Siège de Sarajevo
Siège de Sarajevo © Gary Knight / Gary Knight

Pour sa participation au déclenchement et au siège de Sarajevo, 44 mois durant, Karadzic a été déclaré coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Et pour sa responsabilité dans le massacre de la population musulmane de Srebrenica, de génocide. D’autres chefs d’accusation encore et le verdict est tombé : quarante ans de détention.

Karadzic tirait les conséquences du projet de Milosevic que le Tribunal Pénal international pour l’ex Yougoslavie n’a pas eu le temps de condamner car il est mort avant la fin de son procès. Dans la Yougoslavie fédérale qui commençait à se défaire à la fin des années 1980, c’est lui qui avait voulu profiter des circonstances pour constituer une Serbie plus grande que l’ancienne république fédérée qu’il présidait. Une Grande Serbie. Au risque de devoir modifier les frontières intérieures du pays et de devoir déplacer de force des musulmans et des croates qui vivaient dans les mêmes villages, les mêmes maisons, les mêmes immeubles.

Un autre leader grand serbe, Seselj, remis en liberté en 2013, était jugé hier par le TPIY. A la surprise du procureur, les juges, aux deux tiers, l’ont acquitté. Lui déclarait qu’au nom de la Serbie éternelle, il fallait « achever les croates même avec une cuiller rouillée ». Mais à entendre le TPIY, les combattants tchetniks qui suivaient ses incantations n’étaient pas sous sa responsabilité directe et la Grande Serbie était plus un projet politique qu’une entreprise criminelle.

Le TPUIY a eu à connaître de plus de 110 cas. Pour que l’on comprenne la cohérence finale de ses décisions, reste à clore le jugement du général Mladic qui commandait les forces serbes qui pilonnaient Sarajevo. Avec l’entrain que l’on sait. L’entrain de l’urbicide.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.