Olivier Le Carrer avait treize ans en 1968. Il a suivi avec passion la première course du Golden Globe. Ce qui demandait déjà des qualités de ténacité parce qu’à l’époque on ne voyait pas les vidéos des solitaires s’afficher sur nos écrans d’ordinateur...

Robin Knox-Johnston premier vainquer du Golden Globe Challenge le 22 avril 1969
Robin Knox-Johnston premier vainquer du Golden Globe Challenge le 22 avril 1969 © Getty / Evening Standard

► Rediffusion du 02/06/2017

Entre l’été 1968 – l’occupation de Prague- et le printemps 1969 – le  départ du général de Gaulle, bien des évènements attiraient l’attention. En outre, les amateurs de nautisme, moins nombreux qu’aujourd’hui, étaient aussi moins informés et, en France du moins, ils fixaient par priorité leur attention sur Eric Tabarly. Mais Francis Chichester avait suscité également l’admiration après être rentré d’un tour du monde en solitaire de 226 jours. Quelques admirateurs du geste décidèrent de faire mieux encore, en supprimant l’escale qu’il s’était permise à Sydney. Le Sunday Times imagina de les rassembler sous son égide. Ce serait le premier Golden Globe.

L’évènement que crée l’hebdomadaire n’en est pas vraiment un. Il n’y a ni engagement ni règlement vraiment formalisés. Chacun des neuf fous navigants qui amène sa drôle de machine sur la ligne de départ peut  élire le port de son choix, du moment qu’il est situé au-delà de 40° de  latitude Nord ; il peut choisir pareillement la date à laquelle il  s’élance, du moment qu’elle se tienne entre le 1er juin 68 et le 31 octobre. Seulement toléré par les autorités maritimes, le Golden Globe apparaît alors à certains comme une tentative de meurtre avec préméditation. D’autant que tel ou tel des concurrents – il faudrait dire plutôt : des partenaires d’expédition – sont de vrais débutants. On en a vu un qui s’était extrait du port avec une apparente dignité mais une réelle difficulté sortir ensuite des photos de sa cambuse pour voir comment il fallait disposer les voiles dans les circonstances un peu compliquées.

Notre témoin, Olivier Le Carrer est maintenant un navigateur autrement mieux formé. A l’époque, il Et sans refaire certes la  totalité des parcours par les trois caps, Bonne Espérance, Leeuwin et Horn, il a pris plaisir à flâner dans les pubs des ports de départ. Et à retrouver les positions des uns et des autres qu’il avait eu tant de mal, adolescent, à identifier sur son planisphère.

Bibliographie

  • 69 année héroïque écrit par Olivier Le Carrer (Paulsen - Guérin)
  • Le vent - Souffle de la Terre écrit par Olivier Le Carrer (Aubanel)
  • Atlas des lieux maudits écrit par Olivier Le Carrer (Arthaud)
  • Trouver le Nord et autres secrets d'orientation des voyageurs d'autrefois écrit par Olivier Le Carrer (Delachaux et Niestlé)
  • Vagabond des mers du Sud écrit par Bernard Moitessier (J'ai Lu)
  • La longue route - Seul entre mers et ciels écrit par Bernard Moitessier (J'ai Lu)
  • Tamata et l'Alliance écrit par Bernard Moitessier (Arthaud)

Filmographie

Deep Water réalisé par Louise Osmond, Jerry Rothwell (Pathé)

Bernard Moitessier, itinéraire d'un marin de légende (Equator Editions)  

Programmation musicale

"Cucurrucucu paloma" par Caetano Veloso (2000)

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