Nathalie Azoulai , pour "Titus n'aimait pas Bérénice" , publié aux Editions P.O.L

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azoulai © Radio France

Titus n’aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu’il l’aimait.

Titus n’aimait pas Bérénice alors que tout le monde a toujours pensé qu’il n’avait pas le choix et qu’il la quittait contre sa propre volonté.

Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s’aiment au ier siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café.

Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu’il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire histoire comme ça Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d’une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c’est qu’il ne l’aime pas comme elle l’aime. Mais c’est très long et très compliqué d’en arriver à une conclusion aussi simple.

Blaise Hofmann , pour "Capucine" , publié auxEditions Zoé

capucine
capucine © Radio France

Elle était l’un des modèles parisiens incontournables des années cinquante, puis l’actrice de Federico Fellini, Georges Cukor, Blake Edward, Joseph Mankiewicz. Elle a joué avec John Wayne, Woody Allen, Jane Fonda, Romy Schneider, Claudia Cardinale, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon...

Qui se souvient encore de Capucine ?

Blaise Hofmann part sur ses traces. À Saumur, sous les bombes de la Deuxième Guerre. À Paris, sur les podiums de haute couture et dans les caves à jazz de Saint- Germain-des-Prés. À Los Angeles, dans les fabriques de stars hollywoodiennes. Enfin, à Lausanne, où Capucine passe ses trente dernières années, avant de se donner la mort, le 17 mars 1990.

Ce roman biographique est un conte de fée tragique, cruel et actuel. C’est aussi le récit d’une enquête, un travail de mémoire.

Rencontre entre le comédien Benoit Poelvoorde et Daniel Goossens , auteur de "Combats" , publié aux Editions Fluide Glacial

Vous vous interrogiez : pourquoi les femmes nues ne se vendent plus ? Comme Dieu au bistrot, vous vous demandez où est passé le corps de l'extraterrestre de Roswell ? Est-ce que lire est dangereux pour la santé ? Qui étaient Louis Tenailles et Georges Tournevis ? Qui a poussé Napoléon dans l'eau au Pont d'Arcole ? Peut-on poignarder quelqu'un avec un champignon ? Les baobabs pourraient-ils jouer les méchants dans les films de Stallone ? Toutes questions que vous ne vous posiez pas (à tort !) et qui trouvent enfin leur réponse dans le dernier opus hilarant de Daniel Goossens ! Explorant tous les thèmes, décalant à plaisir toutes les réponses, l'auteur culte de L'Encyclopédie des bébés, de La vie d Einstein et de Passions revisite dans ce nouvel opus notre univers en lutte... contre la morosité !

Et le choix des libraires :

Laura Sanchez , de La Librairie du Boulevard , à Genève, en Suisse , pour « Quand le diable sortit de la salle de bain » , un roman de__ Sophie Divry , publié aux Editions Noir sur blanc

Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.

Après la mélancolie de La Condition pavillonnaire , Sophie Divry revient avec un roman improvisé, interruptif, rigolo, digressif, foutraque, intelligent, émouvant, qui, sur fond de gravité, en dit long sur notre époque.

Jérémy Laniel , de La Librairie Carcajou , à Rosemère, au Canada , pour« Vallée des cicatrices » , un recueil de poésie de Patrice Desbiens , publié aux__ Editions l’Oie de Cravan

La poésie de Patrice Desbiens n’est jamais ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Bien sûr, l’amour y occupe toujours une grande place et on y retrouve les mêmes déchirures, le même humour face à l’absurde mais, avec le temps, l’horreur s’est faite plus dure; les mots plus simples. On s’approche parfois du haïkus : de mots qui sont comme de courtes cicatrices bien droites, bien définies et refermées mais qui laissent deviner toutes les douleurs.

Matthieu Colombe , de La Librairie Goulard , à Aix-en-Provence, pour « Muhammad Ali » , une bande-dessinée de Sybille Titeux , avec des dessins d’Amazing Améziane , publié aux Editions Le Lombard

Cassius Clay est un gamin qui s'élance dans la boxe presque par hasard suite au vol de son vélo. Son talent pour ce sport se révèlera aux grands jours lorsqu'il décroche la médaille d'Or aux JO. Devenu alors professionnel puis champion du monde des poids lourds, Clay, devenu Muhammad Ali, n'entendait pas encaisser sans rendre les coups. Militant de la cause noire, contemporain de Martin Luther King et proche de Malcolm X, Ali est devenu une véritable icône du XXème siècle.

Sophie Creuz , de La Librairie Graffiti, à Waterloo, en Belgique , pour « Les Irremplaçables » , un essai de Cynthia Fleury , publié aux__ Editions Gallimard

Nous ne sommes pas remplaçables. L’État de droit n’est rien sans l’irremplaçabilité des individus. L’individu, si décrié, s’est souvent vu défini comme le responsable de l’atomisation de la chose publique, comme le contempteur des valeurs et des principes de l’État de droit. Pourtant, la démocratie n’est rien sans le maintien des sujets libres, rien sans l’engagement des individus, sans leur détermination à protéger sa durabilité. Ce n’est pas la normalisation – ni les individus piégés par elle – qui protège la démocratie. La protéger, en avoir déjà le désir et l’exigence, suppose que la notion d’individuation – et non d’individualisme – soit réinvestie par les individus. «Avoir le souci de l’État de droit , comme l’on a le souci de soi », est un enjeu tout aussi philosophique que politique. Dans un monde social où la passion pour le pouvoir prévaut comme s’il était l’autre nom du Réel, le défi d’une consolidation démocratique nous invite à dépasser la religion continuée qu’il demeure.

Nathalie Azoulai , pour "Tituts n'aimait pas Bérénice" , publié aux Editions P.O.L

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