François Bégaudeau et Clément Oubrerie pour "Mâle Occidental contemporain" publié aux Editions Delcourt .

Mâle occidental contemporain
Mâle occidental contemporain © Radio France / Denise Désautels

Thomas drague et se prend des râteaux à la pelle. Il n'a pas réalisé que le féminisme avait fait son oeuvre. Les filles sont devenues exigeantes et directes. Sa technique d'approche, dans la rue, au cinéma ou en faisant des pseudosondages, est très ringarde. Mais, il apprendra à apprivoiser la gente féminine avec délicatesse tout en se retrouvant parfois dans des situations assez épineuses.

Saber Mansouri pour "Je suis né huit fois" aux Editions du Seuil.

Je suis né huit fois
Je suis né huit fois © Radio France / Saber Mansouri

Le souffle d’une vie naît d’une rencontre entre un enfant devenu jeune adulte, Massyre, et un lieu, la Montagne Blanche, particulièrement apprécié par tous les conqué­rants venus visiter la Tunisie, y compris les frères pro­tecteurs armés français. Le lieu est unique. Massyre est multiple. Il y a d’abord ses sept soeurs et leur destin qui le regardent en silence, lui, le garçon, le huitième. Et puis, il y a ses huit métiers : suiveur de chèvres jusqu’à l’abattoir, chercheur d’Helix aperta , l’escargot souterrain, vendeur de fruits sauvages, d’eau à la criée, de boissons gazeuses, négociant en journaux au kilo et fripier. Tout en commer­çant, Massyre va à l’école puis à l’université, fait une ren­contre déterminante avec la problématique et l’Histoire, et devient professeur au lycée de sa région natale. Mais, sauf à partir ailleurs, au-delà de la Montagne Blanche, peut-on enseigner le passé dans le lieu de son commerce et de sa propre histoire ?

Et une déambulation avec Denise Désautels dans le Parc Lafontaine de Montréal pour son recueil de poèmes "Sans toi je n'aurais pas regardé si haut" , publié aux Editions du Noroit.

Sans toi je n'aurai pas regardé si haut
Sans toi je n'aurai pas regardé si haut © Radio France / Denise Désautels

« Lettreà mon fils aurait pu être un autre sous-titre. Le parc Lafontaine , en un seul mot comme autrefois. C’est ce que j’avais spontané­ment répondu à Paul, ami poète et éditeur, qui m’invitait – il y a déjà dix ans – à participer à la collection « Lieu dit » qu’il venait de créer aux Éditions du Noroît. Pourquoi ? Parce que j’y ai passé presque toute ma vie, de la petite enfance à aujourd’hui, et qu’il occupe depuis près de 40 ans beaucoup de place et de pages dans mon travail de création – qu’il est donc déjà lié à l’acte d’écrire. En fait, il se retrouve, conjugué à plusieurs temps – époques et saisons diverses – dans plusieurs de mes livres, et tout particulièrement dans La promeneuse et l’oiseau (1980), Tombeau de Lou (2000), Pendant la mort (2002) et La marathonienne (2004). Comme lieu de refuge ou de liberté, de plaisir ou d’effroi, de promenade ou d’enlisement, de réflexion ou de fuite. Mais surtout – surtout – parce que tout récemment j’ai pris conscience qu’il était beaucoup plus qu’un lieu à côté duquel j’avais vécu. Qu’il était en fait ma maison, la maison d’enfance ou de famille que je n’ai jamais eue. S’y empilent – comme dans un grenier ou une cave – des tas de souvenirs, des plus intimes aux plus historiques. C’est dans ce cœur francophone de Montréal, en pleine « grande noirceur », entre le monument à L.-H. La Fontaine, les ours noirs de l’ancien zoo et la statue à Dollard, que j’ai entendu pour la première fois le mot « orpheline » ; là que, depuis, la mort n’a jamais cessé de rôder ; là pourtant que l’art et les livres existent. Or, c’est parce que la mort y a été très présente – comme dans mes livres –, et que mon fils m’en a fait un jour la remarque, que j’ai eu envie de m’adresser à lui dans ce texte, sorte d’autofiction qui comporte deux parties : une première d’une trentaine de fragments disons… archéologiques où s’entremêlent le privé et le collectif, et une seconde où, après Joe Brainard, Georges Perec et quelques autres, je reprends la forme des Je me souviens. »

Et les chroniques des libraires:

Matthieu Colombe , de la librairie "Goulard" , à Aix-en-Provence pour "Double jeu" , un livre jeunesse de Jean-Philippe Blondel , publié chez Actes Sud Junior.

Renvoyé de son lycée, Quentin est placé dans un lycée bourgeois du centre-ville. D'origine beaucoup plus modeste que ses nouveaux camarades de classe et loin de ses amis d'enfance, le garçon se sent étranger, exclu. Dans sa classe de première L, la majorité des élèves suit les cours de théâtre de Mme Fernandez, la professeur de français. Rapidement fasciné par cette femme charismatique, Quentin va se laisser convaincre et intégrer le cours d'art dramatique pour incarner Tom, le héros de La Ménagerie de verre, la pièce de Tennessee Williams. Quentin accepte progressivement de baisser la garde, de remettre en cause ses propres préjugés et se familiarise peu à peu avec les codes de ce nouveau milieu... Il se rapproche de ses partenaires de jeu, d'Heathcliff, jeune dandy solitaire, et de Julie, dont le charme ne le laisse pas longtemps indifférent. Mais, de plus en plus absent pour ses proches, Quentin se sent tiraillé entre deux mondes. Ce malaise latent fait écho à la pièce de Tennessee Williams et, entre la vie et les répétitions du spectacle, l'acteur et son personnage, les frontières tendent à s'abolir. Finalement, un seul choix s'impose à Quentin : celui de faire du théâtre sa vie.

Déborah Damblon , de la librairie "La Licorne" , à Bruxelles, pour "Noire Jonction" , un polar de Kate Millie , publié chez 180° Editions.

A Bruxelles, des poupées sanguinolentes sont retrouvées dans plusieurs gares.

Les faits ont lieu alors que l’on commémore l’anniversaire de la jonction Nord-Midi, saignée ferroviaire traversant le cœur de la capitale.

A cette occasion, le Collectif Art/Jonction mène une réflexion sur la ville à travers des actions littéraires et artistiques. L’animation de bars à textes a été confiée à Gunnar Berg, un écrivain en résidence. Marie, la pétillante guide de L’assassin aime l’Art Déco, organise des visites sur le trajet de la jonction. Rien n’ébranle le Collectif. Jusqu’à ce que des participantes aux bars à textes soient assassinées…

De la gare du Midi à la gare du Nord, des Marolles à la rue d’Aerschot, de l’hôtel Méridien au bar du Métropole, Kate Milie invite ses lecteurs à une exploration urbaine mais aussi à un voyage dans le temps. Si la jonction a été inaugurée en 1952, ses premiers plans remontent à 1840 et elle reste entourée de bien de mystères.

Laura Sanchez , de "La librairie du Boulevard", à Genève, pour "Irène, Nestor et la Vérité" , un roman de Catherine Ysmal , publié chez Quidam Editeur.

Reclus à la campagne, un couple se défait peu à peu. Alors que Nestor s'interroge sans fin sur son sort, Irène se mure dans le silence. Pierrot leur ami est impuissant face au drame qui se noue. En une langue magistrale et sans artifices, Irène, Nestor et la Vérité dit un amour qui finit mal.

Manon Trépanier , de la librairie "Alire" , à Longueuil, au Québec, pour "Femmes de parole" , un beau livre publié aux Editions Rogers

L'idée? Réunir pour la première fois les femmes les plus influentes du Québec - des politiciennes, des stars, des artistes, des grandes patronnes, des femmes engagées et passionnées - et les faire parler. Du moment qui a tout changé pour elles. De la femme qui les a le plus influencées. De ce qu'elles ont appris tout au long de leurs fructueux parcours. Et de ce qu'il reste à faire...

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