Aujourd'hui, La Librairie Francophone est à Namur pour la deuxième édition deL'Intime festival

Avec:

Benoit Poelvoorde , président et initiateur du festival pour un regard sur la littérature et la rentrée littéraire. Il nous présentera par ailleurs l'un des ses coups de coeur, invité sur L'Intime Festival . Bruce Machart , auteur des romans « Le sillage de l’oubli » parut en 2012 et « Des hommes en devenir » parut en 2014, tous les deux aux éditions Gallmeister sera "son" invité en dernière partie d'émission.

Annie Ernaux pour "Regarde les lumières Mon Amour" , publié aux Editions du Seuil. Avec Dominique Blanc qui donnera une lecture de ce texte sur le festival.

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ernaux © Radio France / Le Seuil

Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l’hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. « Voir pour écrire, c’est voir autrement », écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d’observations, l’hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire.

Grégoire Delacourt pour "Charlotte" , publié aux Editions Gallimard

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Delacourt © Radio France

« Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l’appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu’on fait, l’envie de changer le monde.Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser.Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant.Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies.Combien valurent les nôtres ? »À force d’estimer, d’indemniser la vie des autres, un assureur va s’intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité.Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s’affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l’adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

Les critiques des libraires...

Manon Trépanier , de la librairie "Alire" , à Longueuil, au Québec , pour "Regarde-moi" , un poche de Natasha Beaulieu , publié aux Editions Alire .

Quatre personnages que tout sépare, deux hommes et deux femmes qui ont des conceptions différentes – déviantes ? – de l'amour. Or, contre toute attente, leurs existences s'entrelacent de façon inextricable, et pendant que chacun cherche un sens à la vie, c'est la mort qui s'apprête à frapper !

Laura Sanchez , de "La Librairie du Boulevard" , à Genève, en Suisse , pour "L'Art Brut dans le monde" , sous la dirtection de Lucienne Peiry , une co-édition Infolio / Collection de l'Art Brut .

Catalogue présentant des œuvres d'art brut découvertes dans différents endroits du monde : Bali, Brésil, Bénin, Inde, Arctique, Sicile et Allemagne. Elles montrent une disponibilité particulière, une sorte d'état exploratoire où la raison se relâche, grâce à laquelle les artistes se détachent de la réalité. Avec un DVD qui propose des témoignages sous forme de six films documentaires.Catalogue de l’exposition qui se tient à Lausanne à la Collection de l'art brut jusqu’au 26 octobre 2014.

Grégoire Courtois de la librairie "Obliques" , à Auxerre , pour "Lire, s'évader, résister: essai sur la culture de masse sous le IIIe Reich", un essai de Vincent Platini , publié aux Editions La Découverte .

Contrairement à ce que l'on a coutume de croire, on s'est beaucoup amusé sous la dictature nazie ; et plus le pays s'est enfoncé dans la folie et les massacres, plus les loisirs se sont multipliés, recouvrant de leur « clameur » les râles des victimes. Le Reich était en effet une société de consommation comme les autres, rêvant des mêmes plaisirs... Est-ce si étonnant, à défaut d'être innocent ? Les loisirs aidaient à supporter l'oppression, tout en permettant d'imposer des normes fascistes sous des dehors « divertissants ». Faut-il pour autant considérer la culture de masse comme une propagande douce ? Justement, non, et là est tout l'enjeu de ce livre : si la « haute » culture a bel et bien été mise au pas, le divertissement populaire, précisément parce qu'il n'était pas considéré comme digne d'intérêt, a joui d'une certaine liberté. Il a donc existé, au sein même du IIIe Reich, des romans, journaux, des jeux et des films qui recelaient une critique féroce, mais « codée », du régime et qui furent diffusés en masse.Ce livre offre ainsi une lecture totalement inédite du régime nazi en prenant en compte sa dimension infra-politique. Il montre comment les romans policiers, la science-fiction, l'humour ou le sport, mais aussi les films d'aventures ou la culture automobile ont pu être le creuset d'une dissidence voilée, d'une micro-résistance du quotidien qui témoigne d'un autre visage de l'Allemagne sous la dictature hitlérienne.

Déborah Damblon , de la librairie "La Licorne" , à Bruxelles , pour "Ma famille zombie - tome 1" , une bande dessinée d'Eléonore Zuber , publié aux Editions Cambourakis .Après l’énorme succès de la série des Lorsque…, Éléonore Zuber revient avec de nouvelles histoires inspirées – librement ! – de son enfance : Riri la Panique est la cadette de cette famille zombie composée d’un papa américain surnommé Daï qui ne se sépare jamais de son attaché-case, d’une maman amatrice de pieds de porc panés et reine de la débrouille, d’une sœur qui préfère les Barbies au Scrabble et d’une autre qui passe ses journées à mâchouiller les manches de son tricot en laine rouge. Sans oublier Popop, le chien serpillère, Flagada, le cochon d’Inde détenteur du record du monde de longévité, ni bien sûr la fameuse Citröen BX « à suspensions hydropneumatiques », fierté de Daï et théâtre de nombreuses péripéties et de pénibles trajets comme toutes les familles en ont connu. Un premier volume à la fois tendre et caustique, habillé aux couleurs des années quatre-vingt

Et les choix de la rentrée littéraire...

Pour Manon Trépanier : « La Ballade d’Ali Baba » de Catherine Mavrikakis , publié aux Editions Héliotrope (Canada) /Editions Sabine Wespieser (France).Hommage au père disparu, ce roman est le portrait éclaté d'un homme attachant, Vassili Papadopoulos, séducteur et souvent absent pour sa femme et ses filles. L'aînée, Irina, le croise par hasard dans une condition misérable dans les rues de Montréal des années après le divorce de ses parents. Il lui raconte alors ce que fut sa vie.

PourLaura Sanchez : « L’infini livre » de Noëlle Revaz , publié aux Editions Zoé .Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur.

Pour Grégoire Courtois : « Orphelins de Dieu » de Marc Biancarelli , publié aux Editions Actes Sud .Résolue à venger son frère, à qui quatre répugnantes crapules ont tranché la langue sans oublier de le défigurer, Vénérande, jeune paysanne au cœur aride, s’adjoint les services de L’Infernu, tueur à gages réputé pour sa sauvagerie, et s’embarque avec lui dans une traque sanguinaire à travers les montagnes corses du xixe siècle.Au gré de leur chevauchée vers la tanière des Santa Lucia – la fratrie à abattre –, L’Infernu raconte à sa “disciple” son engagement, jadis, dans l’armée des insoumis, meute de mercenaires sans foi ni loi prompte à confondre patriotisme, geste guerrière et brigandage éhonté, semant terreur et chaos de vallées escarpées en villages désolés, de tavernes et bordels immondes en marécages infestés. L’abandon avec lequel L’Infernu se livre à Vénérande, au terme d’une existence passée à chercher en vain son humanité au-delà du chaos des armes, confère au sanglant baroud d’honneur de ce vaincu de l’Histoire les vertus d’une ultime et poignante transmission, qui culmine lors de l’assaut final.Insolemment archaïque et parfaitement actuelle, cette épopée héroïque en forme de “western” réinvente superbement l’innocence des grands récits fondateurs à l’état natif, quand le commerce des hommes et des dieux, des héros et des monstres, pouvait encore faire le lit des mythes sans que nulle glose n’en vienne affadir les pouvoirs.

Pour Déborah Damblon : « Dans les yeux des autres » de Geneviève Brisac , publié aux Editions de l’Olivier .Le destin de deux soeurs qui, après les manifestations parisiennes des années 1970, ont fini au Mexique pour y rejoindre la lutte armée. Molly Jacob, qui ne pardonne pas à sa soeur Anna de s'être approprié leur histoire pour en faire un roman, la recueille quand elle se trouve dans le dénuement. Anna retrouve alors ses écrits d'autrefois et les figures de ses compagnons de combat resurgissent.

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