Il existe une grande diversité d’œillets ! Les œillets de Chine, les œillets de poètes, originaires d’Europe et d’Asie, les œillets d’Inde qui, contrairement à ce que leur nom semble indiquer sont originaires du continent américain, et bien sûr les œillets de fleuriste.

Gros plan du Dianthus rouge
Gros plan du Dianthus rouge © Getty / Evgeniya Matveeva / EyeEm

Le succès des œillets à la cour de Versailles 

Sous Louis XVI, ces fleurs sont cultivées pour leur beauté bien sûr mais aussi pour leur senteur  ce qui n’est pas un luxe dans un lieu qui manque alors cruellement d’hygiène. La présence des œillets donne des idées à Jean-Louis Fargeon  : cet homme exerce le beau métier de parfumeur-gantier et ses œillets préférés sont ceux qui  fleurissent rouge. 

Le matin à la fraîche, il va en cueillir dans les jardins de Trianon puis les étale délicatement  sur sa table de travail et pose délicatement dessus les gants qu’il vient de coudre. Pour faciliter au mieux la pénétration dans le tissu des senteurs délicates, les gants sont  imprégnés d’huile d’amandes et de cire vierge. 

Le succès est immédiatement et sa cliente, la reine Marie-Antoinette en personne, ne portera  pratiquement  que des gants signés Jean-Louis Fargeon. 

Il se dit parfois qu’offrir des œillets porterait malheur !

Cette superstition est née à la fin du XIXe siècle  quand les comédiennes sont recrutées à l’année dans les théâtres. 

Un directeur un peu timide n’ose pas avouer à une actrice qu’il  ne reconduira pas  son contrat  et lui envoie comme la tradition le voulait, non pas un bouquet de roses mais un bouquet d’œillets. En le recevant, l’actrice  comprend ce qui lui arrive. 

Il  se dit alors que notre homme aurait reçu pour réponse les fleurs en  plein visage et depuis,  il n’est pas de bon ton d’en offrir et aisé de comprendre pourquoi : dans leur langage, offrir des œillets signifie : vous avez une rivale. 

Pourquoi nous parler des œillets ce 25 avril ?

Jusqu’en 1974, le Portugal est une dictature et il n’est pas conseillé de contester le pouvoir  en place. Des officiers de l’armée et une partie de la population  décident de réagir pour mettre en  place une vraie démocratie. 

Le signal de la révolte sera la diffusion à la radio de « Grândola, ville brune », une chanson  révolutionnaire qui  parle de liberté. 

Les insurgés ont choisi le marché aux fleurs de Lisbonne comme point de ralliement. Nous sommes le 25 avril et les fleurs les plus nombreuses sont les œillets. Les insurgés mettent  la fleur dans le canon de leur fusil. 

C’est la révolution des œillets et la liberté retrouvée. 

Le conseil de lecture   

Protéger les petits animaux du jardin d’Helga Hofmann, paru aux éditions Marabout.

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