récits de vie, de récits de soi, Mamadou Mahmoud N'Dongo relate les ambivalences, les incertitudes, les doutes d'une génération.

  • Jean-Marc Parisis nous présente son dernier roman "La recherche de la couleur" , publié aux Editions Stock .
La recherche de la couleur
La recherche de la couleur © Radio France / Jean-Marc Parisis

« C’est chez Dayen que j’avais ressenti les premiers signes d’une déprise, d’un départ — j’ignorais alors qu’il serait précédé de beaucoup d’autres. Un accablement, une aversion soudaine pour le décor, le décor humain j’entends, car il y avait un piano. Qu’est-ce que mon corps — autrement dit ce qu’il me restait de ma vie — faisait là ? »

Qui est François Novel ? Un homme qui vit d’écrire, un homme libre, qui entend bien le rester. Un événement dramatique va amplifier son sentiment d’exil, sa distance face au « décor humain ». Et quel décor ! Un faux ami, une chanteuse toxique, des figurants grotesques ou malfaisants. Tout un théâtre de cruautés et de vanités transcendé par l’irruption de personnages bouleversants. Car pour qui cherche la couleur dans un monde transparent, l’aventure se rencontre au coin de la rue.

Voyage intérieur et tableau d’une époque, La recherche de la couleur fait éclater tous les cadres.

+ Henry Bauchau : Voici le dernier grand entretien de l'écrivain, qui était venu dans le studio de La Librairie francophone à l'occasion de la sortie de son livre Déluge chez Actes Sud, fin 2010.

Henry Bauchau avait reçu le 34e Prix du Livre Inter en 2008 pour "Boulevard périphérique".__

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Et les choix des libraires:

  • Nathalie Romanens , de la librairie "Des livres et moi", à Martigny, en Suisse , nous présente "Habiter la terre" , un livre de Roland Théron , publié aux Editions La Martinière .

Depuis plus de 4 ans, Roland Theron parcourt le monde pour l’émission de Canal Plus, « Les nouveaux explorateurs ». Il y propose des reportages authentiques sur ces hommes et ces femmes du monde qui vivent dans des habitats atypiques. Habiter la terre retrace les plus belles de ces rencontres et invite à la découverte d’une variété architecturale insoupçonnée. Pour chaque pays les problématiques naturelles et économiques qui déterminent les enjeux de l’habitat sont exposés et une dizaine d’interviews rendent compte de la réalité de ces logements et des modes de vie qui leurs sont liés. De la maison de bouddha dans les grottes de Magao en Chine aux maison flottantes des Bugis en Indonésie ou encore des bulles suspendues de Vancouver aux « maisons chance » de Tokyo, cet ouvrage offre un magnifique tour du monde des habitats, riche de témoignages.

  • Annick Dor , à Bruxelles, nous parle de l'album "Un bois" de Gwendal Le Bec , publié aux Editions Albin Michel .

Dans le bois en éveil, de l’aube au crépuscule, chaque animal a son heure. La lumière changeante pénètre doucement les feuillages du bois, inonde ses clairières et révèle un à un les secrets de ses habitants : le mulot, la belette, les écureuils, la biche. Tous sont saisis sur le vif de leurs trajets, de leurs occupations quotidiennes. Au fil des pages, l’auteur égraine les heures, décrivant ces moments ordinaires d’une phrase brève et poétique. La succession de ces instantanés crée le mouvement général, évoquant un univers de bruits, d’odeurs et de sensations qui plongent le lecteur au cœur de la vie du bois.

  • Grégoire Courtois de la librairie "Oblique", à Auxerre , nous présente "les jardins statuaires" de Jacques Abeille , publié aux Editions Folio .

« En vérité je ne sais d'où ces statues tiennent cet air de présenter chacune à sa manière une déchirure profonde, et secrète, mais comment n'en serait-on pas touché?» À une époque indéterminée, un voyageur parcourt un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues... Inlassablement, les jardiniers plantent, soignent et transplantent les pierres. S'ils acceptent de guider l'explorateur dans leur étrange contrée, lui disent-ils tout des règles de leur société? À la fois récit d'aventure, conte initiatique et rêve éveillé, Les jardins statuaires fascine par son ampleur et sa puissance évocatrice. Tapuscrit égaré, malchances et incendies ont concouru pendant trente ans à l'occultation de ce roman sans équivalent dans les lettres françaises.

  • Manon Trépanier , de la librairie "A lire", à Longueuil, au Québec , nous parle de "Chambres Noires" de Nicolas Charette , un roman publié aux Editions Boréal .

Photographe de son métier, Victor préfère considérer le monde à travers l’objectif d’un de ses Leica. Il arrive parfois que la soif le force à sortir de chez lui. Dans la rue, il trouve d’autres êtres qui semblent partager cette soif qui le taraude, mais il ne reconnaît plus le visage que lui renvoient les vitrines des magasins. Et, de plus en plus, il est fasciné par ce fusil que lui a donné un de ses amis et dont il rêve de tronquer le canon. Dans ce premier roman, Nicolas Charette traduit dans une langue d’une prenante sobriété l’envers du réel, l’horreur qui se cache derrière les décors les plus familiers. Qu’il soit provoqué par l’alcool ou la drogue, ou simplement par les faux-semblants du monde qui nous entoure, le malaise qu’il décrit nous saisit à la gorge pour ne plus nous quitter.

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