A la fin de sa longue vie, Jacques Rossi avait pu retourner à Moscou, devant la prison de la Loubianka où il avait été détenu en 1937. La Grande Purge stalinienne de cette année-là l’avait enfermé pour 24 ans en URSS, deux ans en cellule, sept en relégation et le reste dans des camps du Goulag.

Les prisonniers du goulag envoyés pour faire des travaux sur la rivière izhma en 1929.
Les prisonniers du goulag envoyés pour faire des travaux sur la rivière izhma en 1929. © Getty / SVF2

C’est une chance d’avoir rencontré ce vieux monsieur souriant, disponible, à la belle élocution précise. A la fin de sa longue vie, il avait pu retourner à Moscou, devant la prison de la Loubianka où il avait été détenu en 1937. La Grande Purge stalinienne de cette année-là l’avait enfermé pour 24 ans en URSS : deux ans en cellule, sept en relégation et le reste dans des camps du GOULAG. Avant le départ du pays, enfin, en 1961.

L’anniversaire de 1917 fait que l’archipel du GOULAG revient un peu au jour. Vingt millions de détenus, estiment Nicolas Werth et Luba Jurgenson dans la somme qu’ils viennent de publier chez Bouquins. La destination des camps soviétiques n’était pas la mort comme dans le nazisme mais la vie n’y avait nulle valeur. Quatre millions de morts, échelonnées sur une durée beaucoup plus longue que celle du nazisme. Jacques Rossi disait : « Le nazisme était à l’épicentre de l’Europe, l’URSS à la périphérie, les Occidentaux ont toujours eu tendance à y jeter un regard teinté d’indifférence coloniale. » Une preuve parmi tant d’autres : le livre très singulier qu’il imagina pendant sa détention et mit au point après sa libération eut beaucoup de difficulté à paraître dans notre pays. Ce fut fait, enfin, en 1997. Un autre anniversaire. Son titre : le Manuel du GOULAG. Une encyclopédie technique, des centaines d’articles écrits froidement, sans émotion sur le plus vaste ensemble de travail forcé du XXème siècle.

L'Association des Amis de Jacques Rossi

Programmation musicale : "De nouveau la prison" de Dina Vierny

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