Jusqu’ici, Robespierre avait défendu au nom des Droits de l’homme toutes les libertés. Il s’était ainsi prononcé pour l’abolition de la peine de mort. Mais quand il s’agit du roi, il n’hésite pas : « Louis doit mourir ».

Portrait de Maximilien de Robespierre
Portrait de Maximilien de Robespierre © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

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Rediffusion du 18/10/2018

Jusqu’ici, Robespierre avait défendu au nom des Droits de l’homme toutes les libertés. Il s’était ainsi prononcé pour l’abolition de la peine de mort. Mais quand il s’agit du roi, il n’hésite pas : « Louis doit mourir ».

Et aussi la révélation d’un Robespierre nouvelle manière. Cela fait trois ans maintenant que l’ancien petit notable d’Arras a opéré sa conversion à la Révolution. Chaque fois qu’il montait à la tribune de  l’Assemblée Constituante ou du Club des Jacobins, l’auditeur avait  l’impression qu’un livre s’ouvrait devant lui : celui de l’autorité morale.

Jusqu’ici, Robespierre avait défendu au nom des Droits de l’homme toutes les libertés. Il s’était ainsi prononcé pour l’abolition de la peine de mort. Mais quand il s’agit du roi, il n’hésite pas : « Louis doit mourir ». Que le souverain ait été renversé par une insurrection, parisienne de surcroît, ne le gêne pas. Les clubs et les sans culottes  ne peuvent-ils pas à eux seuls incarner le peuple ? De même qu’à la Convention qui siège depuis la chute du roi, un parti minoritaire la  Montagne peut aspirer à tous les pouvoirs. L’important, c’est qu’on  puisse continuer à dire que le peuple est « un »... Les partis qui se prétendent révolutionnaires en France ont gardé ce langage –  jusqu’aujourd’hui.

Robespierre, en juillet 1793, il deviendra le membre sans doute le plus influent du Comité de Salut public. On peut savoir gré à celui-ci d’avoir sauvé le pays de l’invasion étrangère. Mais c’est tout de même une étrange dictature qui ne se reconnaît pas comme telle. Robespierre,  en effet, la défend au nom des mêmes principes de liberté qu’il professait au temps où il était opposant. Aussi ouvre-t-elle un gouffre d’interprétations qui ne s’est jamais refermé. Comment les droits de l’homme peuvent-ils servir de justification à des actes iniques et à un régime d’exception ? Et qu’est-ce donc qu’un gouvernement régulier quoi s’appuierait sur eux ?

Le parcours de Robespierre, homme-énigme, se termine le 9 thermidor sur cet immense point d’interrogation.

Bibliographie

  • Robespierre. L'homme qui nous divise le plus écrit par Marcel Gauchet (Gallimard)
  • La Révolution des droits de l'homme écrit par Marcel Gauchet (Editions Gallimard)
  • La Révolution des pouvoirs. La souveraineté, le peuple et la représentation 1789-1799 écrit par Marcel Gauchet (Editions Gallimard)
  • Robespierre écrit par Hervé Leuwers (Fayard)
  • Robespierre. La fabrication d'un monstre écrit par Jean-Clément Martin (Perrin)

Filmographie

  • Un peuple et son roi réalisé par Pierre Schoeller (Studio Canal)
  • Danton réalisé par Andrzej Wajda (Gaumont)

Programmation musicale

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